La différence invisible, une critique de la sociabilité tyrannique en BD

La semaine dernière, je suis allée faire une pause-goûter au café Joyeux, situé passage de Choiseul, à deux pas de l’opéra Garnier et de la station de métro Quatre Septembre.

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J’avais déjà eu l’occasion de vous parler de ce café qui a du sens dans un précédent billet de blog. J’ai eu envie d’y retourner car ils ont agrandi leurs murs et c’est encore plus agréable de passer un moment de qualité à l’étage du café. Surtout quand il y a de la lecture !

La petite bibliothèque du café réunit des livres qui sensibilisent le grand public sur le handicap, l’altruisme possible dans la société, l’autisme, la trisomie 21, la différence tout simplement aussi !.

Tout en buvant un excellent thé, j’ai ainsi lu dans ses grandes lignes, La vie en bleu de Martin Steffens, éditions Marabout, un bel essai de philosophie sur la foi en général et surtout ce roman graphique génial :

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La différence invisible

Julie Dachez et Mademoiselle Caroline

collection Mirages, Delcourt

2016

23€95

J’ai lu ses 196 pages d’une traite car je connaissais un peu l’avis de blogueuses littéraires comme My pretty books qui en avaient fait une critique dithyrambique tout à fait justifiée.

Le résumé :

La couverture est vraiment bien conçue, elle résume très bien le propos du livre. Ce roman graphique autobiographique raconte l’histoire d’une jeune femme Marguerite qui a 27 ans, un copain et des rituels bizarres.

Cela la rassure d’emprunter toujours le même chemin entre son domicile et son travail, elle préfère manger seule à son bureau le midi parce que les discussions amicales avec ses collègues l’effrayent ou que son manque de filtre social lui joue des tours…

Le ciel va heureusement s’éclaircir pour Marguerite quand on va enfin lui fournir une explication sur son état psychologique et qu’elle pourra compter sur le soutien de sa communauté d’amis autistes Asperger comme elle…

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Mon avis :

C’est l’une des plus belles BD autobiographiques que j’ai eu l’occasion de lire récemment, dans la même veine que celle écrite par le papa d’une petite fille trisomique Ce n’est pas toi que j’attendais par Fabien Toulmé, publié aussi par Delcourt dans la même collection : Mirages.

ce n'est pas toi que j'attendais

Cette collection s’inspire de personnages réels, avis aux amateurs comme moi de récits autobiographiques forts en BD.

J’admire ce rôle de porte-voix de la BD dans la société actuelle pour sensibiliser le grand public à des problématiques qui nous échappent et qui peut ainsi nous aider à faire preuve d’empathie, de compréhension la prochaine fois… Ce sont aussi les blogs comme les BD qui se font les relais des grandes campagnes de santé publique et c’est génial !

Espérons que ce roman graphique fera évoluer les mentalités dans le monde de l’entreprise, notamment dans le domaine des ressources humaines…

La question de la sociabilité un peu forcée en entreprise m’a vraiment interpellée à travers cette histoire. Comme ses collègues se plaignent dans son dos, Marguerite est convoquée par son patron qui lui reproche son manque de sociabilité alors qu’elle effectue son travail avec sérieux et rigueur.

Visiblement, le savoir-faire ne suffit pas, il faut aussi valoriser le savoir-être en traînant à la machine à café ou en participant aux pots de départ des collègues. Ce n’est pas tout à fait faux mais cela peut s’avérer un vrai calvaire pour les personnes autistes qui n’ont pas les mêmes codes sociaux que les autres et à qui on ne fera pas de cadeaux.

Ma note :

5/5 sardines

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Ce roman graphique m’a vraiment emballée sur le plan du dessin : le trait de Mademoiselle Caroline est très subtil et agréable. Elle a eu la grande intelligence de choisir une palette graphique très parlante : les gris, les blancs et le rouge pour exprimer l’absurdité de certaines situations dans lesquelles se retrouvait Marguerite.

Les bulles de textes étaient elles-même de police rouge selon l’intensité de la violence des mots ou des réactions. C’est un roman graphique que l’on ne peut pas lire avec indifférence.

On saluera le talent introspectif de la co-autrice Julie Dachez qui a adapté son histoire en bulles, une démarche pas forcément évidente. La dessinatrice et l’auteur reconnaissent volontiers qu’elles ont eu des moments d’incompréhension mutuels entre elles pour exprimer une situation, un sentiment du livre mais qu’une intermédiaire, professionnelle de l’autisme les a aidées dans cette entreprise éditoriale.

Enfin, j’ai beaucoup apprécié le court livret documentaire illustré qui explique plus en détails ce qu’est l’autisme, une ressource qui peut s’avérer bien utile pour les familles qui viennent d’être confrontées à cette situation parmi leurs proches.

différenceinvisiblebddelcourt

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