Un vendredi soir devant la cérémonie des Césars 2019

cesars-678x315

C’est ma meilleure soirée de télévision chaque année : la remise des prix des Césars à la salle Pleyel sur Canal+. Je me régale toujours à regarder les belles robes haute couture des actrices, écouter les interviews des nominés tout en mangeant, avant la sonnerie qui marque le début de la cérémonie.

La cérémonie des Césars, cru 2019

Cette année, c’était Kad Merad, le maître de cérémonie. Je ne parlerai que de ce que j’ai bien aimé de sa prestation : les dix premières minutes d’ouverture avec trois ou quatre tableaux de comédie musicale en l’honneur de Queen et de Bohémian Rapsody. Il a été époustouflant en arrivant avec un faux sceptre-micro, une longue cape qui rappelait la démesure de Louis XIV ou celle de Michael Jackson pour interpréter ce pastiche très réussi de Freddie Mercury.

Malheureusement, ça se gâte au fil de ces trois longues heures, sous le regard parfois consterné de Robert Redford, l’invité d’honneur de cette année.

Robert Redford est l’un de mes acteurs américains favoris, je ne connais que la fin de sa carrière (il a plus de 80 ans) mais j’aime beaucoup sa sensibilité romantique quand le cinéma raconte l’une de ses histoires d’amour : L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux avec Kristin Scott-Thomas, Nos âmes la nuit avec Jane Fonda, deux adaptations de romans au cinéma.

Our Souls At Night

Our Souls At Night

L’Académie des césars plébiscite des drames sociaux cette année : Shéhérazade, Les chatouilles et Jusqu’à la garde.

Je n’irai sans doute pas voir ces trois films parce qu’ils sont d’une grande dureté : moi j’ai plutôt plébiscité Pupille, un beau film sur l’amour porté à un nourrisson confié à l’adoption.

Shéhérazade montre un petit couple d’ados à Marseille qui s’est foutu dans une sale histoire : elle fait le trottoir, lui récupère son gain mais il tombe aussi amoureux…

Les chatouilles raconte l’histoire vraie de la réalisatrice Andréa Bescond, qui a été victime d’un pédocriminel, dans son enfance, un ami de la famille. C’est tellement plus précis de parler de pédocriminalité et non de pédophilie.

Jusqu’à la garde est un drame : Léa Drucker et Denis Ménochet se retrouvent devant le juge aux affaires familiales pour se disputer la garde de leurs enfants. La juge lit une lettre terrible d’un petit garçon d’une dizaine d’années qui demande à ne plus jamais voir son père, est-il manipulé par sa mère ou veut-elle le protéger d’un homme violent ?.

La cérémonie des Césars récompense la plupart du temps un cinéma intello (moins que le festival international de Cannes) dans lequel je ne me reconnais pas toujours mais qui représente bien cette fameuse exception culturelle française.

C’est pour cela que les grands écarts avec la culture populaire qui remplit les salles de cinéma sont vraiment des moments gênants au cours de cette cérémonie. Un César du public pour les Tuche 3, c’est un peu fort de café. La comédie est le genre cinématographique le plus difficile à construire. Cette année, j’ai beaucoup aimé le retour de la famille Verneuil de Qu’est ce qu’on a encore fait au bon Dieu?.

extraitfilm

Copyright Arnaud Borrel

Souvent la comédie reçoit un accueil glacial le soir des Césars alors que ce sont les comiques qui font l’audience de la cérémonie.

Soit les remettants ou les lauréats font de grands discours élaborés sur l’art du cinéma, à l’image d’Alex Lutz qui cite Cioran : « Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter » Comprenne qui pourra… Ou alors les remettants essayent de faire rire un auditoire très exigeant et se prennent un four.

Car tout le monde n’a pas le génie d’ Elie Semoun qui marque les esprits chaque année. Déguisé en Tootsie pour recevoir Dustin Hoffmann il y a quelques années, il a osé tomber le peignoir de bain en référence à la comédie Le grand bain de Gilles Lellouche. Avec ses méduses, son ventre bedonnant et habillé par le Slip français, il est allé loin dans l’exhibitionnisme sans jamais tomber dans la vulgarité. Chapeau l’artiste !

Mes coups de cœur cinéma :

Pupille de Jeanne Herry (une jeune réalisatrice prometteuse dans un milieu essentiellement masculin) avec Elodie Bouchez, Miou-Miou, Gilles Lellouche (qui méritait le César du meilleur acteur).

L’incroyable histoire du facteur Cheval de Nils Tavernier avec Jacques Gamblin et Laetitia Casta.

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.