La tolérance ne sauve pas, l’amour oui !

Il est fréquent que les Kubers à qui j’ai recommandé ce livre m’envoient une petite carte pour me dire que ce livre les a touché. Il faut dire que ça démarre fort dès le premier chapitre.

La petite fille à la balançoire

Frédérique Bedos avec Valérie Peyronnat

Les arènes

2013

223 pages

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La petite fille à la balançoire, c’est l’histoire vraie de Frédérique Bedos, animatrice de télévision bien connue. Elle a grandi, ballottée par une mère bohème et un peu perdue entre Paris et Lille dans les années 1970, accueillies par une famille d’accueil extraordinaire sur les conseils d’un prêtre.

Le premier chapitre raconte l’histoire d’amour de ses parents telle que sa mère lui a raconté, elle ne sait pas bien où est la part de rêve et où est la vérité. Ce que l’on comprend, c’est que vers la quarantaine, elle va chercher en vain son père à Haïti.

Ce témoignage ne sert pas à faire pleurer dans les chaumières même s’il pourrait tant j’ai été révoltée à certains moments par les responsabilités colossales sur les épaules de cette petite fille.

Frédérique Bedos raconte avec justesse et amour, sans aucun apitoiement sur son sort, la misère économique et affective vécue avec sa maman. Elle a fait preuve d’une résilience incroyable pour aimer sa mère tout en se protégeant d’elle, en lui rendant hommage dans ce livre avec des mots justes pour montrer tout son amour, sa lumière malgré la démence.

Pourtant, se retrouver dans une telle situation de co-dépendance : devenir la maman de sa maman a eu des conséquences terribles sur sa santé morale et psychique. Un scanner lui a montré l’étendue des dégâts du choc post-traumatique sur son cerveau.

Heureusement, cette petite fille à la dérive a été prise en charge par une famille d’accueil extraordinaire qui vivait l’Évangile et qui ne comptait plus les enfants qu’elle recueillait : des petites filles khmères, une petite fille sourde maltraitée, un bébé né sans bras ni jambes, un petit garçon africain défiguré…

Comme un miracle de Jésus pour nourrir une immense foule avec deux pains et cinq poissons, cette famille a vu ses ressources financières se multiplier en fonction de ses besoins pour nourrir ces enfants, les loger dans une maison plus grande…

Cette famille d’accueil sera d’ailleurs le premier sujet de la série de documentaires du projet Imagine, fondée par Frédérique Bedos, une fois qu’elle aura été lassée du monde de paillettes de la télévision qui ne la comblait plus. Elle a longtemps traversé une longue période de traversée du désert quand le téléphone ne sonnait plus.

J’ai beaucoup aimé ce témoignage qui raconte comment une petite fille s’est sauvée de l’insécurité affective permanente : des violences conjugales d’un énième beau-père patibulaire grâce à l’amour.

Elle conclut son témoignage par une très belle phrase : si les parents de sa famille d’accueil l’avaient seulement toléré pour l’argent ou par pitié, ça ne l’aurait pas sauvé mais l’amour oui !

Frédérique Bedos a connu des moments vraiment très sombres à cause de son histoire familiale très déstabilisante : la séparation brutale par deux fois avec ses demies-soeurs, ne pas connaître son père qui l’ont amené à sombrer plus tard une fois adulte. Mais elle partageait avec sa mère d’adoption une foi solide en Jésus dont elle témoigne volontiers dans les médias.

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