A Noël, les Lepic et les Bouley poussent la chansonnette sur France 2

Après plus de quatre ans d’absence, les deux familles de Fais pas çi, fais pas ça reviennent pour un épisode spécial Noël. C’est plutôt un trait de la culture anglo-saxonne : Love actually, l’épisode de clôture de Downton Abbey…

Je vous préviens, cet article sera totalement schizophrène : j’ai trouvé cet épisode à la fois raté de chez raté mais aussi c’était un bon réconfort de retrouver ces personnages auxquels je suis tant attachée.

Copyright Philippe Le Roux/FRANCE TV

J’aime regarder cette série depuis dix ans au moins et il était temps de lui faire une place sur ce blog ! J’aime énormément les moments d’émotion en famille car on s’y retrouve forcément un peu et je regarde cette série d’un œil totalement nouveau depuis que je suis devenue maman. C’est pour moi la série la plus réussie sur la complexité et la richesse des liens familiaux en France.

L’intérêt de cette série est de rassurer les parents spectateurs qui culpabilisent de ne pas être parfaits. Tout le sel de cette série, c’est quand les parents se plantent et rectifient le tir pour vivre en harmonie avec leurs enfants. Les plus beaux enseignements, je les tire de la famille Lepic et du père en particulier : Renaud Lepic.

Guillaume de Tonquédec est de loin mon acteur français favori. Son personnage de père de bonne famille lui colle tellement à la peau que j’ai du mal à l’imaginer dans un autre rôle au théâtre par exemple. Par contre, je suis allée voir une pièce avec Isabelle Gélinas en février avec mon chéri : Un amour de jeunesse et c’était vraiment un bon moment de détente. J’irai voir Valérie Bonneton au théâtre rapidement dès que ça sera possible si le scénario vaut le coup !

Les enfants de la série jouent très bien mais n’ont pas la même intensité dramatique ni humoristique des quatre locomotives Gélinas, Salomone, De Tonquedec et Bonneton… Dans l’épisode spécial Noël, j’ai bien aimé les personnages de Soline et de Salomé, elles déraillent chacune dans un extrême différent.

Salomé devient une sorte de monstre écologique qui se mord la queue (la référence à Greta Thunberg est évidente) tandis que Soline agace tout le monde avec son train de vie très ostentatoire qui va rapidement la brouiller avec ses frères et soeurs. La tirade de Christophe qui se tire du réveillon de Noël avec femme et enfant est très bien trouvée.

On y ressent la patte de Michel Leclerc, scénariste de génie, réalisateur de films très politisés comme Le nom des gens ou bien Télé gaucho. On rit mais on réfléchit aussi dans cette série. Les écolos en prennent pour leur grade tant la manière de les caricaturer est riche et subtile.

Copyright France 2

Noël est le sujet idéal pour critiquer la société de consommation et ses dérives. Mais l’autre extrême écologique est tout aussi terrifiant. On retiendra la séquence d’anthologie de Valérie et Fabienne au supermarché pour nourrir les végétariens et les vegans.

Copyright Eric Vernazobre/FTV

Le vrai point faible de cet épisode est son côté hyper réaliste qui nous blase. Si on essaie d’éviter les réveillons familiaux avec débats idéologiques qui n’en finissent plus, ce n’est pas pour les retrouver à la télévision. Mon mari et notre poto allemand Jan aiment bien se moquer des films français où forcément ça s’engueule à table. Et le pire, c’est qu’ils ont totalement raison !.

Même si certains dialogues sont vraiment percutants et drôles, je regrette que cet épisode constituait plutôt une succession de sketchs sans réelle unité. Fabienne Dion nous a bien fait rigoler, c’était sympa de retrouver Médusor mais je me suis ennuyée à certains moments.

Un passage m’a même franchement mise mal à l’aise tant il était douteux et incohérent. Tout au long de la série, on se marre bien de voir Christiane Potin faire des avances irréalisées à Renaud. Et là voila qui l’accuse d’agression sexuel au commissariat de police. La scène où Renaud est tout nu dans sa chambre avec Christiane est tout simplement improbable.

Renaud Lepic est beaucoup plus respectueux des femmes qu’un ancien ministre dans une chambre d’hôtel new-yorkaise.

Copyright Bernard Barbereau / FTV

A ce moment de l’histoire, j’ai pensé que c’était l’épisode de trop. Heureusement, cela s’arrange avec un moment de vérité au commissariat de police. Renaud Lepic retrouve son côté chevalier servant que j’aime tant avec une déclaration d’amitié à Christiane. On sent que la dame est bien remontée contre les riches.

Peut-être le scénariste a voulu glisser une critique subtile des Gilets jaunes et du mouvement Me too mais c’était vraiment très ambivalent et donc malvenu.

Enfin, l’épisode se termine avec une séquence comédie musicale comme je les déteste. La chanson est fade mais pourtant j’ai bien aimé l’aspect nostalgie de l’enfance que les enfants Lepic transmettent au petit dernier Kim.

Voilà, je vous avais prévenu. Cet article est totalement mi-figue mi-raisin mais peut-être est-il à l’image de cette année 2020 ou de nos relations humaines en général ?.

J’ai demandé le meilleur des cadeaux de Noël : le coffret des saisons 1 à 6 de la série et c’est un très bon remède contre la sinistrose ambiante. J’ai ri comme un bossu pendant le confinement de novembre avec les égarements de Fabienne Lepic et sa verve bien à elle : quand elle insulte un auteur d’appels anonymes au téléphone ou qu’elle se lance dans un bricolage pour réunir les chaussettes orphelines totalement improbables.

Et vous quels sont vos meilleurs souvenirs de Fais pas ça , Fais pas ça?

Retrouvez mes chroniques sur la parentalité, inspirées indirectement par la parentalité Bouley ou Lepic selon les circonstances de la vie !

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