Devenir banlieusarde après 15 années à Paris

En septembre dernier, j’ai fêté mes quinze ans de vie à Paris. Depuis fin décembre, j’ai traversé le périph pour aller vivre à Fontenay sous bois et ça m’a fait un petit choc. Prendre le bus et le RER tous les jours, écouter le chant des oiseaux en se réveillant le matin, vivre de manière plus paisible en général. Nous sommes à dix kilomètres de Paris mais le rythme de vie les week-ends est bien différent.

Je vis un sentiment un peu ambivalent entre vraie nostalgie de notre ancien quartier de la porte de Bagnolet et profond soulagement de vivre plus simplement dans un endroit boisé avec une vue très dégagée. Les ciels d’hiver sont notre télévision chaque début de soirée. Je ne m’attendais pas à ce que ce spectacle soit aussi ressourçant pour nous.

Avant de vous présenter notre nouvelle ville, j’ai eu envie de revenir dans ce blog sur mes six adresses successives dans Paris pendant ces quinze années !

Ma toute première adresse parisienne en jette et je me la raconte beaucoup car c’est un très beau souvenir !

Foyer international La vigie, rue Poulletier, Ile Saint-Louis, 4eme arrondissement, chambre de 9m² .

Ce plan en or a été trouvé par ma maman qui a cru en moi quand je passais le concours national de l’Ecole du Louvre. C’est un foyer très recherché à Paris et j’y ai trouvé des amies en or avec qui j’ai gardé très longtemps contact.

Une tonne de souvenirs se bousculent dans ma tête : la fête d’anniversaire de ma voisine Juliette improvisée sur un quai de Seine avec les bateaux-mouches en arrière plan, les bonnes soirées au Café Oz de Chatelet d’où on revenait à pied, le jour où il y a eu un incendie dans l’immeuble voisin et que c’était le branle-bas de combat pour une cinquantaine de filles en pyjama dans la cour.

Et enfin les grandes chargées de l’accueil qui essayaient de me convaincre de voter Ségolène Royal à la présidentielle de 2007 car elles faisaient partie de son équipe de campagne avec son fils…

Ce petit côté people, c’est aussi ce qui m’attire à Paris, je dois bien l’avouer. J’aime me trouver au km zéro de l’actualité en France quand je me balade quai Voltaire ou avenue de l’Opéra. C’est un peu moins drôle pendant une énième manifestation des gilets jaunes un samedi ou pendant une grève des transports bien paralysante en décembre 2019 mais j’aime éperdument Paris. Je m’en suis rendue compte pendant toute cette année bien confinée.

Le palace de Carrie de Sex and the city sur mon chemin le matin pour aller à l’IUT.

Chambre de bonne de 12m², rue de la Trémoille, 8eme arrondissement, 370 euros à un particulier.

Nous n’avions le droit de rester seulement deux ans au foyer La Vigie. Alors, j’ai pris mon baluchon pour la grande aventure : une chambre de bonne minuscule à deux pas des Champs-Elysées et du Plaza Athénée, en plein dans le triangle d’or comme les agents immobiliers l’appellent. C’est très chic, cossu et élégant comme quartier mais profondément antipathique et impersonnel.

Je l’ai choisi pour sa situation géographique. L’IUT où j’étudiais les métiers du livre se trouvait au fin fond du 16eme arrondissement, je ne voulais pas être vraiment trop excentrée et j’ai bien calculé mon coup. C’était spartiate mais c’était bien de pouvoir aller voir un film au Gaumont Champs- Elysées régulièrement.

Chambre de bonne de 12 m², rue de Rennes, 6eme arrondissement, juin 2010 – juillet 2013, 460-500 euros à un particulier

Le trajet du bus 95 pour aller en cours le matin !

Quand je suis retournée finir mes études à l’Ecole du Louvre, j’ai voulu vivre à proximité. J’ai trouvé cette chambre de bonne à dix minutes en bus du musée en plein Saint-Germain des Près.

Ce n’est pas ma tasse de thé ce quartier mais j’ai bien aimé aller flâner à la librairie L’écume des pages à onze heures du soir, me balader place Saint Sulpice et au jardin du Luxembourg.

J’ai quitté ce quartier sans grands regrets. Trop de bitume, trop touristique, trop cher pour boire un verre ou faire les boutiques, bref, je n’avais aucuns atomes crochus avec l’endroit. Surtout, j’ai souffert de la chaleur caniculaire sous les toits et mon sommeil a été longtemps perturbé par le volume sonore de la rue de Rennes la nuit.

Colocation sauvage dans un 80 m², rue d’Alésia, juillet 2013-avril 2014

Je ne m’étendrais pas sur cette sous-location sauvage dans laquelle je suis restée huit mois. J’en garde un seul souvenir cocasse : être réveillée en sursaut par les cris de la locataire principale. Elle avait oublié de bien fermer sa volière et son malotru de chat avait croqué trois ou quatre oiseaux à 80 euros pièce venus tout droit du marché aux oiseaux de l’île de la Cité.

Un conseil : quand on vous menace de retrouver vos affaires dans des sacs poubelles devant la porte d’entrée, prenez les devants, fuyez !

Mon premier appartement avec mon mari, 35 m², rue Ramponeau à Belleville, 860 euros à un particulier

Cet appartement fut un véritable cadeau du Seigneur pour un jeune couple qui a un petit budget : pas de frais d’agence, il était à moitié meublé et très lumineux. Les propriétaires étaient des gens adorables mais le voisinage nous a vite donné du fil à retordre : un restaurant s’est monté juste au dessous de chez nous et malgré toute sa volonté, la propriétaire du lieu nous a bien cassé les pieds.

Les fresques, hommages à Germaines Tillon et Geneviève de Gaulle dans ma rue à Belleville

Il y avait cavalcade la nuit pour cause de prostitution chinoise sous les toits, mais on nous avait annoncé la couleur à la signature du bail. Sans que cela devienne pour autant invivable, nous avons été bien contents de recevoir une proposition de hlm huit mois plus tard (encore un cadeau de Dieu!).

Notre appartement de jeunes parents, juillet 2015-décembre 2020, porte de Bagnolet, 52 m², 750 euros en HLM de la RIVP.

J’ai vraiment aimé vivre dans cet appartement bien agencé et calme malgré la proximité du périphérique jusqu’à l’arrivée de notre petite fille. Le plancher qui craque était une véritable épreuve digne de Fort Boyard et nous n’avions plus de salon dans ce petit deux-pièces.

Mais le quartier était vraiment idéal pour une famille avec ses nombreux parcs et équipements culturels et sportifs : bibliothèques, piscines, stades… De tous les endroits où nous avons vécu, c’est celui dont nous sommes le plus nostalgiques. Car nous avons enfin sociabilisé avec des voisins… grâce à notre petite fille connue comme le loup blanc dans le quartier. Ce quartier, on y est resté cinq ans (notre record à Paris et je lui ai même consacré un article à lire ici !)

J’ai indiqué le nombre de mètres carrés et le loyer des logements dans lesquels j’ai vécu parce que cela me paraissait intéréssant mais je ne pense pas que ça soit très représentatif du marché immobilier actuel. J’ai profité des services bien utiles d’une association chrétienne : le CEP entraide étudiants de l’église de Saint-Germain des près.

Les chambres de bonnes étaient rudimentaires mais je leur suis reconnaissante d’avoir faire le tri dans les propriétaires. Je ne suis jamais tombée sur des marchands de sommeil, dans des conditions de vie bien glauques. Cela mérite d’être signalé car ce genre de mésaventures dangereuses est malheureusement monnaie courante.

Dans un prochain article, je vous vanterai les mérites de notre jolie ville d’adoption : Fontenay sous bois et ses belles maisons en meulière. Je vous en avais déjà donné un petit aperçu ce printemps avec l’une de nos premières promenades dé confinées : ici !

4 réflexions sur “Devenir banlieusarde après 15 années à Paris

  1. Bonsoir, très sympathique cet article, de beaux souvenirs et un beau parcours de vie, en plus du parcours dans la ville… J’aime bien l’idée à noter dans un carnet souvenir.
    Bonne soirée et à bientôt le plaisir de vous lire

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  2. Un article qui fait ressurgir les souvenirs de ma vie avant l’Ardèche.
    Je suis née à Fontenay sous Bois. Mon grand père était gardien au collège où j’ai habité avec eux.
    C’était un village, nous allions marcher dans le bois. C’était bien avant le RER.
    Aujourd’hui c’est une ville coupée en deux malheureusement. Petite chérie (la plus jeune de mes filles) y habite aussi.
    En 2010, j’ai décidé de retrouver ma vie et je suis partie vers l’inconnu. Je suis Bretonne mais j’aime le soleil et la chaleur.
    Alors au plaisir de te lire. A bientôt

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    • Merci pour ton commentaire. Cela m’a donné des pistes pour mon prochain article sur Fontenay ton histoire d’arrivée du RER qui transforme la ville en deux. Je connais bien l’Ardèche, ma famille vient du plateau ardéchois. A bientôt !

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