Le renard, ses livres et son café à l’honneur au pied de la montagne Sainte Geneviève, Paris 5eme

Un précédent vendredi soir, je descendais la montagne Sainte-Geneviève pour rentrer chez moi. J’ai voulu aller faire un tour à, un génial magasin de décoration et de papeterie.

J’y ai trouvé des sacs cadeau motifs ginko pour la soirée de lancement de la Bible manuscrite au collège des Bernardins en janvier dernier… J’avais envie d’aller voir si la fameuse boutique de jeans que je connaissais quand j’habitais à deux pas, existait toujours.

Des rues commerçantes qui se métamorphosent au fur et à mesure des confinements

Cela devient difficile de s’habiller en boutiques depuis quelques temps. Et bien non, cela n’existe plus. Elle a été remplacée par une librairie : Le renard doré. Les librairies sont considérée comme commerce indispensable depuis février 2021.

La librairie a ouvert ses portes en 2018 grâce à une campagne de fonds Ulule. Ensuite, son directeur s’est associé à un restaurateur de pâtisseries japonaises, Tomo, située dans le 2eme arrondissement pour créer le Renard café, rue du Cardinal Lemoine.

Droits réservés Le renard doré

Le succès de cette librairie qui a dépassé ses objectifs de départ, est une très bonne surprise pour un Quartier Latin que l’on peut qualifié de sinistré, les librairies ont fermées les unes après les autres rue des Ecoles.

Alors que Paris se vide de ses habitants, certaines artères commerçantes majeures font vraiment une tête d’enterrement : rue de Rivoli, rue de Rennes, boulevard Saint-Michel, avenue de l’Opéra… La faute aux loyers démentiels pour les commerces, les mouvements sociaux qui apportent de l’insécurité aux clients…

Mais le secteur de la librairie a su tirer son épingle du jeu, car un livre révèle tout un univers créatif où l’on peut rencontrer l’auteur et le dessinateur. Ce n’est pas un banal produit manufacturé, produit en série, que l’on choisit sur une page web un peu tristoune.

Avec les confinements, je remarque que libraires et clients en ont un peu leur claque des commandes de livres en ligne. Rien ne vaut la bonne vieille sociabilité en librairies, et un très beau cadre, décoré avec goût, ne gâche rien, bien au contraire.

Cette petite librairie de 90m² est une vraie ruche qui attire un public varié : les enfants du quartier avec de l’argent de poche qui s’apparente à du pouvoir d’achat, des jeunes adultes de l’université Jussieu voisine et des amateurs de jolies boutiques comme moi. Notons que je n’ai jamais lu de mangas et que je ne compte pas m’y mettre.

Mais j’aime la belle décoration, et on peut dire qu’ici nous sommes servis. C’est aussi beau que les bureaux de la maison d’édition où je travaille, un peu plus haut sur la montagne Sainte-Geneviève

Un beau cadre, une décoration éclectique qui réunit différents publics.

Par sa fine observation des librairies mangas, on peut dire que Mickael Brun-Arnaud est un renard…rusé. Récompensé par le prix des libraires Livres-Hebdo pour ses animations de libraire sur les réseaux pendant les confinements, il a su tirer parti de ses observations dans d’autres librairies manga pour créer un lieu chaleureux, qui lui ressemble.

C’est un gros lecteur de mangas qui possède près de 1600 titres chez lui. Ses sélections de livres sont choisies avec soin, il montre dans son magasin des esthétiques qui le touchent…

Droits réservés Actua litté

Il a misé sur l’éclectisme avec une forte inspiration victorienne : des décorations et tapisseries florales en hommage à William Morris, des tableaux inspirés de Mucha, des meubles, des objets. J’ai découvert grâce à cette librairie l’univers des studios Ghibli, l’équivalent de Disney au Japon. Pas sûr que je regarderai un de leurs dessins animés mais j’ai trouvé ça très doux et coloré.

Dans un entretien avec le fondateur de la librairie publié dans Le journal du Japon, j’ai appris que le lectorat majoritaire des mangas étaient des femmes : 55% de l’ensemble des lecteurs. Malin donc de créer un cadre assez féminin.

Inutile de vous dire que je n’ai pas posé longtemps quand je suis entrée par curiosité dans une librairie manga, avenue de l’Opéra. Les étagères blanches et uniformes faisaient plutôt penser à une bibliothèque de campus universitaire qu’à un lieu cosy et accueillant. La papeterie m’intéressait mais c’était vraiment très mal présenté.

Enfin Mickael Brun-Arnaud a aussi accordé une grande attention à la relation client. Il a remarqué que certains travers geek des librairies mangas pouvaient être un frein à la vente de livres  « Ce n’est pas propre, ce n’est pas joli… Ce sont des « geeks », chaque fois que je m’y rends, on ne me parle pas, ce n’est pas agréable, tu ne peux pas parler au vendeur parce qu’il y a quelqu’un qui reste coincé avec lui toute la journée… ».

C’est la même esthétique victorienne qui a été choisie dans le café à quelques rues de la librairie, où l’on peut lire des mangas tout en mangeant des pâtisseries. C’est l’un des rêves de ma carrière, ouvrir un salon de thé- librairie au Touquet pour mes vieux jours, il faut que j’en parle un peu à mon mari…

Pourquoi les enfants et les adolescents aiment autant les mangas ?

La France est le second pays consommateur de mangas après le Japon. Les mangas sont la poule aux œufs d’or de l’industrie du livre en France. Cet automne, les sorties de plusieurs mangas très attendus ont provoqué de sacrés bouchons chez les distributeurs de livres.

Les librairies généralistes comptent parmi leurs clients les plus fidèles de nombreux enfants qui viennent acheter le nouveau tome de séries mangas qui comptent plus d’une vingtaines de tomes… Visiblement, les mangas sont un moyen de se démarquer des parents et de se construire personnellement.

Les mangas abordent des thèmes de leur âge et sont des livres très différents des lectures de leurs parents : un autre sens de lecture, une toute autre esthétique…

Moi, je suis rentrée dans cette librairie attirée par la vitrine avec un flocage d’un monde enchanteur. J’ai compris en entrant dans le lieu, qu’il s’agissait de la couverture d’un livre fantasy de l’Ecole des loisirs : Mémoires de la forêt.

Le renard, animal totem pour les livres et les pâtisseries.

Sans me vanter, j’ai un peu de flair pour discerner le bon vieux ressort marketing avec les animaux influenceurs. On connaît tous la vieille ficelle avec les chats sur les réseaux sociaux qui font du bien aux abonnés Instagram. Les licornes envahissent les vêtements pour enfants, les carnets de papeterie.

Plus subtils, il y a les animaux sauvages comme le flamand rose, le renard, le hérisson ou encore le lama. J’ai lu l’interview de Lucas Bérullier , fondateur de My pet agency dans le média Widoobiz. Il explique l’attrait pour ces animaux pour leur rareté et leur originalité. Ces animaux menacés d’extinction rappellent la bienveillance de l’Homme.

Moi aussi, je suis une bonne cliente des renards. Cela m’incite à acheter de la papeterie ou un bel objet de décoration. Cela remonte à mes sept ou huit ans lors d’un voyage en famille dans la banlieue de Londres. Nous en avons vu un bien mal en point avec un pelage tout élimé.

Sinon, je me souviens très bien dans les années 1990 de deux dessins animés marquants : Renard chenapan et Les animaux du bois de Quatre’sous (mention sinistrose traumatisante pour ce dernier).

Il y a quelques mois, j’avais écrit un article sur les renardises de Yann Couvreur.

Retrouvez-ici d’autres articles du blog qui parlent de renards, du 5eme arrondissement, de click and collect et de librairies…

Mon nouveau quartier Panthéon-Luxembourg en dix photographies

Le click and collect ou le commerce moderne.

-Décorer une chambre pour bébé sur le thème de la forêt.

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