Les relations familiales sous forme de bulles… de BD

Cela faisait un bon moment que je peinais à trouver une BD qui allait m’inspirer pour le blog. Il y a bien eu Adoleschiante de Marie Donzelli et Mademoiselle Caroline (je lis toutes les BD de Mademoiselle Caroline). Mais pas assez de matière pour écrire un article de blog fleuve.

J’ai eu un vrai de coup de cœur pour Le plongeon de Séverine Vidal et Victor L. Pinel, éditions Grand angle. Autant, j’ai trouvé la couverture un peu glauque mais puissante, autant j’ai trouvé l’album lumineux et vivant.

Les éditeurs de Bamboo ont trouvé une excellente punchline (je déteste les punchlines dans la vraie vie) : « Un EHPAD, des fesses, de l’amour et des rides« . J’aurai rajouté des rires aussi car dans cette maison de retraite, Yvonne, 81 ans va trouver une bande d’amis qui n’a pas perdu son sens de l’humour.

Pourquoi j’ai vraiment aimé ce roman graphique de qualité ?

Au lieu de m’égarer dans un résumé terne et partiel, j’ai voulu aller droit au but. Ce roman graphique m’a énormément plu car il raconte la perte d’indépendance d’une femme qui a du caractère et comment elle va s’adapter à sa nouvelle vie sans ruer dans les brancards.

Car elle a réalisé qu’elle a besoin de l’aide des autres dorénavant car sa mémoire lui glisse des mains. Cet album montre la vulnérabilité de chacun quand on doit s’adapter à la vie en collectivité alors qu’on ne va plus travailler.

Ce n’est pas simple quand on habite peinard tranquille chez soi à son propre rythme depuis dix ans et qu’il va falloir se fader les ateliers poterie, le couvre-lit rêche de la chambre médicalisée et surtout les repas au réfectoires qui ne sont pas toujours gastronomiques.

Ce départ à la maison de retraite m’a vraiment rappelé l’histoire de ma grand-mère Annette qui a vécu quelques mois dans une maison de retraite à Rouen en 2011. L’endroit n’était pas particulièrement inhospitalier, je n’ai pas été témoin de scènes choquantes avec des résidents mais il y avait une odeur persistante dans les couloirs dont je me rappelle plus de dix ans plus tard.

Cela sentait comme dans les hôpitaux et pas l’odeur d’un bon gâteau dans une maison chaleureuse. Inutile de dire que j’étais bien contente de quitter l’endroit rapidos.

J’ai beaucoup aimé ce roman graphique car il montre comment on infantilise les personnes âgées car on n’a pas le choix quand ils perdent leur indépendance et leur autonomie. La confrontation entre Yvonne et la directrice de la maison de retraite qui n’est pas une mauvaise femme, est savoureuse.

Je vous invite à lire cette magnifique BD pour son état d’esprit agréable à lire, cet album célèbre la vie tout simplement avec des couleurs chaudes et vivantes.

Dans un tout autre genre, il y a un essai très polémique : Les fossoyeurs de Victor Castanet, édité par Fayard qui est utile pour dénoncer les maltraitances envers nos anciens. Je ne l’ai pas lu mais j’ai vu un extrait de Cash investigation où Elise Lucet interviewait un directeur d’un grand groupe de maisons de retraite. Malgré des listings éloquents, il s’est défendu d’affamer des personnes âgées d’une manière vraiment hideuse. Je recommande à ce monsieur de lire cette BD Le plongeon.

Cette BD montre en dessin la qualité des relations humaines qui nous permettent de ne pas couler face à la maladie, la dépression, la solitude… Avec cette BD, j’ai réalisé que le départ en maison de retraite est sans doute le rite de passage le plus difficile de toute une vie et que c’est vraiment un sujet tabou. Alors qu’on en fait des caisses pour les enterrements de vie de jeune fille et les baby shower…

Dans le même genre et avec les mêmes auteurs et dessinateurs, j’ai lu La maison de la plage, éditée par Marabout.

Cette histoire familiale m’a beaucoup touchée. Elle raconte comment une famille se retrouve un été autour de la nièce devenue veuve, avant même de devenir maman. Le tonton un peu en marge de la famille vient un peu casser l’ambiance en voulant vendre sa part de la maison.

Heureusement, les autres frères et belles-sœurs sont intelligents car ils ne se fâchent pas à mort avec lui et arrivent même à préserver l’harmonie familiale. C’est beau à l’heure où l’on brade ses souvenirs au grenier sur l’autel d’AirBNB….

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