Un avant-gout de Noël à Remiremont dans les Vosges

Pour débuter les vacances de Noël, nous avons prévu trois jours dans les Vosges en quête de neige. Nous avons étudié tout cela sur Internet de manière très stratégique.

On ne connait pas du tout les Vosges mais quelques personnes de bon conseil nous ont recommandé cette destination bien moins chère que les Alpes et beaucoup plus proche en train : 2h40 depuis la gare de l’Est. Ce fut un choix ingénieux puisque nous avons passé un super séjour. La neige n’était pas au rendez-vous, la combinaison enfant Décathlon attendra un autre hiver mais nous nous sommes régalés.

Nous avons loué un gîte sur Booking qui s’est révélé être une super bonne idée. Une hôte vraiment gentille et habituée aux locations, un emplacement très bien situé et le confort de pouvoir faire ses courses et manger de manière beaucoup plus autonome qu’à l’hôtel. L’Ibis budget de Lille nous a guéri !

Nous sommes arrivés pile à l’heure pour la finale de la Coupe du monde : France/ Argentine à 16 heures.

Je profite de ce billet pour exprimer toute mon admiration à nos Bleus. Ils ont vraiment fait preuve d’un courage extraordinaire et d’une sacrée ténacité face à des Argentins vraiment hargneux et à la limite du fair-play. Je suis bien contente que même si la France n’a pas gagné, elle a donné des sueurs froides aux Argentins qui ont cru pendant 80 minutes que c’était plié. J’ai mon petit voisin de quatre ans qui s’appelle Léo. C’est un fan absolu de Kylian Mbappé, il a des étoiles dans les yeux quand il parle de lui… Je ne sais pas qui le gardien de but argentin fait rêver en ce moment…

On dit Gérardmé et non Gérardmer !

Lundi matin de bonne heure (9 heures, l’heure du bureau, on est des robots) , nous avons pris une navette une trentaine de minutes pour 4.50€ l’aller afin d’aller visiter le fameux lac de Gérardmer à une trentaine de kilomètres de Remiremont.

 Photo illustration VM /Jérôme HUMBRECHT

L’arrivée dans cette petite ville de 8500 habitants est assez remarquable avec ce lac majestueux. J’ai bien envie de revenir y faire un tour au mois de juin. Gérardmer c’est la capitale du linge de maison avec ses magasins d’usine Linvosges. Ce n’est pas ce qui me passionne le plus mais j’ai acheté des chaussettes Bleuforêt au Monoprix pour affronter le froid et il faut bien dire que les Vosges pèsent lourd dans l’économie et l’industrie française : les bonbons La Vosgienne en tête de gondole dans les supermarchés…

Gérardmer nous a beaucoup charmé avec son carrousel à étage, sa fontaine et son épicerie Mémé sur la place. J’ai vraiment adoré cette jolie épicerie avec plein de sucreries vintage, un espace salon de thé dans lequel je rêverai de réunir mes copines. Les hôtels avec spa et hammam m’ont aussi fait de l’œil.

Nous sommes allés nous réchauffer avec une bonne boisson chaude aux Rives du lac, une petite brasserie très bien décorée et à la carte très appétissante. Elle pourrait très bien servir de cadre à un film de Noël Netflix. Il faut dire que j’ai renoué avec ce genre cinématographique très niais. Je vous parlerai de mon coup de cœur pour The Noël diary dans un prochain article… La vue sur le lac était vraiment superbe.

La suite du séjour a filé très vite car nous restés deux nuits. Ce fut l’occasion de se balader à pied dans le joli centre-ville de Remiremont. Je regrette beaucoup les petites villes où l’on peut faire les magasins d’une traite sans se galérer dans les transports en commun. La rue principale de Rémiremont s’appelle rue Charles de Gaulle avec de beaux magasins de vêtements, des salons de thé et de décoration.

On a vu une chouette mise en scène des rois mages sur un des côtés de l’église. Dans l’est de la France, Noël est une fête importante avec ses marchés dès la Saint Nicolas, le 6 décembre. On a vraiment bien fait de venir ici à cette période de l’année.

La dernière journée a filé très vite, le temps de visiter la médiathèque municipale et surtout de se régaler à la crêperie Du fil à l’assiette. J’ai goûté une excellente galette de sarazin au Munster, la spécialité fromage dans le coin.

Un comble quand on pense que je me moquais de mes parents qui aimaient passionnément ce fromage qui sent les pieds. Ainsi qu’une galette flambée au Grand Marnier, j’étais un peu pompette à quatorze heures car le soleil de décembre tapait fort à notre table.

Ce fut d’excellentes vacances à trois avant d’aller réveillonner en famille à Privas. Nous avons eu la mauvaise surprise d’apprendre l’annulation de notre train aller pour le samedi 24 pour cause de grèves. Mais nous avons eu la chance de trouver une solution de repli.

Comme dirait Kylian Mbappé, incontournable partout dans la presse et sur les réseaux sociaux depuis cette folle finale, « nous reviendrons »… dans les Vosges. J’ai déjà repéré une luge gonflable sur le site de My nice fleet grâce au blog de Néroli

Retrouvez ici mes précédents articles consacrés à des bons moments en famille aux quatre coins de la France :

-Un week-end en famille pour Toussaint découvrir le Vieux-Lille

-Les aventures rocambolesques de Margot en Guyane

-Un avant goût de vacances d’été à Marseille au mois de juin

Un Noël en Provence au BHV… et dans mon bujo…

Cette année, je cherchais un thème original pour décorer mon bujo pour décembre et ainsi finir mon carnet 2022 en beauté. Je m’étais régalée à dessiner des sapins et des boules à neige grâce à la chaîne Youtube Les astuces de Margaux. Mais je cherchais plus original… C’est le magasin parisien BHV qui m’a donné cette idée qui me ressemble beaucoup…

J’ai étudié les arts et traditions populaires dans un musée du même nom désormais disparu, à côté de l’actuelle fondation Louis Vuitton dans le 16eme arrondissement de Paris. Désormais, le musée des arts et traditions populaire s’est délocalisé à Marseille et s’est étendu à l’Europe et à la Méditerranée : c’est le fameux MUCEM !

Moi, je viens de Valence aux portes du duché de Provence. Et je passe souvent Noël avec ma famille de Marseille qui ramène avec elle la tradition des treize desserts dont la pompe à huile. Ma tante Martine a longtemps peint à la main les santons de Provence de la marque Carbonnel.

Ma grand-mère Evelyne doit avoir une crèche avec une cinquantaine de santons. Ces traditions perdurent et séduisent même le marketing !

Carbonnel, Les calissons du roi René, Souleiado, L’Occitane … sont autant de marques présentes au BHV pour ces vitrines Noël en Provence.

J’ai eu un vrai coup de cœur pour cette cigale en céramique signée Monochromic. Je regarde beaucoup les émissions de décoration sur M6 et c’est vrai que le total look provençal est un peu ringard : le combo olives, cigales et fond jaune c’est un peu trop chargé. Mais le design a cette magie avec la pureté de ses lignes de moderniser n’importe quel motif. Et la cigale c’est l’identité de la Provence !

Les becs sucrés à l’honneur en Provence

Je ne suis pas une inconditionnelle du nougat de Montélimar mais j’aime de manière éperdue le calisson et tout ce qui est à base d’amande. Je pense sérieusement à aller faire un tour au musée qui lui dédié à coté de la confiserie du roi René. Cette entreprise centenaire est basée à Aix en Provence.

Elle se réfère à un roi très apprécié, un important mécène du 15eme siècle qui a marqué de son empreinte tout son duché de Marseille à Tarascon. Si vous êtes de passage à Marseille, n’hésitez pas à grimper la tour du roi René pour avoir une vue inoubliable sur le Vieux port.

Cette confiserie très traditionnelle a sorti un beau coffret : celui des treize desserts en Provence. Il se compose de figues, de fruits secs, de nougats… Le chiffre treize est une référence au Christ et à ses apôtres. Par ailleurs, on dispose les nappes de la table de Noël par trois en référence à la Trinité.

J’aime beaucoup ces références chrétiennes, des traditions qui remontent même au 12eme siècle. D’ailleurs, en me documentant pour écrire cet article, j’ai découvert que la création de crèches provençales était un acte de rébellion.

Durant la Révolution française, les Marseillais ont trouvé une parade comme on leur interdisait de célébrer une messe de minuit. Dans la foulée, ils ont lancé une fête aux santons qui célèbre cette année ses 200 ans.

Les santons de la crèche provençale, une communauté chrétienne en miniature

Quand j’étais petite, j’adorais installer la crèche avec mon frère parce qu’on déballait les santons que ma tante avait peint à la main pour l’entreprise Carbonnel. Elle m’épatait à réussir un travail si minutieux à une cadence industrielle : j’avance le chiffre de 200 santons à peindre chaque semaine. On installait le ravi de la crèche, le maire, les anges et surtout la sainte famille car le petit Jésus est bien entendu le plus beau des santons.

Ma mère a complété la collection avec les rois mages et des chameaux. En novembre, j’ai vu une chouette crèche grandeur nature dans un centre commercial à coté de Cayenne. Je vous invite à visiter une église pour se recueillir devant une crèche car la naissance de Jésus, le Sauveur c’est la vraie bonne nouvelle qui change une vie !

Ma tante m’a fait un très chouette cadeau depuis une dizaine d’années. C’est une toute petite crèche bolivienne trouvée à la foire aux santons de Marseille. Elle est toute simple, minimaliste au possible. L’objet idéal quand je vivais dans une mini boite à chaussures de 9m².

Cela faisait un moment que j’en avais envie. Je me suis rendue compte que les régions et leur Histoire ont une vraie importance des siècles plus tard, malgré la mondialisation. Cet attachement des gens à leur région : les Flandres, la Provence m’a beaucoup inspiré cet hiver dans les pages de mon bullet journal.

Je crée une nouvelle page thématique dans ce blog que vous pouvez retrouver ici : elle est dédiée aux régions que j’aime : Paris et sa banlieue, ma patrie d’adoption depuis quinze ans, les Hauts de France car mes grands-parents maternels viennent du Pas de Calais et enfin Marseille et la Provence, Valence d’où je viens, c’est la porte de la Provence !

Cet hiver, je suis aussi allée sous le soleil de Guyane : un mois de novembre aux antipodes…

Une reine, être femme dans le mellah de Casablanca des années 1930

En novembre, la famille de Gad Elmaleh était à l’honneur avec la sortie du film Reste un peu. C’est un film très autobiographique où l’humoriste a invité ses parents et sa sœur à jouer leur propre rôle. Il raconte l’expérience spirituelle qu’il est en train de vivre et comment il a osé entrer dans une église catholique avec sa sœur Judith quand il était âgé de sept ou huit ans à Casablanca…

Elle travaille dans l’ombre de ses frères Arié et Gad qui sont tous les deux comédiens. Elle participe à l’écriture de ses sketchs et scénarise également. Le sujet de son premier roman m’a vraiment intéressée et m’a permis de mieux la connaître à travers les émissions de télé et les articles de presse.

C’est d’ailleurs, l’article de Paris Match qui m’a vraiment donné envie de lire ce roman. On les a photographié unis, en famille, dans la cuisine des parents. L’article titre : « Il n’y a plus de secrets chez les Elmaleh » et reproduit un portrait de Simha pour raconter son histoire.

Judith sous les traits d’Anna, son double littéraire, se réfugie quelques jours chez sa grand-mère à Casablanca car elle divorce à nouveau. Avec beaucoup de tact et de douceur, elle va aider sa grand-mère Simha surnommée Mimi et jamais Mamie à lui raconter sa vie. J’ai aimé ce roman car il m’a rappelé mes conversations avec ma grand-mère Annette.

Elle m’a transmis son optimisme et sa joie de vivre : relativiser et profiter de ce qui est bon et joyeux quand on saute dans le fossé avec son petit vélo pour se protéger d’un bombardement ennemi dans les années 1940 dans le Pas de Calais.

Ce livre parlera à tous ceux qui ont été enrichis par la transmission de souvenirs et d’expériences personnelles avec leurs ascendants. J’ai eu cette chance avec ma grand-mère et mon arrière tante Julienne, qui ont pris les routes de l’exode ensemble alors que Julienne était enceinte de son premier enfant (pour accoucher sereinement, on a connu mieux).

Simha était une toute jeune fille de quatorze ans dans le mellah de Casablanca dans les années 1930. Sa famille était très pauvre et vivait dans une vraie promiscuité. Pour améliorer le quotidien et fournir des enfants à sa tante stérile et son mari, on lui a organisé son propre mariage sans qu’elle ne comprenne rien.

Dans les premiers chapitres du roman, la narration est confiée à Simha pour se livrer en employant la première personne. Le talent de Judith Elmaleh est d’avoir su retranscrire avec précision et authenticité tous les non-dits, les regards lourds de sens quand on la prépare pour son mariage. C’est une gamine qui ne comprend rien à ce qu’il se passe, elle se demande pourquoi on lui accorde autant d’importance en l’emmenant au hammam pour la préparer comme une reine.

Et ensuite, une fois mariée, on nie carrément son intégrité, son consentement en l’envoyant dans le lit d’un homme bien plus âgé qu’elle : vingt-cinq ans d’écart. Heureusement, elle est tombée sur un homme bon et attentionné qui va aimer deux femmes à sa manière. La situation de Simha aura pu être vraiment catastrophique car comme elle était jolie et très pauvre, le proxénète du quartier commençait à roder dans le quartier.

La bigamie est un sujet sulfureux qui fait glousser sous cape. Mais dans ce roman, il met en lumière les rivalités entre femmes en sourdine, mais bien réelles. Cela devait être acrobatique ces sept enfants brinquebalés entre deux mamans et deux maisons car bien sûr dès que Simha mettait au monde un enfant, on l’envoyait vivre avec la première épouse. Le récit de son premier accouchement quand le couple attend derrière la porte le bébé est déchirant.

En tant que maman, j’ai eu le cœur serré pour cette toute jeune fille qu’on a propulsé dans le monde des adultes sans pouvoir grandir à son rythme. Le vrai sujet du livre, ce n’est pas la bigamie, c’est la construction personnelle pour devenir une femme face au poids de la tradition. Forcément, l’histoire d’Abraham qui prend pour maîtresse sa servante Agar pour avoir une descendance fait écho ici.

Judith Elmaleh fait aussi référence à une autre histoire vraie beaucoup plus contemporaine. Celle de Lady Diana et c’est assez dingue. Comme Simha, Diana a été choisie pour sa jeunesse, sa virginité et sa généalogie pour donner un héritier au futur roi d’Angleterre qui en aimait une autre : Camilla Parker Bowles. Encore une fois, la tradition a été la plus forte. Pour Diana, le traumatisme a été dévastateur car elle mangeait de manière compulsive pour noyer son chagrin.

La grand-mère de Judith, Simha est parvenue à trouver sa place dans cette situation familiale sacrément cocasse. Mais on réalise que dans les échanges avec sa petite fille, elle porte en elle le poids de l’amertume d’avoir été utilisée. La scène où elle regarde un chanteur à la télévision avec l’enthousiasme d’une midinette est touchante, on dirait qu’elle retombe dans l’enfance dont on l’a privée.

L’unité de cette grande famille juive marocaine de sept enfants est assez extraordinaire. C’est l’un des oncles de Judith qui lui confie certains aspects de ce secret de famille pour s’en délester car son père n’ose pas lui en parler vraiment.

Judith Elmaleh décrit avec beaucoup d’affection cette famille que l’on connait de mieux en mieux grâce à Paris Match (ma lecture hebdomadaire favorite).

Le rire est aussi une religion chez eux, il faut être drôle et se répéter pour bien raconter une blague. C’est leur fameux grand père Eliahou qui a transmis cette obligation. Il a bien fait puisque tous les membres de cette famille sont talentueux. Le jeu d’acteurs des parents de Gad Elmaleh dans Reste un peu est assez exceptionnel. J’aime aussi beaucoup Arié Elmaleh dans la plupart des rôles comiques qu’il interprète.

Enfin, ce livre m’a donné envie d’aller visiter Casablanca, cette ville mythique au bord de l’Atlantique. Judith Elmaleh a su écrire un roman sensoriel et tactile qui capte avec excellente l’atmosphère d’un quartier emblématique, le choc entre les cultures françaises et marocaines…

Je remercie les éditions Robert Laffont pour l’envoi de ce beau roman en service de presse. La couverture de ce premier roman est très efficace. Elle donne envie d’aller visiter le Maroc et de mieux comprendre la culture juive du Maghreb par un saut au musée d’art et d’histoire du judaïsme dans le Marais à Paris.

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