Venise n’est pas en Italie ou comment trouver une issue de secours à sa généalogie

Venise n'est pas en Italie

Je suis une inconditionnelle du jeu comique de Benoît Poelvoorde et Valérie Bonneton (il est belge, elle est du Nord, ils sont drôles par là haut, c’est évident). Alors quand j’ai su qu’ils jouaient ensemble dans l’adaptation du roman autobiographique Venise n’est pas en Italie, je l’ai noté dans mon bullet journal comme la sortie ciné à ne pas rater.

Et là stupeur et énervements, je me rends compte que moins d’une semaine après sa sortie en salles, il disparaît des rares écrans parisiens qui le projetaient. Heureusement, de petits cinémas intelligents de banlieue le projetaient encore mais j’ai jeté l’éponge cette fois-ci.

Je trouve cette uniformisation culturelle assez triste comme les derniers Marvel et autres Avengers trustent toutes les salles de cinéma à Paris et que trop de films sortent en même temps.

Alors, je lis le livre et après une centaine de pages, l’histoire aussi lente qu’un trajet avec une caravane, a pris un rythme de croisière qui m’a bien plu et m’a donné envie de vous en parler.

Venise n’est pas en Italie

Ivan Calbérac

Flammarion

2015

18€

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Le résumé :

Emile Chamodot a seize ans, il est amoureux d’une fille de son lycée, Pauline, qui l’invite à assister au concert de musique classique auquel elle participe à Venise. Emile et Pauline ne viennent pas du même milieu social.

Flanqué de ses parents un peu doux dingues et de son frère aîné un peu brutal sur les bords, Emile part pour un voyage initiatique dans la caravane familial à travers les Alpes. Choc des cultures garanti !

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Droits réservés Studio Canal

Mon avis :

Les cent premières pages ont été fastidieuses, j’ai sauté quelques chapitres pour y prendre goût avec l’arrivée du frère aîné dans l’histoire. Il s’appelle Fabrice, c’est un militaire aussi brute et simple qu’Emile est fluet et intelligent.

Les dialogues entre Fabrice et leur père sont savoureux, ils montrent très bien la finesse d’esprit d’Emile qui navigue en eaux troubles pour ne pas provoquer les réactions primaires de son frère et ses parents qui partent au quart de tour s’embrouiller vainement avec l’hôtesse de caisse d’une halte gastronomique qui n’ en est pas une.

Le talent d’Ivan Calbérac est de transformer les banalités du quotidien en  une oeuvre littéraire à la fois subtile et cocasse. On s’ y retrouve tout de suite dans ses descriptions d’aires d’autoroute où l’on a des habitudes en commun, cette manière de sonder la psychologie de personnages les plus simples.

Il serait réducteur et caricatural de traiter le père d’Emile de beauf mais avec ses petites citations toutes communes (chacun à sa philosophie de vie après tout) il en devient tout aussi intéressant qu’un grand personnage de la littérature française.

Pour moi, la littérature c’est avant tout un moyen de s’évader grâce à un livre. Et avec ce roman de gare par excellence (je l’ai découvert au Relay de la Gare de Lyon, c’est dire) on s’évade en caravane. Objectif réussi !

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Ma note :

3/5 sardines

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Même si je rigole bien avec les dialogues cocasses de cette famille déjantée, l’histoire se traîne en longueur. L’auteur déroule son intrigue vraiment à la vitesse d’une caravane. Pourtant, ce roman va me rester en mémoire tellement je suis scotchée par le bagout du père qui est vite fatigant à vivre, vraiment il n’y avait que mon cher Benoît pour interpréter un zèbre pareil. Je n’attribue à ce livre que trois sardines seulement car la forme du journal intime est vite ennuyeuse, l’adaptation cinématographique est beaucoup plus vivante.

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Droits réservés Studio Canal

Je ne pars plus en caravane mais je garde cette petite nostalgie de mes vacances avec mon frère et mes grands-parents en camping. Ils avaient économisé pour s’offrir une caravane neuve qui nous a fait découvrir de nombreux coins de France : dans la Creuse, à Villard de Lans, à Pont l’Évêque, à Trouville….

Il y a peu, j’ai découvert l’existence grâce à mes parents du musée de la caravane en Allemagne (celui de l’usine Hymer qui célèbre les voyages mobiles) et je trouve cela passionnant : comment les gens conçoivent leurs vacances. C’est un art de vivre différent qui a du plomb dans l’aile avec les vols low cost et les logements AirBNB.

Heureusement les petites caravanes vintage font le bonheur des magazines de déco, j’ai hâte de voir comment Marjolaine Solaro (une blogueuse pleine de talents que je suis depuis quelques temps ) va redécorer sa caravane Sakura

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Droits réservés Marjoliemaman

 

 

 

 

 

 

Pourquoi Chamboultout m’a chamboulée

Au début, le titre de ce film ne m’avait pas convaincue. Mais rapidement, je me suis intéressée à son sujet : comment une épouse a vécu un changement de vie terrible face au grave handicap de son mari. C’est un film choral autour d’un couple très convaincant : Fred et Béatrice interprétés par José Garcia et Alexandra Lamy. Le rigolo compère d’ Antoine de Caunes s’est volontairement mis à l’écart pour jouer cet homme devenu aveugle et totalement désinhibé.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

Désormais, je me déplace au cinéma pour chaque film d’ Alexandra Lamy car depuis Retour chez ma mère (d’Eric Lavaine également), Tout le monde debout de Franck Dubosc ou bien Le poulain dernièrement, je la considère comme une actrice incontournable dans le genre de la comédie dramatique. Ses premiers films comme Rickie de François Ozon m’avaient laissé quelque peu dubitative mais c’est génial le tournant que prend sa carrière cinématographique ces dernières années. Vive les actrices à l’approche de la cinquantaine !

Chamboultout, comédie dramatique d’Eric Lavaine avec Alexandra Lamy, José Garcia, Mickael Youn, Anne Marivin, Medi Sedoun, Olivia Côte, Michel Vuillermoz….

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Le résumé :

Béatrice vit à Bordeaux avec son mari Fred et leurs trois enfants. Ils ont la quarantaine, un peu d’argent et la vie devant eux. Un stupide accident de scooter fait basculer leur vie dans le lourd handicap : on ne sait pas ce qui est le plus pesant : la cécité de Fred ou bien sa totale désinhibition. Ils se retrouvent chaque été avec leur bande d’amis dans une maison de vacances de Biarritz. Mais l’harmonie amicale va être mise à mal à la lecture du livre de Béatrice. Elle a couché sur le papier ces cinq années difficiles à travers un roman d’autofiction qui bouscule leurs amis…

Mon avis :

Au début, j’ai trouvé les dialogues et le jeu des personnages un peu caricatural à l’image de Barbecue, un précédent film d’Eric Lavaine. Et puis quand on se concentre sur les deux personnages principaux : Fred et Béatrice, nos émotions s’envolent.

On ressent une sacrée compassion pour cette épouse qui cherche affolée son mari dans les rues de Bordeaux, qui fait preuve d’une grande patience quand il se gloutonne l’immense fraisier préparé pour sa fête d’anniversaire et quand on comprends que ce n’est plus vraiment un couple égal.

L’amour charnel s’est transformé en maternage pour Béatrice qui doit surveiller l’alimentation de son mari comme un enfant, s’occuper de lui la nuit. La scène où il s’enfuit la nuit au bord des falaises est captivante, j’ai vraiment été émue de la solidarité entre Béatrice et sa belle-soeur qui étaient alors en froid.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

Ils sont entourés d’une bande d’amis tous bien portants mais sacrément handicapés émotionnellement : il y a Nadia, magistralement campée par Anne Marivin. Elle joue une femme totalement insécure qui étouffe Béatrice en se servant de leur malheur pour se valoriser, son mari Fabrice (Mickael Youn) est prisonnier de ses addictions à aller voir ailleurs, il y a aussi Jipé le vrai gentil de la bande un peu neuneu sur les bords, Loïc prêt de ses sous et sa femme Valérie qui va faire une belle équipe de commères avec Nadia… Seule Emmanuelle, la meilleure amie de Béatrice comprend la réalité vécue par son amie. Elle fait preuve d’un soutien sans faille et la défend bec et ongles pour raisonner les autres, les inciter à oublier leur petit ego narcissique pour entourer ce couple de l’amour dont ils méritent.

La publication du roman de Béatrice fait vaciller leur amitié car chacun est inquiet de l’image qu’il renvoie au lieu de se mettre à sa place. Elle s’est lancée dans l’entreprise de ce livre pour se consoler, c’est une forme de résilience pour encourager les familles d’handicapés qui voient leur vie basculer du jour au lendemain.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

Je reproche beaucoup aux comédies françaises de valoriser l’adultère alors que même les comédies et les séries anglo-saxonnes plus trash ne rigolent pas la-dessus. Cela me fait bondir quand des scénaristes font passer le message que l’adultère renforce le couple. C’est un mensonge, l’adultère fragilise forcément le couple, il brise la confiance en l’autre et l’estime de soi.

L’adultère est un des sujets de ce film. Pour moi, quand on épouse quelqu’un on lui accorde fidélité et exclusivité qu’il soit malade ou bien portant. Pourtant, il serait très maladroit de juger cette épouse qui fait preuve d’une grande tendresse et bienveillance envers son mari. Leur couple n’est définitivement plus le même, l’amour s’est transformé, la sexualité ne fait plus partie de leur intimité et c’est terrible à vivre. Mais rien ne justifie de cacher la vérité.

La fille de Béatrice lui fait de sacrées remontrances, assez terribles à assumer pour cette maman. Je pense que cet aspect de leur vie est beaucoup plus développé dans le roman de Barbara Halary La course de la mouette, édité par La Martinière. Elle est co-scénariste de ce film librement inspiré de sa vie.

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Ma note : 4/5 sardines

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Même si les scènes de bande dans la maison de vacances m’ont un peu lassée, elles ont permis de mettre en lumière nos petites médiocrités à tous, notre ingratitude d’être bien portants et de sortir des énormités aux amis proches qui vivent des moments difficiles à cause du handicap.

J’ai vraiment été touchée par la manière très subtile de traiter comment le handicap bouleverse la vie quotidienne des trois enfants du couple, quand leur plus grande fille doit réconforter et encourager son papa à réussir de chanter La lumière du jour de Michel Berger dans la scène finale du film.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

 

Mon crush lecture #1 : La couleur des sentiments

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Ce gros pavé de 600 pages, je l’ai lu il y a quelques années dans un train, une semaine où j’étais malade et il avait été un meilleur compagnon de convalescence que les antibiotiques. C’est ma voisine qui me l’avait prêté après que je sois allée voir l’adaptation cinématographique avec ma mère. Cela avait été un bon moment de cinéma, un feel good movie comme on les aime.

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Cette année, on honore la mémoire de Martin Luther King, tombé sous les balles racistes, il y a cinquante ans à la terrasse d’un hôtel à Memphis, Tennessee, le 4 avril 1968. Ma mère nous a parlé de lui quand nous étions enfants, mon frère et moi, et les moniteurs des colonies de vacances protestantes que j’ai fréquenté adolescente,  nous ont sensibilisé à son attachement à la non-violence tirée des Évangiles à l’image de Jésus,  mais aussi de Gandhi.

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Des années plus tard, l’Histoire m’a mis une belle claque dans la salle de cinéma où j’étais allée voir Selma en 2015, le magnifique film d’ Ava Duvernay sur le droit de vote des Noirs acquis après une bataille très éprouvante pour les droits civiques à Selma, Alabama en 1965. C’est le billet de blog qui m’a le plus plu d’écrire.

Il y a peu, j’ai lu Génération Rosa Parks, un recueil de biographies de vingt militantes non-violentes, des anonymes qu’elles soient noires ou blanches, diplômées d’université, cueilleuses de coton dans les plantations du Sud ou couturières comme Rosa Parks

Elles fréquentaient des enfants blancs pendant leur enfance ou avaient de bonnes relations avec des Blancs à l’université mais les lois Jim Crow leur interdisaient de se mêler à leurs compatriotes. Voila le vrai sens de la ségrégation raciale : empêcher toute relation amicale, professionnelle ou sentimentale d’éclore entre Blancs et Noirs.

La couleur des sentiments

Kathryn Stockett

Editions Jacqueline Chambon, 2010

528 pages

23,80 €

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Le résumé : 

Il s’agit d’un récit à trois voix : celles de Minny et Aibileen, deux bonnes noires qui s’entraident face à la ségrégation raciale qu’elles subissent depuis leur enfance à Jackson Mississippi.

Elles vont s’associer malgré elles à la troisième narratrice Eugénia dite Skeeter, une jeune blanche, héritière d’une plantation de coton. Elle dénote parmi ses amies de lycée de la bonne société Elizabeth et Hilly,  Eugénia aspire à être journaliste et elle a mal vécu le départ de sa bonne Constantine qui était un vrai repère affectif pour elle.

L’écriture d’un livre sera l’occasion pour elle de rendre hommage à toutes ces femmes et de prendre son envol : son éditrice juive à New York lui sert de mentor et la convainc avec fermeté d’écrire sur un sujet d’actualité qui intéresse vraiment les Etats-Unis au début des années 1960 : les relations humaines entre les bonnes noires et les employées blanches dans les familles des Etats du Sud.

Pourquoi c’est mon crush lecture ?

Un crush, c’est un vrai coup de cœur passionné !

Ce roman est mon crush lecture parce que le thème de l’histoire c’est l’amour que l’on porte aux autres malgré sa différence. Le titre en français : La couleur des sentiments est vraiment bien trouvé. Le livre qu’écrivent ensemble Skeeter et la douzaine de bonnes reflète autant les mauvais cotés que les bontés déployées par les Blanches qui les emploient.

On les humilie, on leur rappelle leur condition servile, on peut même les renvoyer pour un simple regard de travers et les faire bousculer dans une profonde précarité économique et sociale…. Pourtant, les enfants dont elles se sont occupés se rappellent plus facilement de leur cuisine et de leurs gestes maternels que ceux de leurs propres mères. Johnny Foote, le seul personnage masculin un peu important, retrouve ses souvenirs d’enfance avec la cuisine de Minny.

Ces bourgeoises un peu péquenots de la bonne société de Jackson sont aussi malades d’amour. Elizabeth, la patronne d’ Abileen ne sait pas comment montrer de l’amour à leur petite fille. Elle la rabroue ou la bat dès qu’elle se tache ou dit quelque chose qui n’est pas convenable comme l’a fait sa propre mère avec elle.

J’ai eu ma petite larme à l’ œil quand je lisais les passages qui montrent la complicité entre Abileen et la petite fille boulotte Mae Mobley surtout quand Abileen lui raconte ses histoires secrètes de Martien Luther King…

L’humanité dont fait preuve Minny avec sa patronne Célia qui enchaîne fausses couches sur fausses couches et qui subit le mépris social d’ Hilly et ses amies m’a aussi beaucoup marquée. Le roman creuse beaucoup plus le portrait psychologique de Célia Foote que le film qui la montre seulement comme une Marilyn écervelée, magnifiquement interprétée par Jessica Chastain.

On sait déjà où nous irons pour nos dix ans de mariage : les Etats-Unis et surement les Etats du Sud tellement authentiques dans leurs paysages, l’architecture préservée de leurs villes comme la Nouvelle Orléans, leurs modes de vie assez différents du Nord de ce pays-continent…

Kathryn Stockett a écrit une fiction mais ce roman est profondément autobiographique. Skeeter, c’est elle même. A la fin du roman, elle raconte son histoire personnelle : l’amour quasi-maternel que lui portait sa bonne Demetrie. Elle voue un amour et une fierté assez conflictuelle au Mississippi pour ses aspects un peu rustres mais elle le défend avec force face aux New-Yorkais qu’elle côtoie dans les dîners mondains.

Rappelons que le Mississippi a vu éclore le talent de grands écrivains comme William Faulkner, Mark Twain… Dans le domaine de la chanson, citons Jackson de Johnny Cash, un grand musicien country que j’ai découvert à travers le génial biopic Walk the line ou encore la magnifique chanson Georgia on my mind chantée par l’enfant du pays Ray Charles…

Si jamais l’odieux passager du vol de Ryanair qui insulte avec hargne et haine une vieille dame noire me lit, lis La force d’aimer de Martin Luther King mon vieux, ça ne te fera pas de mal.

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Grâce à ce film, j’ai découvert Octavia Spencer, mon actrice américaine favorite que j’ai retrouvé avec grand plaisir dans le film La cabane, adaptation du roman chrétien La cabane, le chemin du pardon. Ce sera mon prochain crush !

 

Nos âmes la nuit, l’intimité à l’aube de la vie

J’aime les adaptations de romans américains au cinéma. J’avais eu un vrai coup de cœur pour le roman Promenons-nous dans les bois de Bill Bryson, un road-trip de deux vieux messieurs sur un trail ardu dans un coin montagneux des Etats-Unis. J’aime beaucoup le jeu de Robert Redford et j’ai aimé son rôle de Louis dans son dernier film Nos âmes la nuit.

Je suis assez admirative du cinéma américain actuel qui place ses anciens en tête d’affiche : Robert Redford, Jane Fonda, Michael Caine et Morgan Freeman, Robert de Niro… La vieillesse est beaucoup plus caricaturée dans le cinéma français.

La vieillesse, le veuvage sont les deux thèmes majeurs de ce magnifique roman, assez court (180 pages) : Nos âmes la nuit de Kent Haruf, un auteur américain originaire du Colorado. Il est mort quelques mois avant la parution de ce livre en 2015.

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Le résumé :

Addie et Louis sont de vieux voisins dans une petite ville du Colorado. Un soir, Addie vient toquer à la porte de Louis avec une demande inédite et osée : accepterait-il de venir la nuit dormir avec pour affronter la solitude de la nuit à l’aube de leur vie?. C’est l’histoire d’une profonde complicité amicale et sentimentale qui se construit sous les yeux de leurs enfants adultes mais aussi de cette petite ville cancanière.

Mon avis :

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre et le style de son auteur que je ne connaissais pas du tout. Il a su saisir la réalité sociologique de ces retraités.

Au début de leur arrangement peu commun, ils sont un peu empruntés. Partager sa chambre, dormir ensemble est beaucoup plus intimidant et intime que d’avoir une relation sexuelle avec un inconnu.

C’est tellement évident que de nombreux sociologues et anthropologues ont étudié la question. Histoires de chambres de Michelle Perrot étudie cet espace très particulier  mais surtout Jean-Claude Kauffmann avec ses ouvrages Le lit, tendre guerre et Premier matin, la construction d’une histoire d’amour.

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Rien n’est plus intimidant de se réveiller ensemble, se chuchoter des confidences dans le noir et pourtant c’est comme ça que ces deux retraités vont se soutenir mutuellement dans leurs relations avec leurs enfants, leur estime de soi par rapport à leurs mariages révolus.

Ils sont un peu rouillés les premiers jours  avec un enfant rivé à son écran. Ils prendront soin de lui pendant quelques mois. Ils vont donner tout simplement de l’amour à Jamie, le petit-fils d’Addie que son père lui a confié parce que rien n’allait plus avec la maman du petit garçon.

Le Guardian dit de ce livre : « Nombre de romans évoquent la quête de l’amour mais celui-ci est illuminé par sa présence ».

Ce livre montre les remarques narquoises des autres habitants de la ville qui indignent leurs enfants et les incitent à faire la leçon à leurs parents au nom du qu’en dira t’on?. La sexualité des veufs est taboue, ce livre le prouve.

Peut-on recommencer à aimer quand on est veuf?. Faut-il qu’ Addie et Louis endurent seuls leur solitude parce que la personne à qui ils ont juré fidélité toute une vie est décédée?. Le lecteur est alors témoin de leur souffrance quand on essaie  de les séparer à la fin du roman.

« Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien  » écrit l’apôtre Paul dans l’épître aux Corinthiens.

Ma note :

5/5 sardines

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Je vous recommande ce livre qui raconte plusieurs solitudes : celle d’ Addie, de Louis, celle du petit-fils tiraillé entre ses parents qui l’ont laissé chez sa grand-mère, celle de la petite chienne recueillie par l’enfant, celle de la vieille dame sans famille Ruth… et comment ces gens s’entraident par amour, sans avoir de liens familiaux particuliers.

C’est un magnifique livre sur l’engagement amoureux.

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