Se régaler avec un bon roman graphique : Les deux pieds en Afrique.

Depuis cet été, j’ai changé de travail (et de quartier de travail aussi).

Je ne suis plus libraire mais j’occupe un emploi plus administratif mais toujours commercial dans le domaine du livre. Au sein des éditions Biblio, je me charge d’assurer la bonne distribution de nos nouveautés et du fonds en France et à l’étranger.

Ainsi, je suis allée visiter début septembre les entrepôts MDS à Dourdan, distributeur du livre majeur en France et en Belgique. Ce sont eux qui distribuent les éditeurs historiques de BD comme Dupuis… J’en profite ici pour vous dire que cette entreprise cherche quarante caristes pour surcroit d’activité. Depuis les confinements, les gens lisent et achètent plus de livres et je m’en réjouis !

Ce mois-ci, j’ai eu un coup de cœur pour l’une de nos nouveautés. Cela s’appelle Les deux pieds en Afrique écrit par Maya et Manior, deux missionnaires chrétiens au service du Défap au Cameroun pendant un an.

Il s’agit d’un roman graphique totalement polymorphe. Il mêle autobiographie, bande dessiné et reportage photographique d’une expérience personnelle vécue en couple.

Le narrateur est Manior, un « blanc » d’une trentaine d’années, sans enfants à l’époque. Il a passé une année de volontariat pour le Défap afin d’aider des églises au Cameroun dans leur stratégie de communication, comme c’est son métier.

Dessins de Manior- Les deux pieds en Afrique, éditions Scriptura

Ce journal de bord en 365 jours se déroule pendant l’année 2014/2015 durant le mandat de François Hollande, qui vient en visite officielle à Yaoundé pendant son année de volontariat. Manior parle avec beaucoup d’humour des pincettes que l’on doit prendre quand on vit dans une république bananière en Afrique.

Les allusions au président Paul Biya sont assez comiques. On ressent alors le décalage avec la France où l’on ne se prive pas de critiquer sans crainte les personnalités politiques du pays.

Les deux pieds en Afrique n’est pas une BD particulièrement engagée politiquement, elle raconte le quotidien d’un missionnaire blanc du 21eme siècle. Il ne fait pas des campagnes d’évangélisation dans les villages reculés à tour de bras, il aide les églises à communiquer sur Internet.

Un roman graphique c’est quoi?

Un roman graphique, c’est une bande dessinée plus longue et ambitieuse qu’un album BD standard de 46 pages. La plupart du temps, le roman graphique s’adresse plus à un lectorat adulte.

J’ai bien envie dans un prochain article de vous dresser la liste de mes romans graphiques favoris. Il faut dire que je me régale vraiment à les lire car ils allient littérature et dessin sur trois cents pages. Sachez que la BD est en train de supplanter la littérature dans les genres de lecture les plus lus.

Le retour à la terre de Larcenet et Ferri, une référence assumée par l’auteur

Très rapidement, la comparaison avec ma série fétiche Le retour à la terre m’a vite sautée aux yeux. Ce n’est pas un roman graphique mais bien un album de BD traditionnel. Il raconte autobiographiquement le quotidien néorural de l’auteur et de sa femme avec l’arrivée de leur premier enfant.

La dame africaine du marché de Yaoundé ou Mme Mortemont aux Ravenelles manquent toutes les deux de filtre dans leurs conversations, que ce soit en Afrique ou dans les campagnes françaises, l’étranger suscite toujours incompréhensions et situations cocasses qui donnent toujours matière à une BD de qualité.

Même sans être tenté par une expérience humanitaire en Afrique (c’est mon cas), ce roman graphique apporte un très bon moment de lecture. J’ai appris de nombreuses choses sur les réalités en Afrique qui m’ont donné matière à réflexion : les difficultés de connexion à Internet, l’eau potable qui est toujours une denrée rare pour eux ou encore l’état des routes très dangereuses…

Cette lecture m’a bien aidée à relativiser quand je râle après le RER B le matin…

Je vous recommande donc ce roman graphique passionnant qui comprend aussi une partie documentaire avec un très beau travail d’édition pour mettre en valeur cette aventure humaine unique dans une vie.

Retrouvez ici mes articles qui chroniquent des romans graphiques :

Le monde au balcon, garder mémoire du confinement 2020 dans sa bibliothèque

-La série Rendez vous dans la forêt d‘Alain Auderset pour entretenir une relation privilégiée avec Dieu

-Le retour aux Ravenelles : ma passion pour Le retour à la terre de Larcenet et Ferry.

Comment le marketing a failli me faire passer à coté d’une très bonne lecture : moi aussi j’ai aimé Le jeu de la dame

Copyright Netflix

En mars 2020, confinement mondiale, une série Netflix crève l’écran : Le jeu de la dame, adaptation du roman de Walter Tevis, paru en 1983 .

Deux amies qui partagent mes gouts en matière de séries Netflix un peu guimauve, me recommandent de regarder Le jeu de la dame. Je traine des pieds car je trouve le personnage principal trop névrosé et le contexte général ne m’encourage guère à regarder une série sur les addictions.

Cet été 2021, je pars en Bulgarie et je retrouve le livre sur toutes les tables des librairies de Bourgas, ou dans une vitrine de la rue Soufflot à Paris. Le trouver à la médiathèque de ma ville finit de me convaincre de le lire.

Mais voilà, je m’ennuie énormément les cent premières pages et j’hésite vraiment à laisser tomber ce roman alors qu’une bonne lecture pour moi, cela ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval.

Copyright Netflix

Je suis très difficile en manière de littérature, voire franchement têtue. Alors je vous donne un conseil complètement barjo pour éviter un abandon de lecture : n’hésitez pas à sauter cent pages d’un livre, quitte à les lire plus tard. Si vous êtes capables de prendre une série en cours de route et de raccrocher les wagons, alors lancez-vous !

Le résumé

Beth Harmon est une jeune orpheline qui vit son enfance dans un orphelinat de l’Amérique profonde dans les années 1950. Son quotidien s’illumine grâce à l’employé des services généraux du lieu qui lui apprend les échecs. Une famille dysfonctionnelle décide de l’adopter, provoquant la jalousie de sa camarade de chambrée, Jolene, une jeune afro-américaine aussi déroutante qu’attachante.

Rapidement, seule la mère adoptive de Beth s’intéressera à elle. Ainsi Beth et Alma vont rapidement parcourir le pays au gré des tournois d’échecs. Les chambres d’hôtel avec mini-bar et razzias dans les pharmacies locales deviendront leur quotidien.

Car Beth n’est pas qu’une petite prodige aux échecs, elle est aussi totalement accro aux petites pilules vertes données dès son plus jeune âge à l’orphelinat. Cette addiction a une incidence directe sur son psychisme et ses fortes émotions quand elle pratique ce sport intellectuel et psychologique…

Mon avis :

J’ai énormément aimé ce roman car c’est un portrait psychologique d’une rare qualité. Il décrit la descente aux enfers d’une jeune femme qui a tout pour réussir. Elle fait la une des journaux pour son talent, signe des autographes, et se vautre chez elle dans l’auto destruction. J’ai vu la mini-série après avoir lu le livre.

La manière dont l’auteur raconte son mal-être est vraiment talentueuse. Il faut aussi vous expliquer que ce roman a une part largement autobiographique car Walter Tevis, joueur d’échecs amateur, a beaucoup souffert de son addiction à l’alcool. Cela lui a même couté la vie et il n’a pas pu publié d’autres romans après celui-ci. Grâce à ce livre, j’ai appris à mieux comprendre la douleur morale que vivent les alcooliques.

Beth Harmon est un personnage de fiction mais les joueurs d’échecs qu’elle rencontre en compétition sont des champions qui ont marqué l’Histoire. Notamment, une joueuse géorgienne Nona Gaprin-Dachvili, qui accuse Netflix de l’avoir mise au placard.

Le sujet du Jeu de la dame, ce n’est ni la guerre froide, ni le sexisme, ni même les échecs même si on en parle beaucoup. Ce roman traite avec beaucoup de subtilité la détresse psychologique que vit une jeune orpheline, prodige des échecs malgré sa réussite professionnelle et sociale.

Au fil des 400 pages du roman (je n’aime que les gros pavés en littérature), on voit cette jeune fille gagner des trophées, bien garnir son compte en banque et améliorer son style vestimentaire et esthétique, vitesse grand V. Il faut dire que sa coupe de cheveux dans le genre épouvantail et ses socquettes blanches lui donne un drôle d’air tout au long de son adolescence. Ce roman montre comment son talent l’aide à évoluer, se faire des amis alors qu’elle est très solitaire.

Copyright Netflix

J’ai été émue par les passages où elle retrouve Jolene et comment son amie l’aide à sortir de ce naufrage émotionnel. On devine facilement que Beth a besoin de se sentir aimée et étreinte physiquement comme une petite fille qu’elle était et qui a eu des sacrées carences affectives. Sa relation aux hommes est très problématique mais elle va trouver une issue plus heureuse du côté de l’amitié et de la camaraderie masculine.

Ce livre m’a immédiatement fait penser à La fenêtre panoramique de Richard Yates, un roman lui aussi adapté au cinéma avec Léo di Caprio et Kate Winslet. Comme quoi, l’American way of life est un champ de ronces qui cache bien des névroses.

C’est d’ailleurs, ce qui est montré sur la couverture du livre et sur un compte Instagram génial d’une illustratrice (_annateur) inspirée par la mini-série : le poids de l’alcool et les fameuses pilules sur l’échiquier.

Je vais rompre pour une fois avec l’habitude de ce blog de mettre des sardines pour noter ce livre. J’ai vraiment aimé cette lecture pour sa profondeur psychologique mais les tourments décrient dans ce livre me laissent un goût aussi amer dans la bouche qu’un cachet avalé de travers et sans eau.

Finalement, j’ai lu les cent premières pages qu’il me manquait et j’ai ressenti un effroi bien désagréable de lire comment cette petite fille a été mise à la drogue par son orphelinat. Ils leur distribuaient des tranquillisants pour les rendre plus dociles.

La lecture de ce roman a été l’occasion idéale une discussion fort intéressante avec le grand-père bulgare de mon mari. Il m’a expliqué que c’était moins le cas maintenant, mais que dans les années 1950, les hommes bulgares d’un certain âge jouaient aussi beaucoup aux échecs dans le jardin maritime de Bourgas.

Pourquoi le peuple russe a autant pris les échecs au sérieux au 20eme siècle ?

Il semblerait que la réponse soit toute simple : à partir de 1917 et l’instauration du régime communiste, le peuple a été encouragé à jouer aux échecs partout. Que ce soit à la maison, à l’école, à l’usine avec une passion grandissante pour ce sport intellectuel. Le bloc communiste était connu pour sa discipline de fer , tutoyer la perfection avec élitisme dans la conquête de l’espace, les sports comme la natation, la gymnastique ou encore les échecs…

Les scènes où Beth Harmon se rend incognito dans les parcs de Moscou pour rencontrer des joueurs d’échecs du dimanche sont vraiment d’une grande émotion. Cette jeune fille vient d’un orphelinat et elle a trouvé en Russie les accolades des joueurs d’échecs russes. Dans le roman Le jeu de la dame, les hommes russes semblent beaucoup chaleureux que les Américains froids et austères.

Dans le domaine des adaptations littéraires au cinéma, c’est désormais Netflix le maître du jeu. La série Lupin a relancé de manière fulgurante l’intérêt des jeunes pour l’œuvre de Maurice Leblanc et il est évident que je n’aurai jamais trouvé seule cet auteur sans Netflix.

Le risque est que les romans initiaux deviennent des produits dérivés des séries télévisées. Dans un tout autre genre, je vous parlerai de ma passion inexpliquée pour Downton Abbey et les livres que j’ai lu autour de cette fresque historique.

Retrouvez ici mes précédentes chroniques de mes coups de cœur séries et adaptations littéraires.

-Pourquoi le livre Appelez la sage-femme m’a tant émue

Lupin, hommage à la beauté du patrimoine français et à la police nationale

Ces célébrités bulgares qui rayonnent en France !

L’œuvre de Christo et Jeanne-Claude est à l’honneur dans les médias avec l’emballage de l’Arc de triomphe en haut des Champs-Elysées.

Cela m’a paru évident d’écrire un article sur ces personnalités bulgares qui rayonnent dans le monde entier !

Christo, le nouveau réaliste qui a fui la dictature communiste en 1956

Christo est décédé en 2020 et n’a pas pu voir de son vivant la réalisation de ce projet qui lui tenait à cœur depuis les années 1970. C’est l’occasion de mettre un coup de projecteur sur ce couple d’artistes mondialement connu en particulier aux Etats-Unis.

Christo est un artiste bulgare qui a fui la dictature communiste en Bulgarie en 1956. Il faut dire qu’il fut un artiste engagé qui se servit de son art pour dénoncer les excès du système. Son père était un farouche opposant au régime. Ce n’était pas la joie dans l’enfance de Christo et il est indéniable que cette blessure s’est ressentie dans son art.

Crédit photo : Christo and Jeanne-Claude Foundation

Il arrive en France dans les années 1960 et rejoint le groupe des Nouveaux réalistes, il rencontre Jeanne-Claude, une héritière de la grande bourgeoisie française qui deviendra sa coéquipière artistique durant toute leur vie.

Pionniers du land art, ils ont réalisé des œuvres gigantesques dans le monde entier notamment l’emballage du Pont-Neuf en 1985, ou encore celui de grandes institutions politiques à Bern en Suisse ou à Berlin en Allemagne.

Une grande rétrospective leur fut consacrée au Centre Pompidou en 2020.

S’il fallait citer le personnage bulgare le plus célèbre au monde, je citerai d’emblée Christo. Mais j’ai voulu avec cet article présenter d’autres Bulgares célèbres dans le milieu du sport, de la danse, de la chanson mais aussi la cuisine et les sciences !

Des étoiles montantes dans le domaine du sport, de la danse et de la chanson

Quand je donne mon nom de famille dans les magasins, il m’arrive qu’on me demande si Grigor Dimitrov est de ma famille. Hélas non, Dimitrov est un nom très répandu en France comme Martin ou Dupont. Grigor est un jeune prodige du tennis mondial. Il est entré dans l’histoire de son pays comme étant le premier Bulgare à gagner un tournoi ATP.

Dans un autre sport, j’apprécie aussi Denitsa Ikonomova, une danseuse professionnelle qui est devenue jurée de l’émission Danse avec les stars.

Dans le domaine de la chanson, on connait bien sûr Sylvie Vartan mais elle a grandi en France car ses parents ont fui rapidement la Bulgarie communiste dans sa petite enfance. Mais, j’ai aussi découvert un chœur féminin de voix bulgares qui accompagnait Vianney et Maître Gims lors de la finale de The voice en 2018. Elles donnaient un concert l’an dernier dans l’église Saint Louis en l’île.

Enfin, l’an dernière, une bannière Google a suscité toute mon attention. Elle rendait hommage à Stamen Grigorov, l’inventeur du fameux yaourt bulgare. C’est lui, le célèbre biologiste qui a découvert que les Balkans avec leurs températures, favorisaient la culture de bactéries pour fabriquer des yaourts. Il contribua aussi à l’invention du vaccin contre la tuberculose des Français Calmette et Guérin.

Copyright Google

Je vous invite à lire mes précédents articles consacrés à la Bulgarie, mon pays par alliance.

-L’automne en Bulgarie

-Les différences de standard entre France et Bulgarie

Grâce à mon beau-frère, j’ai découvert un super compte Instagram que j’avais envie de vous partager ici !

credit to “Bulgarian.daze” on Instagram.

L’entrée à l’école, un rite de passage… pour les parents

Cette semaine, ma petite biche a vécu sa première rentrée des classes chez les tout-petits de deux ans et demie.

Pas de larmes à l’oeil ni pour elle, ni pour nous tellement nous étions préparés à ce grand événement que nous attendions avec impatience depuis le mois d’avril dernier. Je me rappelle que ma fille et moi avons sauté de joie quand la directrice de l’école nous a annoncé qu’une place était prévue pour nous. Ce sont des conditions privilégiées puisque cette classe compte douze élèves.

Quelques conseils pratiques pour se préparer à l’entrée à l’école durant l’été.

Les petits documentaires Kididoc de Nathan empruntés à la médiathèque nous ont bien servi cet été pour l’apprentissage de la propreté et se familiariser avec l’école. Le fait que notre petite fille aille chercher une grande fille avec sa nounou à la sortie des classes l’a aussi bien aidée à aimer l’école !

Depuis quinze jours, je vis ainsi cette première rentrée par procuration : la première journée au centre de loisirs, la première sieste à l’école et le début des repas à la cantine. Demain, j’assisterai à une réunion parents-professeurs en tant que maman…

Nous sommes vraiment contents car la maîtresse publie chaque jour des photos de leur journée dans un blog sur le site privatisé Toutemonannée. On y voit la vie en classe avec les ateliers peinture, lecture et surtout motricité. Je n’ai pas pleuré le jour de la rentrée mais je suis un peu émue les soirs en attendant de nouvelles photos avec impatience…

Depuis plus de deux ans, je vis une aventure humaine et familiale extraordinaire avec l’arrivée de notre premier enfant. Alors voici quelques uns des meilleurs articles de mon blog qui parle de parentalité d’un point de vue personnel.

Je vous recommande le blog Fabuleuses au foyer pour vivre pleinement parents imparfaits et heureux en se débarrassant pour de bon du perfectionnisme toxique.

Une virée en famille à la Cité des sciences pour sa réouverture

-La chanson à transmettre à ma fille : Une chanson douce d’Henri Salvador

Photo by Brina Blum on Unsplash

Pourquoi le livre Appelez la sage-femme m’a tant émue

J’ai eu beaucoup de mal à écrire cette chronique car la lecture de ce gros pavé est mon coup de cœur littéraire de ce printemps et je ne savais pas par où commencer. Les situations de vie de ces femmes issues des quartiers très populaires en plein baby-boom m’ont émue mais aussi révoltée.

J’ai tout de suite pensé à mon arrière-tante Julienne qui a accouché de son premier enfant sur les routes de l’exode, sous les bombardements, en Touraine en juin 1940. D’ailleurs, la mère supérieure du couvent de Nonnatus house si gentille et aimante s’appelle Sister Julienne….

J’ai découvert la série Netflix Call the midwife pendant ma grossesse et elle m’a aidée à dompter ma peur de l’accouchement : je savais comment cela se déroulait et j’avais compris le vocabulaire de gynécologie : le placenta, les forceps, naitre par le siège…

Cette série adaptée de l’autobiographie de Jennifer Worth, une sage-femme du Londres populeux des années 1950 est un formidable document historique et sociologique.

A chaque épisode, il se déroule un accouchement dans des conditions différentes les unes des autres : une fille-mère qui se retrouve sur le trottoir, une femme âgée qui a peur de mourir en couches, une patiente atteinte de syphillis….

Ce livre raconte les évolutions des pratiques obstétriques pour calmer la douleur des femmes enceintes : l’accouchement à la maison mais l’arrivée du gaz hilarant, de la péridurale…

On est bien loin de Downton Abbey et de Buckingham palace quand elle raconte les conditions de vie de ses accouchées : pas d’accès à l’eau potable donc des conditions d’hygiène déplorables, un surpeuplement de logements sociaux délabrés à cause du baby boom d’après guerre, des sales types qui les cognent ou qui les mettent sur le trottoir, la syphillis qui rôde…

Copyright Neal Street Productions

Quel livre ! La série Netflix est fidèle aux mémoires de cette ancienne infirmière des hôpitaux de Londres, qui a aussi vécu à Paris. Elle a trouvé la foi au contact des sœurs qui l’emploient comme sage-femme dans ce couvent de l’East end.

J’aime ce livre car il rend hommage au dévouement de ces sœurs qui ne jugent pas ces femmes et qui leur témoignent de l’amour du prochain malgré la crasse, la grossièreté et la pauvreté.

Jennifer Worth glorifie aussi la gentillesse des cockneys qui sont reconnaissants du travail des sages-femmes et des soeurs dans leur quartier.

Ce livre est un excellent document sociologique qui étudie les Anglais les plus modestes avec vérité et empathie. Il raconte les blagues « pipi-caca » de Soeur Angelica qui est d’origine cockney et qui comprend très bien leur quotidien. Ils partagent des wc pour tout l’immeuble alors les histoires de constipation et de courante sont …. monnaie courante.

J’ai aimé que les chapitres de ce livre portent les noms des personnes que Jenny a rencontré et apprécié : Fred, Chummy, Sister Monica Joan…

Chummy, une des consœurs de Jenny vient d’une famille aristocrate et va nouer une profonde amitié avec un petit dur de Poplar. Il va lui apprendre à faire du vélo, apprentissage indispensable pour exercer le métier de sage-femme de jour comme de nuit.

Les sœurs du couvent vont lui offrir son propre vélo pour le récompenser de son dévouement. Grâce à ce cadeau, cet enfant sortira de son milieu social et deviendra le bodyguard de Lady Diana, trente ans plus tard.

Je vous invite donc à regarder cette série formidable qui parle de la foi et de la naissance avec humanité et qui donne à réfléchir. Il est vrai qu’elle s’adresse à un public très majoritairement féminin. Mais elle peut aider de futurs parents à vaincre leur peur de l’accouchement à l’instar d’une émission de télé réalité bien faite : Baby boom.

Copyright Neal Street Productions

Retrouvez ici mes meilleurs articles sur l’Angleterre et sa culture : littérature, cinéma et tourisme !

– Un guide touristique en dehors des sentiers battus pour découvrir Londres, éditions Les Arènes.

– Un roman aussi dépaysant qu’un trajet en Eurostar : La dernière conquête du major Pettigrew.

– Au bout de trois saisons de The crown, on se connait mieux avec Elisabeth II

Léna situations, cinéaste du quotidien sur Youtube

J’ai découvert Léna en parcourant le classement du top des ventes Livres Hebdo : elle a vendu plus de 400 000 exemplaires de son premier livre Toujours plus +=+, édité par Robert Laffont.

Léna Situations est l’une des youtubeuses les plus connues de France, ambassadrice d’Adidas cet été sur des panneaux publicitaires king size. Avec ce livre de développement personnel pour les lecteurs de sa communauté issue de la génération millenial, elle a vendu plus de livres que Barack Obama avec ses mémoires !

Je n’ai pas encore lu son livre parce que le développement personnel ce n’est pas ma priorité à lire mais je suis devenue accro à ses vlogs depuis ce printemps. Elle réussit l’exploit de ne jamais m’ennuyer chaque dimanche soir avec un vlog d’une vingtaine de minutes où elle raconte ses moments de vie avec des ingrédients marquants : authenticité et proximité.

Elle se livre à sa communauté avec intelligence et recul. Léna est une vieille routarde du web, elle a appris à se protéger des critiques toxiques gratuites et de mettre en lumière ces comportements malsains pour mieux les contrer.

Sur sa chaîne You tube qui compte plus d’1,6 millions d’abonnés (dont moi), elle parle avec bienveillance d’estime de soi et de charge mentale à ses followers. Ils ont entre dix et trente ans, j’imagine et je trouve qu’elle apporte un bon état d’esprit avec ses moments heureux avec ses copains. Elle parle aussi de ses crises d’angoisse et du syndrome de l’imposteur qu’elle peut parfois ressentir.

Léna est une jeune vidéaste du web qui réussit sa carrière et qui montre à d’autres jeunes que c’est possible de réussir en France quand on travaille très dur. C’est une incroyable bosseuse qui emporte partout son ordinateur pour monter au moins quatre heures au quotidien.

Les ados qui m’entourent et qui regardent ses vidéos disent que Léna qu’elle est très forte dans ses montages, c’est plus ce professionnalisme qui ressort que ses vannes ou son maquillage. Quand elle filme Paris avec de chouettes habillages musicaux, des cadrages et des moments de vie tout simples, cela me fait penser au cinéma de Cédric Klapisch dans son dernier film Deux moi qui m’a tellement plu que je l’ai chroniqué dans ce blog !

Donc, cet été j’ai passé mon mois d’août à regarder chaque soir les vlogs de Léna depuis la Bulgarie. Certains soirs, ses vidéos m’ont plus divertie que d’autres, mais dans l’ensemble, j’ai bien aimé cette saison 5. J’ai compris la référence du générique à la série Une nounou d’enfer le dernier jour du mois et j’ai bien aimé la joie d’enfant de Léna et ses copains Marcus, Solène et compagnie quand ils se mettent à jouer à SOS ouistiti.

Enfin, grâce à Léna Situations, j’ai découvert son père Papa situations qui est mis en avant dans les vlogs et leur complicité fait plaisir à voir. Il soutient beaucoup sa fille dans son aventure professionnelle. Pendant les vacances de Léna à Ibiza, on voit aussi le père de Big Flo et Oli, Fabian Ordonez qui joue de la guitare.

Cela fait plaisir à voir ces jeunes qui réussissent dans la musique, les vidéos Youtube. Ils donnent espoir pour toute une génération, Léna incite toute une nouvelle communauté de lecteurs à se rendre en librairies alors qu’on prétend que les jeunes ne lisent plus.

Je suis assez atterrée par tous ces rageux, Frédéric Beigbeder en tête qui méprisent les youtubeurs comme Léna alors que ce sont les nouvelles classes laborieuses du numérique. Tant mieux pour elle si elle gagne bien sa vie, elle travaille dur pour maintenir et enrichir sa carrière.

Youtube est devenu pour beaucoup d’entre nous notre poste de télévision le dimanche soir. Je suis curieuse de suivre la suite de la carrière de Léna. Est-ce qu’elle va se lasser des vlogs par la suite?

Je suis en train de lire un super dossier de Livres hebdo sur les nouveaux libraires ou critiques littéraires 2.0. Quand je vois l’évolution des métiers du livre, les mépriser ou les dénigrer est vraiment aussi idiot que se tirer une balle dans le pied.

Retrouvez ici mes derniers articles parus sur le blog :

-Profiter au maximum de ses vacances : les différences de standard entre France et Bulgarie

-Sur les pas de Klimt en Europe centrale

Profiter au maximum de ses vacances grâce aux différences de standards : Bulgarie saison 9

C’est récurrent dans ce blog : en août, il se cale à l’heure bulgare, patrie de mon cher époux. C’est la 9eme année consécutive que je l’accompagne en vacances dans son pays.

J’ai besoin de cette pause estivale, partir en vacances à l’étranger pour mieux retrouver mon pays à la rentrée. J’aime partir dans ce pays d’Europe en particulier car nous sommes attendus par notre famille et nos amis qui nous aiment.

Pays membre de l’Union européenne depuis 2007, il est prévu que la Bulgarie entre dans la zone euro dans deux ans : adieu la lev !

Cette année, j’ai été bien agacée par les hausses de prix injustifiées pour tout et pour rien en France (3€ en moyenne le moindre soda vendu à emporter en boulangeries ou en gares). Alors pour l’été , nous avons voulu donner du lest à notre porte-monnaie de petits écureuils épargnants en nous faisant plaisir à travers nos loisirs.

Rien de bien fou-fou mais sacrément agréable de profiter un peu de la vie après ces mois de demi-confinement cet hiver. Standard de vie, le mot est moche mais il veut tout dire. En Bulgarie, un euro équivaut à deux levas. Nous avons bien profité des transats au bord d’une piscine d’hôtel : 8€ pour deux pour la journée, 0,40 centimes d’euros pour boire une boisson gazeuse bien chimique à la violette ou à la cerise dans le jardin maritime de Bourgas.

A Sozopol, on profite pleinement des bouées et des bananes tirées par un jet-ski pour 5€ pendant 25 minutes alors que ça coute en moyenne 25 euros en France.

Je vous recommande à Bourgas la chaîne de restaurants Happy si vous voulez manger plus mainstream que la cuisine locale : shopska salad, tarator et banitsa… Ils proposent des burgers, des tacos et de très bons sushis au fromage Philadelphia. Nous avons très bien mangé pour 30 euros à deux, le restaurant est spacieux et le personnel très agréable. Nous avons testé le restaurant à coté du jardin maritime.

Pour le petit-déjeuner, sachez que les Bulgares mangent salé. J’aime beaucoup les banitsas, ces feuilletés avec de la feta locale : le sirene très salé, à midi après la plage. Mais au bout d’une dizaine de jours, l’appel du croissant le matin se fait entendre.

L’hospitalité aux touristes est le grand atout de la Bulgarie. Leurs voisins roumains en vacances en Bulgarie le reconnaissent volontiers même s’ils se chambrent comme les Français et les Belges ici. A Sofia en allant prendre l’avion, nous avons dormi dans des chambres très confortables avec grand lit et salle de bain king size, piscine extérieure pour 40 euros la nuit.

Après avoir réussi à éviter les hôtels premier prix pendant une dizaine d’années, dur fut notre retour en France. Dormir à trois personnes dont une petite fille dans 10 mètres carrés, salle de bain comprise pour 40€ me vaccine des hôtels français en général. C’est souvent rat pour le rapport qualité/ prix des prestations. Heureusement, le petit déjeuner était compris et nous avons été accueillis par un personnel aimable et accueillant.

Il faut dire que le réveil fut tonitruant puisque nous avons été réveillés par une alarme incendie à six heures du matin. En partant pour la gare SNCF de Beauvais, nous avons rencontré à l’arrêt de bus trois jeunes baroudeurs français qui partaient sur la côte Noire bulgare !

Sozopol, Bamboo beach. A éviter si vous n’aimez pas la musique d’ambiance assourdissante. On s’est vite barrés !

Voila, mes impressions sur l’été 2021. La pandémie ne nous aura pas empêché de partir en voyage voir notre famille. J’adresse toute ma reconnaissance au personnel de laboratoire qui a fournit un sacré effort pendant tout l’été pour nous fournir nos fameux tests PCR en un temps record.

Nous avons fait escale à Beauvais entre la gare SNCF et l’aéroport le temps d’un après-midi. Présenter un test PCR en terrasse pour boire un verre fut une expérience un peu étrange et déroutante. Puis, le soleil et la plage en Bulgarie nous ont aidé à tout oublier pour profiter un maximum.

Cette année, notre petite fille était débarrassée de ses douleurs dentaires la nuit et a bien mieux supporté les voyages en voiture. Ce fut donc beaucoup plus ressourçant pour nous. Je me suis découvert une véritable passion pour les étiquettes alimentaires et de boissons, tellement révélatrices de nos manières de vivre, de nos identités culturelles, des documents d’anthropologie….

Sur les traces de Klimt en Europe centrale

Cet été, j’ai revu avec émotion le film La femme au tableau. C’est une histoire vraie, le combat juridique de Maria Altmann, la nièce d’Adèle Bloch-Bauer, l’une des muses de Gustave Klimt.

Considérée comme la Joconde en Autriche, ses portraits ont été spoliés par les nazis lors de l’annexion de l’Autriche à l’Allemagne en 1938.

Pendant mes études d’histoire de l’art à l’Ecole du Louvre, la restitution des œuvres d’art spoliées aux familles juives m’a passionnée notamment à travers les BD ou le film Monuments men qui racontent le travail remarquable de Rose Valland, conservatrice du musée de Jeu de Paume à Paris.

La chronique de ce film est l’un de mes meilleurs articles : Elle s’appelait Adèle Bloch-Bauer, la Joconde autrichienne était juive… et aussi le plus lu depuis plus de six ans maintenant.

Deux étudiantes en histoire de l’art m’ont fait l’honneur de le citer dans leur mémoire universitaire et j’ai depuis chroniqué le roman de Valérie Trierweiler : Le secret d’Adèle.

Depuis, j’ai lu et offert à ma mère (c’est elle qui m’a fait connaître Klimt quand j’étais enfant) sa formidable biographie, écrite par Serge Sanchez et publiée par Gallimard. Hormis des monographies illustrées, il y a peu d’essais et de biographies sur cet artiste majeur de la Sécession viennoise.

J’ai aussi compris que le riche mécène qui a acheté le portrait d’Adèle à Maria Altmann, une fois son procès contre l’Etat autrichien remporté et ses tableaux restitués, était Ronald Lauder.

C’est le fils d’Estée Lauder, femme d’affaires juive et concurrente historique d’Helena Rubinstein dont j’ai lu la biographie écrite par Michèle Fitoussi, chroniquée ici.

Ce film est aussi un ambassadeur de la beauté architecturale et de la richesse culturelle de Vienne, une des villes les plus chères d’Europe. Les scènes de danse du mariage de Maria sont vraiment très réussies pour montrer l’émulation artistique de la Mitteleuropa dans le domaine littéraire, philosophique, artistique…, un âge d’or brusquement interrompu par la Shoah et le rideau de fer après guerre.

La Sécession viennoise autour des années 1900 est vraiment emblématique de cet âge d’or. L’Art nouveau s’est diffusé partout en Europe occidentale : à Paris avec Guimard, en Belgique avec Horta, à Barcelone avec Gaudi…

J’ai découvert des trésors d’architecture à Budapest grâce au blog Merci pour le chocolat et ses carnets de voyages géniaux. J’ai bien envie d’écrire un prochain article sur l’Art Nouveau en Europe mais ça sera complexe à résumer.

Grâce à mon mari qui vient des Balkans, je suis devenue un peu plus érudite car j’étais un peu extrême. Je pensais qu’il y avait l’Europe de l’est et celle de l’Ouest point barre. Alors que l’Europe centrale a des caractéristiques culturelles et géographiques bien spécifiques qu’il me tarde de découvrir.

J’ai vraiment aimé notre voyage à Budapest en mai 2017 et ce film m’a donné envie de découvrir Vienne et Prague. J’ai même trouvé une étiquette de bière en Bulgarie avec l’architecture des toits de Prague. Donc, je fais le projet d’un beau voyage en famille à Prague en 2022.

Un super marque-page réalisé par Ma Pu Picchu

J’espère que cet article fort décousu vous donnera envie de lire la biographie de Klimt, de vous intéresser à l’Europe centrale et surtout de voir un très bon film La femme au tableau avec Helen Mirren et Ryan Reynolds. Moi j’ai envie d’aller découvrir les cafés et les pâtisseries de Vienne très bientôt.

Retrouvez-ici mes articles sur l’histoire de l’art en général et mes meilleurs carnets urbains !

Budapest, la perle du Danube

La splendeur des de Brunhoff, une famille emblématique du 20eme siècle

Le canal de Suez, un espace cosmopolite qui a inspiré les arts depuis les pharaons égyptiens dans l’Antiquité.

Quand le tourisme atteint ses limites

Ca y est ! Les vacances sont là, les valises sont sorties ! La Bulgarie nous attend lundi soir ! Je les savoure d’autant plus que le mois de juillet a été très intense pour moi !

J’ai changé de boulot au pied levé et je m’attendais à profiter du 14 juillet en terrasse, de matins ensoleillés pour aller travailler. C’était plutôt la fête à la grenouille !

Nous avons voulu anticiper les vacances avec un chouette week-end de détente chez mon amie Véronique (merci, merci et merci !) qui a une superbe maison de pécheurs dans les environs de Fécamp. La Seine Maritime, c’est ma passion depuis l’enfance.

J’aime l’architecture des églises de villages, les maisons en brique et en silex, les fermes avec les fameuses vaches noires et blanches, la cuisine au beurre, les falaises… De loin, l’endroit que je préfère en France après Paris…

Mes grands-parents avaient une superbe maison en colombages noirs et blancs avec cascade, île et rivière à proximité de Criel sur mer, une plage de galets un peu anonyme mais inoubliable pour moi. J’ai retrouvé des endroits familiers dans le superbe livre de photographies de Raymond Depardon sur sa France périphérique aux éditions du Seuil.

La France de Depardon, éditions du Seuil

Ce qui est bien avec les plages de galets, c’est qu’il n’y a personne ou presque ! J’ai beaucoup de mal avec les plages de sable bondées du Sud de la France. J’aime la Normandie pour sa verdure et sa proximité en train avec Paris.

Nous avons pris le TER pour rejoindre Fécamp en deux heures et demie. Il y a un changement à Bréauté Beuzeville, une petite gare qui gère les navettes en bus vers Etretat. Deux bus sont venus chercher un grand nombre de touristes asiatiques un 1er août.

Il faut dire que les soixante-seize millions de fans du monde entier (j’en fais partie) de la série Lupin de Netflix ont accentué la popularité internationale d’Etretat ces deux dernières années. J’ai bien envie d’aller visiter le clos Lupin une prochaine fois.

Normandie tourisme : Le clos Lupin

Comme c’est le cas dans le parc national des calanques de Marseille, le sur-tourisme inquiète les autorités locales d’Etretat. Entre Marseille et Cassis, on utilise le marketing et la publicité pour décourager les gens de venir « l’eau est froide ». A Etretat, on contraventionne 90 € ceux qui emportent des galets de manière toute innocente alors que les galets ont un rôle indispensable pour préserver les plages.

Cet article ne sera pas un carnet de voyages comme les autres. J’écrirai forcément un carnet de voyages parce que la Seine-Maritime je l’ai arpentée en trente ans de vie ! Mais j’avais envie d’écrire après une constatation qui m’a sautée aux yeux.

Samedi 1er août, jour de traditionnel chassé-croisé des vacances, j’ai eu la chance de me retrouver sur une plage de galets où l’homme était encore l’invité de la nature.

Il y avait une cinquantaine de personnes à tout casser sur la plage, la baraque à frites était fermée car sa propriétaire pensait qu’il allait pleuvoir et le parking est relégué à cinq cents mètres plus haut.

Pour atteindre cette valleuse sauvage, il faut être motivé car la pente est de 5% mais cela vaut le coup !. J’ai envié ces vacanciers qui vivent le temps de l’été une parenthèse enchantée même si l’eau est froide.

J’ai alors réfléchi à toutes les stations balnéaires que j’aime : Trouville, Le Touquet, Dieppe et dont les plages sont grignotées par les parkings et le béton. Alors, volontairement, je vous adresse un petit souvenir de ce moment suspendu dans un beau coin de campagne français pour vous encourager à partir à la chasse aux trésors des valleuses de Normandie !

Je suis sensible au fait que les blogs et les stories Instagram contribuent au sur-tourisme qui exaspère tant les habitants de Barcelone, Venise ou de la rue Crémieux à Paris…

Retrouvez ici mes précédents articles du blog :

Jamais, une superbe BD qui parle de l’érosion des sentiments, inspirée par le pays de Caux

-Un week-end inoubliable à Trouville-Deauville pour la Pentecôte

-Un voyage rocambolesque au Touquet : les naufragés de la SNCF !

5 conseils judicieux (bibliques) pour vivre serein avec son compte en banque en fin de mois

Cet article m’ a été inspiré par une blogueuse que j’aime beaucoup pour ses bons conseils pratiques : Céline de Merci pour le chocolat. Elle est une maman bretonne de trois grands enfants et blogueuse free-lance. Dans un article, elle donnait de bons conseils pour gérer son budget notamment les activités sportives d’une famille de cinq personnes.

J’ai eu envie d’écrire un article un peu semblable dans ce blog, s’il peut aider ses lecteurs à vivre plus léger en fin de mois alors ce sera mon trophée de Ligue des champions.

Ces conseils sont issus de mon expérience personnelle depuis huit ans avec mon mari. Nous avons deux revenus salariés et ces quelques conseils nous permettent de ne plus avoir des sueurs froides devant la borne de la banque comme quand j’étais étudiante en attendant le versement du Crous et de la CAF.

1) Tracker ses dépenses et les budgeter postes par postes

Nous avons un fichier Excel sur l’année pour tracker comme la méthode du bullet journal le propose, nos dépenses postes par postes. Cela permet de répertorier ses dépenses en trois fois sans frais, d’anticiper ses projets de vacances ou tout simplement constater si on se fait arnaquer par un retrait frauduleux.

Avec cette méthode, nous avons réalisé que dépenser tous les midis 6 ou 8 euros à la boulangerie au coin du bureau était une lamentable erreur de feignasses. Ainsi, grâce aux bons vieux tupperwares, nous avons pu épargner 300 € le mois suivant et s’offrir un chouette petit voyage en Belgique.

Une chaîne Youtube de bullet journal qui m’a bien inspirée : La belette go green

2) Se méfier des paiements en quatre fois

C’est sûr que les paiements en trois fois sans frais sont alléchants (même Paypal s’y met) mais ils apportent aussi leurs lots de mauvaise surprise. En novembre dernier, mon fidèle ordinateur m’a lâché et j’ai dû en racheter un autre rapidement. Nous sommes allés dans un célèbre magasin d’électroménager dont nous sommes toujours satisfaits du service client depuis des années.

Mais cette fois-ci, le contrat de confiance a été rompu puisque le paiement en plusieurs fois s’accompagnait de prestations passées sous silence et bien difficiles à résilier par la suite. Des mois plus tard, je suis obligée d’adresser coups de fil et recommandés à Sofinco pour annuler une carte de crédit que je n’avais jamais demandé.

3) Epargner intelligemment

C’est le nerf de la guerre pour passer des fins de mois sereines. Longtemps, ce simple verbe me rebutait autant que faire du sport mais j’en mesure pleinement les bienfaits. Je vous conseille de mettre de coté les grosses dépenses attendues dans le mois : salaire de la nounou, charges mensuelles de copropriété, versement annuel de l’assurance locative….

Faire face aux dépenses accidentelles c’est bien mais épargner pour un beau projet c’est aussi le sel de la vie : un voyage pour ses quarante ans, un investissement immobilier ou se faire un beau cadeau pour se récompenser d’une année difficile.

4) Faire un don régulièrement

Dans le chapitre 20 du livre des Actes, dans le Nouveau testament, l’apôtre Paul explique qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. Je le crois. Outre le fait que donner soit valorisé par la société civile (par une déduction d’impôts), on se sent utile d’aider une association ou une cause.

Leurs chargés de communication se chargeront de vous remercier personnellement par un courrier qui retrace leurs engagements et comment vous les aidez.

Pendant le premier confinement, j’ai fait un don à Emmaüs qui m’a sollicitée par email lors d’une vaste campagne nationale car il y avait péril pour cette association emblématique de la réinsertion en France. Dites-vous que vous êtes aussi les bénéficiaires indirects de ces associations que vous aidez financièrement.

5) Se faire aussi plaisir

Je me rends compte que parler d’argent ici dans ce blog c’est aussi philosopher. Ce n’était pas ma tasse de thé en terminale mais ces quinze années d’étudiante et de jeune salariée au smic m’ont appris à connaître la vraie richesse. La matérialité ne m’a jamais trop manqué et heureusement car c’est un sacré mirage qui rend éternellement insatisfait et qui peut nous emmener loin dans de sacrées galères.

Mon seul conseil serait de noter dans votre budget annuel, une ligne consacrée aux rentrées d’argent providentielles : des réductions de charges locatives, un remboursement des impôts, des cadeaux d’anniversaire… pour rêver à se faire plaisir tout en gardant les pieds sur terre…

Ces bonnes pratiques financières viennent de mon éducation familiale : ma grand-mère Annette était une gestionnaire hors pair dans son cabinet d’assurances dieppois mais aussi de ma foi chrétienne.

Je veux fonder ma vie sur du roc et non sur du sable : les facilités de paiement, les crédits à la consommation, les objets tape à l’oeil qui appellent au cambriolage….

Les publicités Youtube qui expliquent aux gens comment s’enrichir un max sans se fouler depuis son canapé m’exaspèrent au plus haut point, ils prennent vraiment les gens pour des idiots.

Voici quelques références qui traitent de l’argent dans la Bible, elles viennent de la concordance de la Bible d’étude, Ze Bible

Retrouvez ici d’autres articles sur la foi chrétienne et les engagements associatifs altruistes :

-Découvrir un Paris plus solidaire

Lutter contre la sinistrose avec l’espérance en Jésus

La Samaritaine, icône parisienne venue tout droit … de la Bible