Un avant-goût de vacances à Massilia la belle début juin

C’est l’un des carnets de voyages que j’aime le plus écrire dans ce blog. Marseille, c’est ma ville de cœur, ex-aequo avec Paris.

J’ai failli partir y vivre en 2011 pour devenir libraire de musée mais l’amour m’a convaincu de rester dans la capitale.

Nous y sommes retournés en famille… avec notre petite fille début juin, parmi de nombreux fans de Jul de toute la France qui faisaient l’aller-retour express pour son concert au stade Vélodrome.

Chiller sur le rooftop de Roxane et Matthieu, les collines à perte de vue : le massif de l’Etoile, le Garlaban…

Nous avons été invités comme des rois par mon cousin et sa femme dans une chouette maison marseillaise des années 1960 qu’ils rénovent. Ils vivent dans le 11eme arrondissement.

Le parc national des calanques et les plages ne sont pas loin. J’ai découvert un nouveau quartier que je ne connaissait pas. Marseille compte plus de 111 villages qui se sont regroupés quand Marcel Pagnol était enfant vers 1900 à la Belle époque.

C’est la ville la plus étendue de France. J’ai bien apprécié de renouer avec une tradition mise en place par mon père quand nous venions à Marseille : la pizza du camion !

Longer la superbe corniche Kennedy avec le bus 83 et surplomber de très beaux sports de baignade.

J’avais une idée bien précise avant de venir : s’en mettre plein les yeux de bon matin le long de la Corniche Kennedy.

Cette fois-ci, nous avons eu beaucoup de chance, on a pris ce bus tôt le matin avec une très belle vue sur le rivage. C’est la Riviera avec de très belles villas sur les hauteurs et ces petites criques recherchées pour la baignage. On avait la poussette donc pas de visite dans les petites ruelles de Malmousque et Endoume (ce n’est que partie remise).

On s’est rué sur la plage des Catalans, car jour férié oblige, c’était très fréquenté dès 10 heures le matin. C’était le grand moment du séjour : une eau à 20 degrés mais beaucoup de bonheur à profiter de ce petit avant-goût des vacances d’été.

C’est la plage la plus proche du centre-ville. Elle se situe aux pieds de Notre Dame de la garde avec des immeubles un peu anciens. Quand on voit l’hôtel des bords de mer ou le restaurant et l’hôtel Feron, on se croirait dans un film de Jacques Tati, Les vacances de Monsieur Hulot… La plage n’est pas très grande mais l’évasion est là. Pour une plage urbaine d’une aussi grande ville, je suis admirative du soin de la mairie à garantir propreté, sécurité et convivialité.

Ensuite, on a fait le tour des endroits que l’on aime comme le Pharo avec sa vue exceptionnelle sur le Vieux Port depuis l’aire de jeux pour enfants. Nous n’avons pas eu le temps d’aller au parc Borély, au palais Longchamp ou à la bibliothèque de l’Alcazar sur le cours Belsunce mais ça sera pour une prochaine fois.

Je songe à faire un carnet d’adresses de mes coups de cœur à Marseille. Le magasin de Sophie Ferjani était fermé le lundi rue de la République mais nous reviendrons. Il se situe aux pieds du quartier du Panier dont on voit les fortifications. Impressionnant !

Le Vieux-port, un rendez-vous incontournable du touriste.

Je vais toujours au centre-ville car le Vieux-Port m’aimante.

Grâce à ce documentaire Il était une fois Marseille raconté par Clara Luciani sur France 3, j’ai appris que le Vieux-Port avait été creusé dans la calanque de Lacydon. Comme Marcel Pagnol est mon écrivain préféré, il était impensable de ne pas prendre le ferry boat, le plus court ferry au monde.

Depuis 1880, il relie la mairie de Marseille à la place aux huiles Quai Rive neuve, juste à coté du bar de la Marine. D’ailleurs, le bateau s’appelle César, en honneur au plus célèbre de tous les bistrotiers marseillais.

Tourisme Marseille

La traversée coûte 0.50 centimes et c’est vraiment un souvenir agréable surtout quand on croise des bateaux qui quittent le port. Mon plus beau souvenir de stage fut d’assister au feu d’artifice du 14 juillet en 2011 en haut de la tour du roi René au Mucem.

J’aime aussi les BD Léo Loden, des éditions Soleil. C’est un détective privé, ancien policier qui résout des affaires avec son oncle Louis-Ulysse. Ils tentent de faire rimer légalité avec coutumes marseillaises décontractées…

Et puis, bien évidemment, comme j’étais ado dans les années 2000, que serait Marseille sans les films Taxi produits par Luc Besson. Le premier film avec sa bande originale signée IAM et d’autres rappeurs marseillais est une bonne comédie que j’aime revoir de temps en temps.

Ma nouvelle passion pour les ports français : Le Havre, Marseille…

Depuis que j’ai commencé il y a un an, une nouvelle carrière dans l’import-export de livres, je découvre un univers totalement fascinant : les containers dont on attend les bateaux d’Asie et qui captivent toute une région.

Dans le train des vacances, j’étais d’ailleurs en train de lire Angie ! le dernier roman de Marie-Aude et Lorris Murail, une enquête policière qui se déroule au Havre dans le milieu des dockers. J’ai hâte de chroniquer cette pépite dans un prochain article.

Le patrimoine industriel de Marseille est passionnant, il découpe la ville de manière assez précise : les villas des armateurs et négociants sur la corniche, les dockers et les ouvriers dans les HLM des quartiers Nord vers l’Estaque. Il serait grand temps de ne plus tordre le nez de dégoût en déclamant que Marseille est une ville portuaaière.

A chaque visite à Marseille, nous allons faire un tour à la Joliette pour manger au restaurant Vapiano dans le centre commercial Les terrasses du port. C’est une bonne adresse donnée par mon cousin. La cuisine n’est pas ouf (je dirai même industrielle) mais la vue sur les bassins de la Joliette l’est assurément !

Marseille est désormais un port de paquebots de croisières principalement (l’un d’eux héberge des réfugiés ukrainiens en ce moment) Mais au 19eme siècle, le commerce maritime a fait la prospérité de la ville.

Entre 1860 et 1914 avec la percée du canal de Suez, Marseille a vu sa population doubler. Le Vieux-Port étant trop petit, les docks ont été construits sur le modèle des docks anglais pour stocker des énormes quantités de matières premières.

Marseille s’est illustrée dans le négoce et l’industrie : l’huile et les savons, le sucre, la réparation navale… Le port de la Joliette me passionne car ce fut la porte de l’Orient quand la France possédait un grand empire colonial. Avec la fermeture des docks dans les années 1990, les temps sont devenus durs pour de nombreuses familles de dockers. C’est ce que montre Robert Guédiguian dans ses films comme Gloria mundi par exemple.

Une prochaine fois, nous irons dans le quartier de l’Estaque, au nord de la ville. C’est un très beau village avec une longue histoire artistique. C’est en peignant ses paysages le long de la Côte bleue que Cézanne inventa avec Picasso le cubisme.

Il serait malhonnête de cantonner Marseille à l’OM. On oppose souvent Paris à Marseille. J’espère que cet article reflètera au mieux la richesse culturelle de la ville : la littérature, la BD, la chanson, le cinéma, le patrimoine industriel… C’est évident qu’il y aura un autre article sur Marseille pour raconter les success story de deux grandes marques : Ricard et Orangina !

Un amour en commun pour la ville-monde : Marseille

J’ai aimé ce documentaire car il interviewe de nombreux Marseillais célèbres comme anonymes : Ariane Ascaride, Akhenaton, Macha Makeïeff, un linguistique, un vieux monsieur dont toute la famille a été déporté dans le quartier du Panier. Ils viennent de tous horizons, qu’ils soient italiens, arméniens, pieds-noirs d’Algérie, russes blancs et constituent une ville-monde : Marseille…

On peut les trouver excessifs, chauvins, de mauvaise foi…

Mais je réalise qu’en une dizaine de séjours à Marseille, j’ai rencontré une majorité de gens gentils, soucieux des autres et engageant la conversation facilement : un monsieur tatoué de la tête aux pieds qui a blagué avec ma fille et sa peluche dans le bus. Ce qui me touche le plus, c’est la manière dont ils parlent de leur ville avec un amour farouche.

Je le sais bien, j’y ai droit avec les huit Marseillais de ma famille ! C’est indéniablement eux qui m’ont transmis cette passion pour cette ville !

Retrouvez-ici mes précédents carnets de voyages à Marseille :

-Road trip à Marseille

Marée humaine à la plage, un véritable théâtre social

Cocorico, enfin une série TF1 qui envoie du lourd en misant sur la finesse psychologique : HPI

C’est ma collègue Coraline avec qui je partage quelques coups de coeur Netflix cet hiver (L’agence, Inventing Anna), qui m’a fait découvrir HPI. Autant vous dire que les séries policières sur TF1, ce n’est pas mon truc.

Je suivais bien Capitaine Marleau sur France 3 mais je me suis un peu lassée car à forces, elle devenait de moins en moins finaude avec sa chapka. On pourrait dire que Morgane est une vague cousine de Capitaine Marleau. Elle aussi vient du Nord de la France.

Elle travaille comme femme de ménage au commissariat de Lille alors qu’elle déteste la police. Ses capacités hors normes vont changer sa vie.

Elle va rejoindre l’équipe du commandant Karadec et ses lieutenants Daphné et Gilles pour résoudre des cold case sous l’autorité de la commissaire Céline Hazan (j’ai découvert l’actrice très talentueuse Marie Denarnaud).

C’est elle qui va donner sa chance à Morgane alors qu’elle ne faisait pas l’unanimité. Le duo que forme Morgane avec Karadec qu’elle surnomme Super-poulet est savoureux. Même s’ils se cherchent comme chien et chat, ils savent former une équipe efficace.

Pourquoi cette comédie policière rend hommage à l’humanité de la police ?

Je l’avais déja remarqué avec Lupin cette année mais cela fait du bien ces séries où les policiers sont valorisés. Cela change de cette actualité bien morose.

Dans HPI, la police judiciaire de Lille a l’humilité d’engager une fille du peuple qui n’a pas fait des tonnes d’études, qui a trois enfants à élever car ils ont reconnu ses capacités intellectuelles à résoudre les enquêtes les plus difficiles.

Cette série se déroule à Lille, car Paris n’a pas le monopôle des séries à succès. Par un raccourci bien hasardeux, je pense que cette série peut réunir aussi bien les gilets jaunes que les électeurs d’Emmanuel Macron.

© PHILIPPE LE ROUX / SEPTEMBRE PRODUCTION / ITINERAIRE PRODUCTIONS / TF1

Audrey Fleurot et Mehdi Nebbou réussissent ce tour de force car la gouaille est au rendez-vous. Chapeau à Audrey Fleurot qui porte cette série à bout de bras. Elle est tour à tour pénible, désopilante, sérieuse et sait signifier à Karadec quand il a manqué de tact avec l’entourage du macchabée pour annoncer les mauvaises nouvelles.

Le succès de cette série repose sur cette attention portée à la psychologie de chacun, les émotions les plus fortes et les plus subtiles. Il y a des petites pastilles humoristiques sous formes de mêmes et d’anecdotes scientifiques pour expliquer des concepts ou des expressions populaires comme le jeu Colin Maillard. On apprend des choses avec HPI.

J’ai particulièrement aimé la manière astucieuse que les scénaristes ont choisi pour montrer le volcan émotionnel qui se passe dans la tête de Morgane quand elle réalise les sentiments amoureux qu’elle ressent pour Super-Poulet.

Enfin, chaque épisode de 52 minutes pour résoudre une enquête criminelle est passionnant car il contient de nombreux rebondissements et s’attache à étudier la psychologie des différents suspects en fonction des bouleversements sociétaux qu’ils vivent : la vétérinaire bien sous tous rapports qui trafique des animaux sauvages, le père de famille ultra à ses heures perdues…

Les scènes de garde à vue avec le commandant Karadec sont mes préférées. J’aime beaucoup cet acteur qui joue souvent les princes charmants dans Joséphine ou Mince alors….

Je vous recommande donc cette série TFI qui est une vraie réussite tant dans les dialogues que dans le jeu des comédiens. Audrey Fleurot s’est particulièrement investie dans ce rôle et cela se voit.

J’avoue que ses tenues hautes en couleur m’ont souvent donné des sueurs froides (les énormes créoles torsadées étaient éprouvantes) mais on s’attache beaucoup à Morgane…

Maintenant que je me suis mise aux séries policières, je suis en train de lire deux romans passionnants : Angie et Souviens toi de septembre de Marie-Aude et Lorris Murail, collection Medium+, Ecole des loisirs.

Angie est une petite fille de 12 ans qui va aider le commissaire Maupetit, policier aux Stups au Havre. Elle a une répartie et une fraicheur d’esprit qui ressemble beaucoup à celle de Morgane…

Retrouvez-ici mes nombreux coups de cœur séries :

Toujours là pour toi, l’amitié face aux familles dysfonctionnelles

-Mes premières fois, une série beaucoup plus profonde qu’elle n’en a l’air

Découvrir un chef d’œuvre de la littérature grâce à Netflix : Rebecca

Je vous montre la plus grande fierté de ma décoration d’intérieur : mon bureau !

Je suis une grande lectrice de Paris Match depuis que j’ai une vingtaine d’années. Il y a une rubrique que j’affectionne particulièrement : Dans le bureau de… C’est un portrait original d’une célébrité qui en dit long sur sa personnalité à travers ses bibelots, ses meubles, ses objets souvenirs…

Alors, j’ai rangé mon bureau pour m’auto-interviewer pour cette rubrique (en attendant que Paris-Match me fasse signe…BLAGUE !).

  1. Le pêle-mêle de photos : un cadre doré, Maisons du monde

J’ai repéré cet élément de décoration dans les vlogs de Mariel, du blog de Néroli à Annecy. J’y ai accroché un vestige de mon précédent bureau : des grues violettes et dorées en origami.

C’est un cadeau souvenir d’une dame qui tenait un stand DIY avec ma chère compatriote Mapu picchu et moi même à une fête du vintage à Massy. J’y tiens car on avait bien rigolé à se prendre la pluie sous le barnum. Cela remonte à 2013 !

2. Ma grande collection de carnets Clairefontaine, Leuchtturm et cie

Bible journaling et bullet journal ont une place importante dans ma semaine car j’aime compiler mes moments de vie surtout avec les deux dernières années compliquées que nous venons de vivre.

J’essaie aussi de garder mes badges de libraire sur les salons du livre car mon métier est une passion.

Enfin, cette petite chouette est une fève qui me rappelle l’amour et la protection de Dieu sur moi. Elle vient d’une boulangerie de Fontenay-sous bois dont la vitrine a explosé à cause d’un aérosol, deux heures après que je sois passée avec ma petite fille acheter une galette des rois.

Et puis, j’adore les chouettes, j’en ai fait des quantités de broches en feutrine à mes heures perdues !

3. Mes feutres aquarellables Tombow et Lyra pour dessiner.

Je régale avec cet excellent matériel que j’ai cumulé depuis 2017. Je me fournis essentiellement chez Lavrut, passage de Choiseul dans le 2eme arrondissement. Les masking tape viennent de Hema, Monoprix, Action, Sostrene Grene…

Les cartes postales sont de la marque Marcel, elles viennent de la librairie Eyrolles, boulevard Saint-Germain. Celles de Deauville et de Trouville viennent de l’office de tourisme de Deauville, un de mes carnets de voyages récurrent.

Je suis très fière de mon collage inspiré par Eloïse bujo trouvé sur Instagram. Il faut dire que je l’ai refait au moins quatre ou cinq fois pour arriver à ce résultat grâce aux différents papiers récoltés.

J’aime bien avoir ces cartes postales près de moi, sous les yeux car j’aime beaucoup voyager en France en famille, notamment au Touquet d’où vient ma famille maternelle.

J’en profite pour remercier mes amis Randy et Liz ainsi que mon oncle Lionel pour ce superbe bureau gentiment donné. J’aime beaucoup faire de l’upcycling avec les meubles.

4. Mon petit tapis vert de découpe

Il est indispensable sur mon bureau même si je m’en sert rarement. Il me rappelle combien j’aime faire des pliages et des pop-up depuis longtemps.

J’ai réalisé de nombreuses Tour Eiffel en papier un peu comme François Pignon dans Le diner de cons (l’auto dérision c’est bon pour la santé) avec les tutos du blog Make my lemonade.

Mon bureau, c’est vraiment ma pièce préférée de mon appartement, celle où l’on regarde nos films sur vidéoprojecteur et ma petite assistante vient bricoler avec moi.

Notre dernier projet, c’est cette petite caravane en papier, DIY du film Les voisins de mes voisins sont mes voisins.

5. L’affiche du vieux Paris des années 1900, achetée à la librairie RMN Musée du Louvre

Elle a toujours été au dessus de mon bureau au film de mes déménagements. Je l’ai faite encadrée tellement que je l’aime. Je l’ai achetée lors d’un de mes jobs d’été à la librairie du musée du Louvre.

C’était un carton, on devait en recommander sans cesse. J’ai bien envie de m’en acheter une autre pour l’avoir en double (c’est fait depuis !).

Elle symbolise cette belle quinzaine d’années où je vis mon rêve d’enfant : vivre à Paris. Et comble du hasard, j’ai découvert sur une storie Instagram, que Jennifer Aniston avait la même affiche chez elle.

Retrouvez ici mes articles qui parlent de décoration et notamment le room tour de notre appartement :

-Décorer une chambre de bébé dans le thème de la forêt

-Un room tour de notre nouvel appartement

Devenir banlieusarde après quinze années à Paris

La vue depuis mon bureau

Le renard, ses livres et son café à l’honneur au pied de la montagne Sainte Geneviève, Paris 5eme

Un précédent vendredi soir, je descendais la montagne Sainte-Geneviève pour rentrer chez moi. J’ai voulu aller faire un tour à, un génial magasin de décoration et de papeterie.

J’y ai trouvé des sacs cadeau motifs ginko pour la soirée de lancement de la Bible manuscrite au collège des Bernardins en janvier dernier… J’avais envie d’aller voir si la fameuse boutique de jeans que je connaissais quand j’habitais à deux pas, existait toujours.

Des rues commerçantes qui se métamorphosent au fur et à mesure des confinements

Cela devient difficile de s’habiller en boutiques depuis quelques temps. Et bien non, cela n’existe plus. Elle a été remplacée par une librairie : Le renard doré. Les librairies sont considérée comme commerce indispensable depuis février 2021.

La librairie a ouvert ses portes en 2018 grâce à une campagne de fonds Ulule. Ensuite, son directeur s’est associé à un restaurateur de pâtisseries japonaises, Tomo, située dans le 2eme arrondissement pour créer le Renard café, rue du Cardinal Lemoine.

Droits réservés Le renard doré

Le succès de cette librairie qui a dépassé ses objectifs de départ, est une très bonne surprise pour un Quartier Latin que l’on peut qualifié de sinistré, les librairies ont fermées les unes après les autres rue des Ecoles.

Alors que Paris se vide de ses habitants, certaines artères commerçantes majeures font vraiment une tête d’enterrement : rue de Rivoli, rue de Rennes, boulevard Saint-Michel, avenue de l’Opéra… La faute aux loyers démentiels pour les commerces, les mouvements sociaux qui apportent de l’insécurité aux clients…

Mais le secteur de la librairie a su tirer son épingle du jeu, car un livre révèle tout un univers créatif où l’on peut rencontrer l’auteur et le dessinateur. Ce n’est pas un banal produit manufacturé, produit en série, que l’on choisit sur une page web un peu tristoune.

Avec les confinements, je remarque que libraires et clients en ont un peu leur claque des commandes de livres en ligne. Rien ne vaut la bonne vieille sociabilité en librairies, et un très beau cadre, décoré avec goût, ne gâche rien, bien au contraire.

Cette petite librairie de 90m² est une vraie ruche qui attire un public varié : les enfants du quartier avec de l’argent de poche qui s’apparente à du pouvoir d’achat, des jeunes adultes de l’université Jussieu voisine et des amateurs de jolies boutiques comme moi. Notons que je n’ai jamais lu de mangas et que je ne compte pas m’y mettre.

Mais j’aime la belle décoration, et on peut dire qu’ici nous sommes servis. C’est aussi beau que les bureaux de la maison d’édition où je travaille, un peu plus haut sur la montagne Sainte-Geneviève

Un beau cadre, une décoration éclectique qui réunit différents publics.

Par sa fine observation des librairies mangas, on peut dire que Mickael Brun-Arnaud est un renard…rusé. Récompensé par le prix des libraires Livres-Hebdo pour ses animations de libraire sur les réseaux pendant les confinements, il a su tirer parti de ses observations dans d’autres librairies manga pour créer un lieu chaleureux, qui lui ressemble.

C’est un gros lecteur de mangas qui possède près de 1600 titres chez lui. Ses sélections de livres sont choisies avec soin, il montre dans son magasin des esthétiques qui le touchent…

Droits réservés Actua litté

Il a misé sur l’éclectisme avec une forte inspiration victorienne : des décorations et tapisseries florales en hommage à William Morris, des tableaux inspirés de Mucha, des meubles, des objets. J’ai découvert grâce à cette librairie l’univers des studios Ghibli, l’équivalent de Disney au Japon. Pas sûr que je regarderai un de leurs dessins animés mais j’ai trouvé ça très doux et coloré.

Dans un entretien avec le fondateur de la librairie publié dans Le journal du Japon, j’ai appris que le lectorat majoritaire des mangas étaient des femmes : 55% de l’ensemble des lecteurs. Malin donc de créer un cadre assez féminin.

Inutile de vous dire que je n’ai pas posé longtemps quand je suis entrée par curiosité dans une librairie manga, avenue de l’Opéra. Les étagères blanches et uniformes faisaient plutôt penser à une bibliothèque de campus universitaire qu’à un lieu cosy et accueillant. La papeterie m’intéressait mais c’était vraiment très mal présenté.

Enfin Mickael Brun-Arnaud a aussi accordé une grande attention à la relation client. Il a remarqué que certains travers geek des librairies mangas pouvaient être un frein à la vente de livres  « Ce n’est pas propre, ce n’est pas joli… Ce sont des « geeks », chaque fois que je m’y rends, on ne me parle pas, ce n’est pas agréable, tu ne peux pas parler au vendeur parce qu’il y a quelqu’un qui reste coincé avec lui toute la journée… ».

C’est la même esthétique victorienne qui a été choisie dans le café à quelques rues de la librairie, où l’on peut lire des mangas tout en mangeant des pâtisseries. C’est l’un des rêves de ma carrière, ouvrir un salon de thé- librairie au Touquet pour mes vieux jours, il faut que j’en parle un peu à mon mari…

Pourquoi les enfants et les adolescents aiment autant les mangas ?

La France est le second pays consommateur de mangas après le Japon. Les mangas sont la poule aux œufs d’or de l’industrie du livre en France. Cet automne, les sorties de plusieurs mangas très attendus ont provoqué de sacrés bouchons chez les distributeurs de livres.

Les librairies généralistes comptent parmi leurs clients les plus fidèles de nombreux enfants qui viennent acheter le nouveau tome de séries mangas qui comptent plus d’une vingtaines de tomes… Visiblement, les mangas sont un moyen de se démarquer des parents et de se construire personnellement.

Les mangas abordent des thèmes de leur âge et sont des livres très différents des lectures de leurs parents : un autre sens de lecture, une toute autre esthétique…

Moi, je suis rentrée dans cette librairie attirée par la vitrine avec un flocage d’un monde enchanteur. J’ai compris en entrant dans le lieu, qu’il s’agissait de la couverture d’un livre fantasy de l’Ecole des loisirs : Mémoires de la forêt.

Le renard, animal totem pour les livres et les pâtisseries.

Sans me vanter, j’ai un peu de flair pour discerner le bon vieux ressort marketing avec les animaux influenceurs. On connaît tous la vieille ficelle avec les chats sur les réseaux sociaux qui font du bien aux abonnés Instagram. Les licornes envahissent les vêtements pour enfants, les carnets de papeterie.

Plus subtils, il y a les animaux sauvages comme le flamand rose, le renard, le hérisson ou encore le lama. J’ai lu l’interview de Lucas Bérullier , fondateur de My pet agency dans le média Widoobiz. Il explique l’attrait pour ces animaux pour leur rareté et leur originalité. Ces animaux menacés d’extinction rappellent la bienveillance de l’Homme.

Moi aussi, je suis une bonne cliente des renards. Cela m’incite à acheter de la papeterie ou un bel objet de décoration. Cela remonte à mes sept ou huit ans lors d’un voyage en famille dans la banlieue de Londres. Nous en avons vu un bien mal en point avec un pelage tout élimé.

Sinon, je me souviens très bien dans les années 1990 de deux dessins animés marquants : Renard chenapan et Les animaux du bois de Quatre’sous (mention sinistrose traumatisante pour ce dernier).

Il y a quelques mois, j’avais écrit un article sur les renardises de Yann Couvreur.

Retrouvez-ici d’autres articles du blog qui parlent de renards, du 5eme arrondissement, de click and collect et de librairies…

Mon nouveau quartier Panthéon-Luxembourg en dix photographies

Le click and collect ou le commerce moderne.

-Décorer une chambre pour bébé sur le thème de la forêt.

Un mois d’avril, inspirant pour le blog

Je ne sais pas si c’est l’effet de mon anniversaire, mais j’observe que je suis particulièrement prolixe et prolifique ici chaque année en avril. Comme en témoigne, ce coup de rétroviseur en avril 2021 !

Il faut dire que j’adore la tradition des poissons d’avril à l’école depuis le CE2 au moins. J’ai voulu chercher le sens de cette tradition qui remonte au Moyen-Age en Europe et qui a un héritage chrétien plus ou moins direct.

Pendant le Carême, on jouait la frugalité en mangeant des poissons. Partie sur ma lancée, j’ai aussi investigué la tradition des œufs et du lapin de Pâques, pas si profane ni marketing que cela.

J’ai trouvé cette chouette illustration de carpe koi dans une rue du 5eme arrondissement en rentrant du travail : elle ornait la vitrine d’un restaurant japonais.

Puis je suis retournée au cinéma dans ma ville de Fontenay sous Bois au Kosmos, cinéma municipal qui propose des places pour 6€ (une aubaine quand on sait qu’une place dans un multiplexe coûte bien 15€ en moyenne).

Je me suis régalée avec ce film magistral : Notre-Dame brûle de Jean-Jacques Annaud.

Il est sûr qu’il rejoindra ma vidéothèque quand il sortira en DVD. C’est une œuvre qui appartient à tout le monde et qui me parle personnellement : j’ai vécu deux ans sur l’île Saint-Louis, j’ai étudié l’art médiéval à l’école du Louvre.

Grâce à un exceptionnel esprit d’équipe relevant du miracle, un drame international qui a pu être évité. Un matin en allant travailler, j’ai vu ce logo sur une camionnette qui propose des services anti-incendie !.

J’ai reçu en service de presse ce livre A la découverte du Bible journaling d’Andrea Naomie que je considère comme le manifeste de la discipline. Je me suis régalée à concevoir un petit atelier à faire chez vous et à télécharger ici : atelier-dessiner-paques

Puis, il y a eu Pâques, le 17 avril cette année. Quelle joie de fêter cette fête que j’aime tant sans restrictions géographiques, ni masque.

J’ai assisté à un très beau baptême d’adulte. Une jeune femme, Ludivine, a témoigné de la manière dont Jésus a calmé ses angoisses et l’a délivrée de pensées suicidaires.

Elle cherchait sa voie dans les livres de new age et cela lui a apporté une spiritualité très sombre, qui enchaîne et qui mène au désespoir. Son déclic a eu lieu pendant le grand confinement. Si vous voulez prendre vos distances avec ces pratiques occultes, voici une vidéo conçue par une équipe de pasteurs. Dieu tend toujours la main quand on est dans la mouise.

Et puis le week-end du 23 avril (celui de mon anniversaire), j’ai eu la chance de retourner vendre des livres au festival du livre au Grand palais éphémère.

C’était une très belle fête dans un très bel endroit avec des rencontres auteurs de qualité, du people et des flâneries sur différents stands que je suis tout au long de l’année sur Instagram : Eyrolles, Charleston, L’école des loisirs

Mais quelle peine de voir autant de livres qui, sous-couvert de développement personnel, proposent aux gens de tomber dans des pièges nocifs pour l’âme. J’ai volontairement choisi une photo pas très réussie pour ne pas valoriser ce type de publications.

Et maintenant, place au mois de mai, j’ai plein d’idées d’articles pour le blog : tester un glacier ardéchois au pied du Panthéon, vous faire découvrir une librairie jeunesse qui cartonne dans le 5eme arrondissement…

La devanture de la librairie Le renard doré, rue de Jussieu dans le 5eme arrondissement de Paris

Retrouvez-ici mes derniers articles :

Sister soul, la biographie d’Aretha Franklin qui montre la grâce accordée aux mauvais petits canards

-Stromae en dix coups d’éclats

-Demain j’irai mieux, la louange inspirée d’Andrée Grise.

Mon bilan du festival du livre 2022 : chapeau bas aux équipes de Paris Librairies et de Paris Livres évènements.

J’étais euphorique de retourner tenir un stand au festival du livre tant j’aime cette manifestation culturelle. Il faut dire que depuis quarante ans, la formule s’était quelque peu essoufflée, rattrapée par la cash machine que l’évènement suscitait !

J’aime tellement ces deux premiers jours d’installation où tout le monde s’occuper à mettre en place son stand comme des petites fourmis travailleuses qui ouvrent des cartons dans un esprit d’équipe indispensable.

Quel cadeau de se trouver dans un pareil lieu, beaucoup plus central que la porte de Versailles (je mettais une heure chaque soir pour rentrer après dix heures de travail quotidiens) et surtout enchanteur : on se régale de se poser dans les canapés du balcon Eiffel ! Le vendredi après-midi (premier jour du salon) se déroulait un cross d’endurance pour des élèves sur le Champ de mars.

Le Grand palais éphémère, ça en jette !

J’avoue que j’ai été un peu désarçonnée par le nom du lieu que je situais mordicus à coté du Grand palais. C’était un grand plaisir de revenir avenue de Suffren et j’ai bien envie de regarder rapidement le film Eiffel avec Romain Duris. Je connaissais aussi un peu l’Ecole militaire où notre chère amie Marie, fêtait sa thèse il y a quelques années.

Le Grand palais éphémère est une structure architecturale moderne qui ressemble beaucoup au Grand palais construit pour l’exposition universelle de 1900 avec ses 44 arches monumentales. Il flottait un air d’exposition universelle avec une telle architecture !

Les organisateurs du salon ont été malins dans leur scénographie d’entrée avec cette grande affiche du festival pouvant servir de photocall avec la statue du maréchal Joffre à l’entrée.

En attendant patiemment que nous recevions le relevé des ventes du salon, j’ai lu avec attention les articles de Livres-Hebdo et d’Actualitté qui tiraient un bilan de cette nouvelle édition. Il faut savoir que les professionnels du livre, surtout à Paris, sont un public ultra exigeant, presque aussi glacial que le monde du cinéma un soir de Césars.

Aux premiers abords, les étagères et les tables en bois brut pouvaient paraître un peu cheap et j’ai eu du mal à m’habituer à l’absence de moquette. Mais finalement frugalité et écologie ont fait bon ménage, c’était important de revenir à la simplicité des premiers salons du livre des années 1980. Surtout après ces deux années difficiles.

Je pense que les 300 stands d’éditeurs ont joué le jeu car tout le monde était ravi du retour de cette manifestation incontournable pour le livre en France.

Mais il faudra rapidement trouver des solutions l’an prochain pour pallier aux longues files d’attente aux caisses et à l’entrée, permettre une circulation plus fluide dans les allées et surtout proposer plus de lieux de restauration (le nerf de la guerre, je blague !).

Un festival à dimension humaine

Le vrai point fort de cette nouvelle édition est le lien direct entre le SNE à travers sa filiale Paris livres évènements et les éditeurs. Je salue la disponibilité d’Angie et d’Axelle qui étaient chargées de notre square religions pour leurs explications précises et leur rétro planning limpide deux semaines avant l’évènement. C’est le directeur commercial lui même qui nous a accueilli et remis nos badges lors du montage des stands.

Quand je suis arrivée avec mon roll-up et mes catalogues le mercredi, l’équipe de Paris librairies avait quasiment terminé de monter notre stand alors que je m’attendais à devoir tout ouvrir moi-même. Une centaine de libraires avaient été détachés de librairies parisiennes de renom : Le divan dans le 15eme arrondissement, Compagnies, la librairie du Quartier latin…

Ils sont venus faire des points réguliers avec nous sur les arrivages de nos cartons et les livres prévus en dédicace, le professionnalisme et l’expérience des salons se voyaient comme le nez au milieu de la figure.

Saluons aussi le travail de ces quelques 90 étudiants des métiers du livre qui ont prêté main-forte aux libraires pour encaisser les clients avec rapidité ou venir restituer les livres égarés sur d’autres stands ! L’expression « libraires volants » m’a bien fait sourire mais ils ont été indispensables avec leurs TPE (terminal de paiement par CB) devant les dédicaces d’auteurs. A mon époque, il y a dix ans, le sans contact n’existait pas sur les salons.

J’ai apprécié la qualité des rencontres avec les auteurs : notamment celle avec Marie-Aude Murail dans l’agora France Télévisions le vendredi après-midi. Il y avait des sacrés moyens techniques mis en place. La plupart des conférences affichaient complet. La programmation de ce festival a été saluée unanimement, c’était un sacré challenge dans un temps relativement court.

Un mois et demie avant l’évènement, c’était la grande inconnue sur les réseaux sociaux et le site Internet. Il y avait peu d’affiches dans Paris pour annoncer le festival mais heureusement le public était là !

Le programme de conférences très réussi, les illustrations, référence à Claude Ponti.

Enfin, je salue l’infini dévouement d’Axelle du SNE que j’ai pu joindre un samedi soir à 21 heures car j’avais oublié mon manteau sur le stand tellement il faisait chaud. C’était un très beau festival du livre à dimension humaine !

Alors je souhaite tous mes encouragements à ces deux équipes expérimentées pour l’année prochaine.

Retrouvez ici mes précédents articles en avril :

– La tradition des poissons d’avril

Notre Dame brûle, quand le réel sublime la fiction

Le premier jour du festival du livre 2022

Retrouver le festival du livre de Paris pour vendre des livres après six ans d’absence

Cette année, je m’occupe de notre stand Biblio Scriptura dans le square des éditeurs religieux (1102) au Grand palais éphémère entre l’Ecole militaire et la Tour Eiffel.

C’est une toute nouvelle formule qui remplace Livre Paris qui se déroulait chaque année en mars porte de Versailles, au même endroit que le salon de l’agriculture. Les allées étaient larges, tout était organisé pour se restaurer mais c’était vraiment excentré, sans âme et le prix du ticket d’entrée était scandaleux.

Place désormais au festival du livre qui renoue avec ses origines : la première édition avait eu lieu au Grand Palais en 1981, il y a quarante ans déjà !

Après deux années blanches : 2020 et 2021 pour cause de pandémie mondiale, le livre est de nouveau à la fête mais dans un espace deux fois moins grand mais deux fois plus classe !

Frugalité et sobriété sont les maîtres mots de cette nouvelle édition où tout le monde est logé à la même enseigne : des étagères et des tables en bois toutes simples, sans ostentation, des caisses uniques à la sortie du lieu et surtout exit la moquette, véritable désastre écologique !

Tout salon du livre national commence par une petite mise en jambe pour ce grand marathon mondain de printemps : deux jours en moyenne d’installation. La deuxième journée est la plus sportive car il faut se dépêcher de déballer les livres au plus vite avant le grand nettoyage final et l’arrivée des convives.

J’aime bien ce genre de mondanités où le champagne coule à flots. Je considère que c’est notre petite récompense pour tous nos efforts de l’année à se décarcasser à se démener dans les rayons pour les clients ou à réceptionner et ouvrir des cartons de livres. Libraire c’est un métier quand même physique !

Il y a tellement de choses à raconter, mille anecdotes sur les quatre salons de Livre Paris que j’ai vécu entre 2007 et 2016, que j’ai décidé de diviser cet article en deux épisodes.

Dans les coulisses de l’un des plus beaux salons littéraires du pays

Mon premier stand, je l’ai tenu comme stagiaire sous la direction d’ Amanda, de la librairie Folies d’encre à Montreuil. On était une trentaine d’étudiants de DUT métiers du livre pour tenir pendant sept jours les stands de grands éditeurs.

J’ai tenu en binôme celui des éditions du musée du Louvre (mon rêve) Il y avait plein de distributeurs différents qui apportaient des colis sur des palettes, il fallait pointer fissa les quantités sur les bons de livraison et organiser le stand pour donner aux clients l’envie d’acheter. Les distributeurs, ce sont ceux qui gèrent le stock d’un éditeur dans un entrepôt pour fournir des cartons de livres aux libraires en majorité.

J’ai appris sur le tas à me servir d’une caisse enregistreuse, j’ai serré la main de la ministre de la Culture de l’époque, Madame Albanel qui a défendu la loi Lang quand elle était malmenée en 2008 (c’est la règle d’or qui sauva bon nombre de librairies en instaurant un prix de vente unique).

L’équipe des éditions du Musée du Louvre était vraiment chaleureuse et accueillante avec nous. J’ai découvert leur superbe collection de BD grâce à leur éditeur Fabrice…

C’était vraiment le stand de rêve, calme et facile à gérer. Je l’ai réalisé quand Amanda m’a envoyé en renfort relayer les libraires du stand France Télévisions, complètement rincés par la dédicace des produits dérivés de la série Plus belle la vie sur France 3, qui contenait un public d’au moins 5000 personnes.

C’était tellement dingue et ingérable que les vigiles ont exfiltré les acteurs au bout d’une vingtaine de minutes. Moi j’ai pu vendre les livres après la tempête, mais comme je suis très people, j’ai demandé à tenir le stand France Télévisions quelques années plus tard en 2011.

Ce fut aussi un très bon souvenir car j’étais dans une bonne équipe avec trois super filles vraiment débrouillardes, des libraires comme je les aime ! .

J’ai pu parler aux animateurs de France Télévisions dont la plupart étaient très gentils et accessibles : Elisabeth Tchoungi, la présentatrice des Maternelles sur France 5, Julien Lepers avant son départ de Questions pour un champion, Frédéric Lopez, les frères Bogdanov (eh oui !), Emmanuel Petit et les animateurs de Stade 2, Stéphane Marie, Georges Pernoud, Antoine de Maximy qui voyage dans le monde entier avec sa caméra portative….

Mon meilleur souvenir de ces dédicaces a été la venue de Zep, le créateur de Titeuf entouré de dizaines d’enfants, qui venaient majoritairement de banlieues. Je m’y voyais avec mon frère quand on a découvert à 10 ans cette BD géniale offerte par notre cousin Rémy.

Pour se régaler à Livre Paris, il faut être people à fond et garder son âme d’enfant. Le salon du livre ne serait pas le même sans ces groupes scolaires qui se ruent sur vous pour avoir tous les goodies que vous pouvez leur donner. Même s’il n’avait plus l’âge, mon frère a bien ri que je lui rapporte un serre-tête oreilles de cocker en tissu pour fêter l’anniversaire de Boule et Bill chez Dupuis.

Les livres ont ce pouvoir : ils nous rappellent les bons moments de notre enfance. (dédicace de Calinours sur le stand de l’école des Loisirs).

Le salon du livre de Paris, meilleur terrain d’apprentissage pour libraire débutant

Tenir un stand au salon du livre, c’est éreintant, surtout le dernier jour. Le salon touche à sa fin, vous êtes contents d’avoir tenu ce marathon commercial. Et là, les choses sérieuses commencent. Vous vous retrouvez à ranger à la vitesse de l’éclair les livres pour les rendre aux bons distributeurs dans des cartons bien fermés.

Le magasinier est aussi pressé que le menuisier ou les intérimaires des boites d’évènementiel qui démontent en même temps que vous le stand dans lequel vous venez de passer quelques jours. Il ne faut pas compter sur la chaise sur laquelle vous êtes assis, elle va bientôt disparaître…

C’est une situation assez insécure mais cela m’a beaucoup appris sur mes capacités à travailler efficacement et rapidement.

Mais il y a aussi eu de mauvais souvenirs qui m’ont un peu découragée d’y travailler : la mauvaise ambiance une autre fois avec une responsable de stand, piétiner des heures et des heures sur une moquette intenable pour les pieds, la fatigue accumulée (à l’époque le salon durait au moins cinq jours), la rétribution salariale très symbolique et surtout une réflexion sur l’avenir de ce genre d’évènement.

Malgré une affluence non négligeable (180 000 visiteurs en moyenne) , les ventes de livres n’étaient pas à la hauteur des infrastructures éphémères et coûteuses mises en place par les éditeurs. J’étais aussi un peu écœurée par le prix du billet d’entrée au salon :12€ et le fait que les auteurs ne soient pas rétribués pour leur travail de conférences et de dédicaces sur les salons : #Paye ton auteur

Heureusement les choses ont changé depuis !

Ce sera l’objet de mon dernier article que je publierai au cours de cette semaine pour vous raconter mon vécu de ce festival du livre 2022 !

A bientôt !

Un vendredi de printemps au festival du livre de Paris 2022

Cela fait bien un mois que j’attends ces retrouvailles avec l’évènement parisien que je préfère : le salon du livre. Depuis que je vis à Paris (dix-sept ans maintenant), ce salon a déterminé mes ambitions professionnelles : je mesure la chance d’exercer des métiers du livre qui me passionne.

Munie de mon précieux badge exposant, coupe-file bien pratique, je passe une heure bien agréable en compagnie de Marie-Aude Murail et de Louise Tourret (France Culture) qui l’interviewe avec talent dans l’Agora France Télévisions.

J’avais déjà expérimenté ce type de rencontre avec l’auteure en 2018 et c’était un vrai moment de communion avec d’autres lecteurs qui ont lu tous ses livres comme moi.

Illustrations de Simon Landrein

Des rencontres avec les auteurs fondées sur l’affect et les émotions

J’ai été marquée par les prises de position assumées de MAM qui résonnent dans l’actualité. Elle a déclaré être avec les enseignants dans la douleur qu’ils vivent actuellement. Il y aura un personnage attachant dans le prochain tome de Sauveur et fils : une jeune institutrice qui se demande si elle va continuer son métier.

Je ne savais pas encore quel cadeau offrir à la maîtresse de ma fille pour la fin d’année, c’est décidé, je vais lui offrir Vive la République, un chouette roman sur une petite école.

Le futur(e) ministre de l’Education nationale serait bien inspiré de lui confier une mission sur la lecture publique dans les écoles et les collèges tant son expérience de milliers de rencontres dans les classes et les bibliothèques pourrait être utile et inspirante.

Et puis, il y a eu les questions/réponses entre l’auteure et ses lecteurs avec deux ou trois moments de grâce, rien que cela. Une ado de treize ans a posé une question tout en donnant la réponse : elle a expérimenté que la lecture procurait les mêmes émotions que celles quand on tombe amoureux (les papillons dans le ventre en moins, quoi que).

Puis, il y a eu une émotion assez contagieuse (c’est plus sympa que le coronavirus) quand une mère a pris la parole avec sa fille très émue pour raconter comment ces romans les ont encouragées dans leurs moments de vie en famille.

On se croirait dans le cabinet de Sauveur Saint-Yves avec Blandine, Margaux Carré et leur maman. C’était beau. Grâce à ces romans, j’ai découvert une citation de Lacan que j’ai fait mienne « Le réel, c’est quand on se cogne« .

J’ai vraiment réalisé qu’un livre, ce n’est pas seulement un produit manufacturé (je le savais déjà un peu), c’est un support à émotions, capable de vous permettre d’évader votre esprit quand vous êtes confiné et déprimé.

Ces rencontres avec les lecteurs sont uniques mais ces tsunamis émotionnels doivent être éreintants à l’échelle d’un salon du livre national.

Les éditions Eyrolles, mon réservoir d’idées créatives

Puis je suis allée sur le stand des éditions Eyrolles qui encouragent ma créativité artistique à fond. Je connaissais Julie Adore qui m’a fait un beau cadeau avec ses petites bonnes femmes si jolies.

J’ai aussi découvert Anne-Laure Jacquart et ses ouvrages de qualité sur la photographie créative ainsi que Sophie Truant, J’ose la gouache. Moi qui me galère avec la transparence de l’aquarelle, je vais me dépêcher d’aller acheter des tubes de gouache extra-fine pour obtenir cette opacité. Je vais bientôt faire une razzia à la librairie Eyrolles en descendant de la montagne Sainte Geneviève, un soir…

L’évènement people de la saison !

Le festival du livre est aussi un évènement people où il faut être vu : en témoigne l’attroupement sur le stand du Seuil pour Jean-Luc Mélenchon, acclamé par des dizaines de jeunes (c’est leur crush visiblement). Il est allé saluer tout innocemment Edouard Philippe, ancien premier ministre qui dédicaçait son livre avec son co-auteur Gilles Boyer.

Vu les sms que j’ai reçu, cette petite séquence vous a plu. Ils étaient tellement tendres l’un envers l’autre que j’ai cru à une galoche imminente. La politique française m’étonnera toujours !

Découvrir les éditions des musées , des institutions de service public

Coédition Louvre/Atelier du poisson soluble

Enfin avant de partir, j’ai fait un saut chez mes chouchous : les éditions du musée du Louvre, toujours chaleureux avec moi après tant d’années (j’ai tenu leur stand à Livre Paris en 2008, je vous raconte tout dans l’épisode 1 de cet article).

Je recommande l’exposition Bulles de Louvre au musée de la BD à Bruxelles qui retrace l’histoire de cette superbe collection coéditée par les éditions du musée du Louvre avec Futuropolis depuis plus de vingt ans !

Je vous invite à découvrir leurs publications jeunesse et BD. Ils portent avec qualité la mission de service public de valoriser les collections d’un des plus beaux musées du monde : mon Louvre chéri, là où tout a commencé en 2005 pour moi !

Cette belle journée (veille de mon anniversaire) se termine au Starbucks Opéra pour rassembler mes notes et mes ressentis pour les partager dans le blog. C’est bruyant, mes voisines de table révisent leurs cours d’économie comme moi en terminale en 2005.

La part de cake citron minuscule coûte 3.50€, le refresha mûres sent le désodorisant pour toilettes… J’aurais dû aller au café Joyeux, passage de Choiseul, on mange bien mieux !

A demain pour d’autres moments de vie !

Il y aura bien un troisième article consacré au festival du livre !

Retrouvez ici mes précédents articles sur le sujet !

-Paye ton auteur !

-En attendant Livre Paris

Une rencontre avec Marie-Aude Murail à Livre Paris

A la découverte du Bible journaling, le manifeste de la discipline.

J’ai découvert Andréa Naomie sur Youtube à l’époque où le Bible journaling était encore un anglicisme méconnu en France.

Ses vidéos étaient donc les bienvenues pour moi car enfin quelqu’un expliquait en français sa passion pour la Bible et le dessin ! Je me suis sentie soudain moins seule !

C’est mon amie de longue date Rebecca avec qui j’ai grandi dans la foi qui m’a offert un carnet Moleskine car elle me connait bien. J’y ai vu comme un défi : tu aimes la Bible, ben prends des notes et dessines !

Je remercie La maison de la Bible, l’éditeur de ce livre qui me l’a offert pour le tester.

Ce livre, je le vois un peu comme le manifeste de la discipline en France. Il se présente en trois grandes parties : Une présentation du Bible journaling à travers l’art dans la Bible, le témoignage personnel de l’auteure et enfin comment exercer sa créativité chez soi.

Ce livre apporte de bonnes idées pour se lancer avec de nombreuses techniques variées. L’auteure est très pédagogue pour expliquer comment elle procède, elle encourage ses lectrices à reconnecter leur spiritualité à Jésus et à la Bible au quotidien. C’est d’ailleurs l’objectif de ce livre : reprendre l’habitude de lire et étudier la Bible pour enrichir sa foi.

J’aime les capcha qui renvoient à des vidéos Youtube car Andréa Naomie est une Youtubeuse qui prêche l’Evangile à ses 11 000 abonnés. Elle a fait des études de théologie et dispense des études bibliques sur le web, le pinceau à l’appui. J’ai d’autres inspirations artistiques avec le collage et mes petits dessins plus graphiques, mais j’apprécie sa démarche.

Il y a de nombreuses chaînes Youtube d’églises ou de chrétiens qui m’intéressent en ce moment : comme Noémie Suzanne, de la chaîne Savoir Chrétien. Les réseaux sociaux et le web sont un nouveau terrain de témoignage de sa foi. Les chrétiens sortent du bois et ils sont talentueux et authentiques !

Le plus important est de trouver son propre style et de ne pas copier les autres. J’ai travaillé pendant cinq ans dans deux des trois plus grandes librairies protestantes de France et j’ai vu arriver avec plaisir cette vague éditoriale de Bibles avec des lignes sur les cotés pour annoter, colorier ou dessiner en 2018.

Sachez que la prise de notes pendant la prédication est une pratique plus répandue dans les églises protestantes que catholiques.

Il existe différents modèles de Bibles adaptées pour prendre des notes :

– La Bible journal de bord, version Segond 21, Maison de la Bible, 48.90€ : un très beau modèle pour écrire, elle comprend des coloriages et utilise un langage accessible à tous ceux qui voudraient découvrir la Bible

La Bible en un an, avec ou sans livres deutérocanoniques, version NFC, Bibli’o, 36€90.

C’est une Bible qui laisse la marge à la méditation quotidienne avec quatre textes de l’Ancien testament, Psaumes et Proverbes et Nouveau testament. Cette manière de lire la Bible permet un éclairage sur certains éléments du texte qui peuvent être plus détaillés grâce à cette lecture quotidienne.

Youth Bible, la Bible pour les adolescents à partir de 14 ans, version Parole de vie, Bibli’o, 34€ 90

Cet après-midi, j’ai vu mes deux cousines de seize ans qui ont pris leur baptême cet été en Bulgarie. Elles ont eu le même cadeau : cette Bible qu’elles adorent. Il fallait qu’elle soit dans cette liste ! C’est un âge où l’on remplit des journaux intimes quand on se construit personnellement avec des thèmes de réflexion très contemporains à la fin ! Les voir la dévorer à ce point donne aussi du sens à mon métier !

Pour finir cet article, je vous laisse une activité pour prolonger ce temps de Pâques, que l’annonce de Sa résurrection soit une source d’espérance au quotidien dans vos vies !

Retrouvez-ici mes meilleurs articles consacrés à ma passion pour le Bible journaling depuis maintenant cinq ans !

Ma meilleure routine pendant le confinement : le Bible journaling

Dévorer l’Ancien testament grâce au Bible journaling

Vivre sa foi quand on est adolescents : la Youth Bible

Notre Dame brûle, un article fleuve pour un film magistral

Attention, article fleuve ! Je vais de plus en plus rarement au cinéma et il ne fallait pas passer à coté de Notre Dame brûle. Beaucoup de nos collègues de travail l’ont vu d’ailleurs.

J’aime l’Histoire de France mais pas au point d’être une inconditionnelle de Secrets d’Histoire comme bon nombre de mes amies (elles se reconnaîtront !).

Ce film raconte une aventure humaine exceptionnelle qui aurait pu échouer sans cet extraordinaire esprit d’équipe. D’ailleurs, ce film est lui aussi une œuvre collective bâtie sur la réunion de 28000 vidéos amateures collectées.

Une cathédrale médiévale qui émerveille les enfants depuis huit siècles

La pochette de l’album fait froid dans le dos

Comme la plupart des Français et des touristes du monde entier, j’aime Notre Dame de Paris depuis mon premier voyage à Paris en 1998.

J’avais onze ans, j’étais en CM2 et c’était la folie Notre Dame de Paris avec la comédie musicale.

On braillait Beeelle dans les cours de recréation après être allés voir le Disney : Le bossu de Notre Dame en 1996.

Ma tante Patricia m’avait offert un Découvertes Gallimard sur les cathédrales pour ma première communion, et je l’ai gardé dans ma bibliothèque depuis.

Puis, je suis montée à Paris faire mes études à l’Ecole du Louvre et vivre dans un foyer de filles : La Vigie sur l’île Saint-Louis. On allait se manger des glaces Amorino sur le pont Saint-Louis entre les deux iles en se disant qu’on avait une chance folle de vivre ici, dans le plus bel endroit du monde pour nos dix-huit ans.

Droits réservés Jacques Mossot, Structurae

Alors quand l’incendie s’est déclaré, j’ai tout de suite pensé à mes plus beaux souvenirs dans cet endroit familier pour tous les amoureux de Paris dans le monde entier.

J’étais chez moi en congé maternité, j’ai été alertée par la une du Monde, mes collègues qui travaillaient à la librairie 7 ici, près du quai Voltaire étaient aux premières loges. C’était le lundi 15 avril 2019 pendant la semaine pascale, mes beaux-parents venus de Bulgarie l’avaient visitée deux jours avant.

On s’est endormis l’esprit bien préoccupé. Le sommeil a été plus libérateur plus tard dans la nuit quand nous avons lu sur Internet que les deux tours étaient sauvées.

Un monument universel, aimé par le monde entier

J’ai beaucoup pensé à ces centaines de gens qui se sont massés sur les quais à Saint-Michel, sur l’Ile Saint Louis pour veiller sur leur église. C’est le monument touristique le plus visité d’Europe mais c’est aussi une église locale avec ses paroissiens.

Notre Dame est aussi un bâtiment éminemment politique : c’est là que Napoléon a été couronné comme le montre ce tableau gigantesque de David au musée du Louvre. Bien plus tard, le général de Gaulle a été acclamé par les cloches de Notre Dame lors de la libération de Paris en août 1944.

Ce film est un thriller qui raconte une journée hors-normes pour des milliers de gens. Certains étaient sur le terrain pour leurs premiers jours : l’agent de sécurité incendie, deux jeunes pompiers pour leur premier feu, d’autres travaillent depuis des années. Pourtant avec toute l’expérience possible, l’homme est limité. Il doute, il panique sous l’effet du stress ou il est coincé dans les embouteillages pour secourir Notre Dame.

Les premiers pompiers à intervenir viennent de la caserne de la rue de Poissy juste à coté du collège des Bernardins. La maire de Paris Anne Hidalgo et son directeur de cabinet sont également aux premières loges de ce désastre depuis leurs fenêtres de l’Hôtel de ville.

Copyright David Koskas

Le thème du film c’est de rendre hommage à cet esprit d’esprit d’équipe qui a permis de sauver un patrimoine historique, artistique et culturel commun au monde entier, que l’on soit chrétiens ou non. Ces pompiers sont des héros qui sont allés au bord de leurs limites pour faire leur métier. Avec Jean-Jacques Annaud, la réalité donne matière à un film de super-héros. Mais ici pas d’effets spéciaux, tout est véridique !

Mais les meilleurs moments du film montrent leur humanité : quand un pompier annonce une très bonne nouvelle pour le sauvetage des reliques alors qu’il s’agit de fac-similés, quand un pompier joue timidement des coudes parmi les gradés pour exposer son plan…

J’ai aimé leurs connaissances sommaires mais bien présentes de l’histoire de l’art occidental. Un des pompiers a eu une formation au musée du Louvre pour sauvegarder les plus beaux trésors de la chrétienté depuis le Moyen-âge. Le roi Saint Louis a endetté son pays pendant trente-cinq ans pour acquérir les reliques les plus précieuses de l’Occident. Il a même crée un reliquaire monumental sur l’île de la Cité : la Sainte-Chapelle.

Le plus beau moment de ce film est quand les pompiers sont portés par la louange des gens en bas qui monte dans les hauteurs : Amazing Grace. Moment de grâce.

Il faut dire que les pompiers sont alors bien fatigués par des heures de lutte contre le feu, à courir comme des déments dans des escaliers étroits avec quinze kilos de matériel dans des conditions extrêmes.

Le combat semble gagné par le feu, la cathédrale menace de s’effondrer comme les tours jumelles de New-York et de réduire en cendres l’Ile de la Cité, le joyau de Paris. C’est peu dire l’enjeu symbolique pour tout un pays. Pourtant, le commandant des opérations refuse de mettre en jeu la vie des pompiers pour des pierres même si elles ont 850 ans d’Histoire. On peut reconstruire une cathédrale mais pas la vie d’un pompier.

Quel réconfort d’entendre pareil discours face à la pression médiatique des réseaux sociaux, le risque de récupération politique lorsque que les autorités du pays accourent sur le parvis. J’ai beaucoup apprécié que l’action des pompiers soit unanimement saluée cette nuit là.

Le film se moque gentiment de Donald Trump qui a tweeté qu’il fallait envoyer des canadairs. Quand on ne connait que les gratte-ciels new-yorkais, on ne vient pas donner des conseils sur l’architecture médiévale européenne !

Copyright Guy Ferrandis

Comme quoi en France, on sait chérir ce que l’on a réussi à sauver quand on est à deux doigts de le perdre. Ce très beau film montre aussi combien la France est un pays très bien organisé et solidaire pour gérer des situations de crise majeures.

La devise de la ville de Paris inscrite sur les casques des sapeurs-pompiers de Paris montre alors toute sa force : « Il est battu par les flots mais ne sombre pas ». Quelle chance que Notre-Dame se trouve à proximité de la Seine pour alimenter les pompes à eau.

Copyright Mickael Lefevre – BSPP

Enfin, ce qui saute aux yeux quand on regarde ce film, ce sont les enchaînements d’avaries vécues par les pompiers, le régisseur des œuvres de la cathédrale mais pourtant la cathédrale est sauvée. Un miracle, cela ne s’argumente pas, ça se constate…

Jean-Jacques Annaud est un réalisateur athée, spécialiste de films historiques qui respectent le recueillement, la foi et la spiritualité. Il a réalisé un chef d’œuvre que je me dépêcherai d’acheter en DVD pour garder mémoire du dévouement des pompiers de Paris dans ma bibliothèque. Une véritable leçon d’humanité !

Retrouvez-ici mes articles qui traitent de la foi chrétienne

Trois chaînes Youtube qui vont transformer ta conception de l’église le dimanche matin

-L’amour de Dieu plus fort que le napalm : Sauvée de l’enfer

A la rencontre d’un ami : Rendez-vous dans la forêt d’Alain Auderset