En août, Le bal littéraire des sardines se cale à l’heure bulgare

Comme chaque été depuis sept ans, je pars en Bulgarie, patrie de mon cher époux. Mon blog se met donc à l’heure bulgare (+1 heure de décalage horaire) à partir du 5 août.

Au programme : Sofia, Cherven Brag, Bourgas et Sozopol. Ce n’est pas un carnet de voyages comme un autre car je ne suis plus tout à fait une touriste en Bulgarie. Nous allons rendre visite à la grand-mère de mon mari dans un endroit peu connu des Français du film Premières vacances Je suis une bien meilleure ambassadrice de la Bulgarie que ces casse-pieds taquins soit dit en passant…

J’ai envie de vous parler cuisine, vestiges communistes, art de vivre et farniente (je suis sûre que Sozopol devient une destination touristique un peu connue, on a croisé des gens de Roubaix il y a deux ans).

Tous les jours, je vous posterai une photo ou publierai une story significative pour vous raconter notre voyage et vous donner envie d’être curieux. Les Bulgares sont particulièrement hospitaliers et francophiles (surtout un !)

Première découverte pour vous : le tarator bulgare. C’est cadeau pour vous, pour affronter les températures terribles de ces prochains jours !

Tout à fait réalisable en France (contrairement à la shopska salade qui demande des ingrédients typiques bulgares, je vous en parle dans un prochain article, c’est mon aliment de base).

A bientôt sur Facebook et Instragram, on a un avion à prendre !

Mes précédents articles qui parlent de la Bulgarie :

Carnet de voyages à Sozopol et Sofia

Mon top 5 des meilleurs parcs et jardins en Europe.

Les contenus de juillet

D’habitude en juillet, canicule oblige, je ferme à toute vitesse mon ordinateur. Aucune envie de bloguer. Mais cette année, portée par des températures beaucoup plus clémentes et de bons sujets, rien ne m’arrêtait.

J’ai publié sept articles avec beaucoup de plaisir. Certains marquaient un sacré dé-confinement culturel : un retour très apprécié dans les salles de cinéma et les musées.

Je me suis régalée avec le film Les parfums, une belle histoire d’amitié qui ne se termine pas obligatoirement au lit.

Copyright Les Pyramides

Ensuite, j’ai tenu à remercier tous ces gentils Kubers qui m’envoient de belles cartes postales pour me remercier pour les lectures que je leur recommande chaque mois.

J’ai récidivé à écrire un second article sur l’exposition Louis de Funès à la Cinémathèque tellement ce petit monsieur est un génie de la comédie.

Une autre exposition de société m’a tapée dans l’oeil : l’exposition Lu au musée d’Histoire de Nantes. L’occasion de rendre hommage à tous ces braves routiers qui nous ont nourri pendant le confinement. Une pénurie de biscuits serait une sacrée épreuve chez nous !

J’ai lu un chouette roman qui ne payait pas de mine vu sa longueur : Millésime 1954. C’était un voyage dans le temps très agréable. Au même moment, j’ai acheté le carnet urbain de coloriages de Paris de Zoé de las Cases. Je me suis lancée dans une compilation de souvenirs de quinze années à Paris depuis mon arrivée en 2005 sur l’île Saint-Louis. Vaste chantier !

Nous avons rejoint notre famille et nos amis à Valence et Lyon, de belles retrouvailles depuis le confinement. Il fait beau et chaud, le rosé et le barbecue étaient au rendez-vous.

Enfin, j’ai lu un roman fort sur la Floride des années 1960. J’ai trouvé le titre un peu nul mais c’était un bon moment de lecture et d’évasion. Venetian pool, attends-moi !

Ma chérie, au bord d’une piscine de Miami.

Comme j’ai un vrai souci pour lire un bon roman jusqu’au bout sans me décourager, je scrute avec attention le blog My pretty books, écrit par Fiona qui est bibliothécaire. Son blog est une vraie mine d’or, ses avis sont souvent ceux d’une critique littéraire aguerrie.

Fiona a un vrai talent pour mettre en valeur le résumé et les thèmes charnières d’une histoire. J’ai voulu lire Ma chérie car cela parle d’une fille pas si paumée que cela en Floride dans les années 1950-1960.

Inspirée par @Mamasdrawings

Bon, le titre de ce roman est nul (ça commence mal) mais la couverture du format poche est jolie. J’ai détesté les deux premiers chapitres qui ne développent pas assez la psychologie d’une femme, Gloria que l’on va suivre pendant deux cent pages tout de même ( mais je les ai relus après avoir fini le livre, cherchez pas la logique…)

Je vous laisse découvrir la chronique de Fiona au sujet de ce roman. J’ai choisi de parler de ce livre dans mon blog pour une raison toute autre : rêver de Miami et de la Floride. C’est un projet pour nos dix ans de mariage d’aller faire un grand voyage aux Etats-Unis.

Dans les films ou les séries, on caricature un peu la Floride comme un repaire pour retraités friqués. Les parties de golf de Donald Trump sur les deniers de l’Etat ne vont pas redorer le blason de la Floride. Ce roman met à l’honneur la richesse architecturale de Miami ainsi que son histoire. C’est un état du Sud, réputé très conservateur.

J’ai appris avec ce roman, ce qu’était un ou une redneck. C’est à dire un péquenaud peu ouvert sur le monde. Cela tombe mal, la Floride c’est un creuset de bon nombre d’ethnies par sa position géographique,aux portes des Caraïbes… Avec ce roman écrit par une Française très bien documentée, j’ai appris qui étaient les Séminoles, ce peuple amérindien qui s’est révolté contre la colonisation anglaise et qui est venu en aide aux esclaves afro-américains.

Mon frère Ugo qui voyage beaucoup pour son travail, a pris la sympathique habitude de nous envoyer des cartes postales du monde entier. Celle de la Nouvelle-Orléans nous a vraiment donné envie d’aller visiter le Sud des Etats-Unis. Je rêve des Keys, du parc Disney et des ballades architecturales à Miami et Tampa. C’est incontournable pour moi d’aller à Venetian pool, cette ancienne carrière transformée en piscine d’eau de source. Je vous en parlais déja dans l’une de mes chroniques du roman La piscine de Rosemary.

Retrouvez ici d’autres articles en lien avec les Etats-Unis ou les piscines de rêve :

Combattre le racisme à l’aide des livres et des films

– Mon crush lecture : La couleur des sentiments

– Chronique du roman La piscine de Rosemary

Exulter de rire et de joie en vacances dans un vieux train entre Valence et Lyon !

Vendredi matin, nous sommes partis tôt pour Valence retrouver notre famille après le confinement. On préfère voyager en semaine et sur trois jours, c’est plus rentable vu le barda qu’on emmène avec une jeune biche de seize mois.

Pour une escapade à Valence, je vous recommande de choisir la gare de Valence ville et non Valence TGV qui se trouve loin dans la campagne. Pour visiter le parc Jouvet, la place des Clercs, la maison des têtes… c’est beaucoup plus pratique.

Après un bon tour de manège dans le superbe parc municipal crée en 1905, nous sommes partis pour Saint-Péray, le pays des vins. C’est peu dire que j’aime ce grand village où mes parents ont acheté une chouette maison il y a cinq ans désormais. Voici mes meilleures adresses à retrouver ici.

Je me suis accordée un petit kiff de maman en allant nager à la piscine municipale en plein air. Nous étions seules, ma daronne et moi. C’était même un peu triste de voir ces bassins vides sans enfants qui courent de partout et s’éclaboussent.

Le lendemain, on a grimpé (littéralement) dans un antique TER qui nous menait jusqu’à Lyon Part-Dieu retrouver nos bons copains chez eux à Villeurbanne. Je ne sais pas si c’était la nostalgie des années 1990, la belle vue sur le Rhône et les vignes de Tain l’ Hermitage… Mais il régnait dans ce wagon une ambiance de douce folie.

On a bien fait les déglingos tous les trois, Petite biche, Mon chéri et moi à brailler « On est en vacaaaances » dans le wagon alors qu’on ne l’était pas encore et à danser de manière très contradictoire. Les gens du wagon voisin en ont pris pour leur grade mais cela faisait du bien d’exulter, manifester bruyamment que Coco le virus n’allait pas nous voler notre joie cet été.

On s’est bien régalé à retrouver nos copains, nos biquets ont deux mois d’écart et s’entendent comme larrons en foire (c’est eux qui jouent au molky ensemble maintenant!). Le barbecue, les pizzas étaient au rendez-vous, énorme fou rire quand une main innocente a renversé mon verre de rosé dans mon assiette et m’a bien douchée ! Bref, il était loin le confinement et c’était bon !

Pendant ces deux jours, nous avons fait un superbe pique-nique en soirée devant les serres du parc de la Tête d’or même si nos charmantes têtes blondes ne nous ont pas laissé le loisir de faire notre traditionnelle partie de molky.

Le dimanche matin, nous avons gagné le centre-ville de Lyon en métro. Direction la place Bellecour déserte puis le Vieux-Lyon par les passerelles qui enjambent la Saône. Avec ces collines, ces immeubles à la chaux, ces fleuves d’un beau vert, on hésite entre mille références : Florence ? Budapest?. Lyon est une ville assez incroyable, un petit air d’Italie assez remarquable.

Droits réservés Lyon France

Même si je viens de Valence, je connais beaucoup mieux Paris et Marseille que Lyon. Ces escapades amicales sont donc l’occasion de pallier nos carences lyonnaises. L’an dernier, nous avions enfin visité le parc de la Tête d’or et nous y sommes retournés avec grand plaisir. Ses cactus et autres plantes sont vraiment impressionnants. J’aurai bien joué à la pétanque !

Je vous recommande la lecture de ce super guide touristique de Lyon qui vous fera découvrir cette ville unique sous un angle tout à fait insolite. Avec ses vieilles traboules, ses bouchons lyonnais…, on sent bien que cette ville a un caractère historique bien particulier. Lyon, c’est plus que la ville de la praline, du coussin de pâte d’amandes et de la quenelle (de semoule!).

Puis, nous avons pris le train pour regagner nos pénates. Même si nous pestons beaucoup contre la capitale cette année, on était content de rentrer à la maison. Cela sentait l’écurie dès l’arrivée à Paris-gare de Lyon !

Retrouvez mes précédents articles Lifestyle en Rhône-Alpes :

Mon top 5 des jardins publics en France et en Europe

-Un week-end de mariage en Rhône-Alpes

Viens faire un tour sur le plateau ardéchois

Se régaler en Drôme Ardèche

Millésime 54, un chouette petit roman qui cultive la nostalgie du Paris d’avant

Il ne faut jamais se fier à la longueur d’un livre. J’ai tendance à privilégier les gros pavés qui envoient du lourd pour un mois de lecture au moins…. et ça réduit drastiquement mes chances de lire un bon roman (je deviens ultra sélective).

Avec Millésime 54, je me suis accrochée à ma lecture même si je m’ennuyais au démarrage, ces quatre personnages étaient assez sympas donc j’ai poursuivi et j’ai bien fait. Ma lecture suivante dont je ne me souviens même plus du titre (une histoire de lettres en Espagne pour sauver la postière locale) , je ne lui ai pas laissée sa chance, abandon au bout de trente pages !

Le résumé :

Millésime 1954 raconte la rencontre entre quatre personnes que tout oppose mais qui vont devenir amis le temps d’une soirée à partager un verre d’un très bon vin. Hubert, le président du syndicat de copropriété invite deux propriétaires de son immeuble, Magalie et Julien tous deux célibataires à partager sa soirée. Ils l’ont aidé à se sortir d’un cambriolage rocambolesque de sa cave, soutenus par Bob, un Américain débrouillard mais fraîchement accueilli par Hubert. Il vient prendre possession d’un AirBnb, pratique peu appréciée par les Parisiens du quartier. Cette fameuse bouteille de vin les enverra tous les quatre en 1954, un voyage drôle et léger dans les couloirs du temps…

Mon avis :

C’est une histoire simple mais efficace comme un petit beurre à la sortie de l’école. Le ressort de ce roman, c’est la nostalgie du Paris des années 1950. Les anachronismes fonctionnent aussi bien que la comédie populaire Les Visiteurs (sans la visite au vieux mage dégarni). J’ai beaucoup aimé le chapitre où Hubert se rend au Ritz et trouve que la RATP a vraiment fait les choses en grand pour les journées du patrimoine.

Antoine Laurain est un écrivain brillant qui a su me divertir dans le métro avec des trouvailles géniales et des répliques très tendres : notamment quand Bob propose de partager ses dollars avec ses trois amis qui n’ont que des euros et qui ne pourront rien faire avec, en souvenir de La Fayette.

Avec ces quatre personnages, on rencontre Salvator Dali, Jacques Prévert et Robert Doisneau, Audrey Hepburn et le fondateur du Harry’s bar (adresse totalement inconnue alors que je passe dans ce quartier tous les jours), Edith Piaf et Jean Gabin… Ce n’est pas très plausible parfois mais on s’en fout, la magie de la nostalgie opère. Je me suis trouvée des points communs avec cette Magalie, toute émerveillée de se retrouver dans l’animation disparue des légendaires Halles de Paris. Ce roman est une magnifique déclaration d’amour à Paris, j’y ai appris des choses comme la fameuse langue inventée des métiers de bouche dans les Halles.

Ils vont partir tous les quatre à la campagne pour remonter les couloirs du temps en retrouvant le père la soucoupe, l’aïeul de Julien. C’est une histoire de doux dingue bien agréable à lire.

La force de ce livre repose sur l’amitié entre ces quatre personnages qui se connaissent peu et qui vont devenir de vrais amis en quelques jours. On ne passe pas 300 pages à d’étendre sur leur psychologie (même si on comprend vite certaines failles, joies et désillusions de leurs vies) mais on s’attache très vite à eux. Chacun va s’accommoder rapidement à ce voyage dans le temps complètement déstabilisant car il va les aider à donner un sens à leur vie. J’ai aimé particulièrement le personnage d’Hubert. On sent qu’il s’est enfermé dans une routine un peu ennuyeuse, sa femme semble faire peu de cas de lui.Il va s’attacher à Magalie et Julien ainsi qu’à Bob dans un véritable esprit de camaraderie et d’entraide.Il n’y a aucune réplique vacharde entre eux comme on peut les trouver dans des films : Bourvil et De Funès dans La grande vadrouille par ensemble.

Cette très belle camaraderie est très agréable à lire dans la scène de pêche miraculeuse qu’ils vivent ensemble à la campagne. Hubert comprend alors la beauté du moment et la vanité de sa vie d’administrateur immobilier régie par des avalanches de mails quotidiennes.

Avec mon mari, on s’est amusé à regarder des vidéos de l’ Ina qui interviewait des adolescents dans les années 1960. Force est de constater le fossé culturel et sociétal entre la manière de parler un peu gauche et l’aplomb d’aujourd’hui. Internet et les réseaux sociaux sont passés par là.

Ma note :

3

Ce petit roman a été une agréable surprise même si j’ai peu accroché à quelques moments qui me paraissaient peu plausibles. Je ne suis pas une passionnée des histoires de soucoupes volantes. Mais j’ai beaucoup aimé les anachronismes et la jolie nostalgie de ce roman. Le personnage de Bob l’Américain qui reconnait le Dieu des miracles dans la guérison de sa femme désespérée est un très joli moment du livre…

Cette veine nostalgique m’a convaincue de me lancer dans un projet d’une grande ampleur. Je vous avais parlé de mon carnet de coloriages de Paris, réalisé par Zoé de las Cases. Pour mes quinze années à Paris en septembre prochain, j’ai décidé de transformer ce carnet assez plat en un carnet de souvenirs avec des collages, des coloriages à l’aquarelle, aux feutres… pour compiler tous les coins de Paris que j’aime et ça sera une sacrée entreprise !

Alors, je colle des cartes géographiques de Paris, des cartes de visite, j’enrichie le carnet d’adresses de cette Zoé avec mes propres souvenirs. Voici un petit aperçu du démarrage de ce grand projet !

Respirer une bonne odeur de biscuit à l’exposition Lu à Nantes

J’aime beaucoup les expositions de société sur l’histoire d’une entreprise par exemple. Je ne suis jamais allée à Nantes, l’eldorado immobilier de tous les Parisiens exilés en ce moment.

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J’irai bien découvrir le château des ducs de Bretagne avec ma famille pour visiter l’exposition LU, un siècle d’innovation du 27 juin au 3 janvier 2021. Ce château abrite le musée d’Histoire de Nantes. C’est là où tout a commencé pour le 2eme géant mondial du biscuit, les usines Lu sont incontournables dans le paysage économique et culturel de la ville.

Cette marque de biscuits a marqué l’histoire de l’art avec ses réclames publicitaires réalisées par Alfons Mucha entre autres et le fait que l’enfance soit mise en avant comme argument marketing. Le petit dernier de la famille Lefèvre-Utile a sa bobine tamponnée sur des milliards de Petit-écolier depuis 1882.

Cette exposition me paraît être un bon rappel de l’actualité toute récente. On dénigre l’industrie agro-alimentaire à grands cris actuellement mais on peut surtout remercier Dieu de ne pas avoir vécu de pénurie alimentaire pendant ce confinement. Les biscuits m’ont été d’un grand réconfort (j’assume) quand je me demandais combien de temps cette assignation à résidence allait encore durer. Un livre Routiers publié par les éditions de l’Iconoclaste, rend hommage aux routiers qui nous nourrissent quotidiennement et qui ont été vraiment maltraités sur les aires d’autoroute.

Pendant ce confinement, les sacs de farine étaient aussi recherchés que des lingots d’or car la pâtisserie est une valeur refuge quand l’heure est à la peine. Le petit beurre c’est le biscuit universel de la petite enfance, un plaisir sain à l’image de son packaging simple mais terriblement efficace.

La prouesse technique est là : proposer une exposition en odorama. Moi renifler l’odeur des Paille d’or pendant ma visite, ça me motive à prendre le train. Chacun a un lien affectif avec les biscuits Lu. Mon frère et mes parents sont des fans des Figolu pour le sport et les randonnées. Il y a même eu une pétition quand Lu a retiré des grandes surfaces la recette d’origine des biscuits à la figue en 2015.

J’aime ces expositions de société qui rendent compte de notre vie quotidienne, il y a de la matière à étudier pour les musées sur les manières de vivre qui évoluent. Ce confinement nous l’a montré.

Je vous recommande d’autres belles expositions aussi populaires les unes que les autres :

– Les objets du confinement trouvent refuge au Mucem.

Louis de Funès, meilleur remède contre la sinistrose, à l’honneur à la Cinémathèque française.

– René Goscinny, le génie de l’humour, trésor national français.

Retourner au musée en compagnie de Louis de Funès.

Il a été l’amuseur de bon nombre d’après-midi télévision pendant le confinement, avec même des records d’audience.

Louis de Funès est un grand enfant qui plait à toutes les générations, même celles qui ne connaissent ni le Minitel, ni Georges Pompidou. C’est la réflexion que je me suis faite ce matin en visitant l’exposition de Funès à la Cinémathèque française.

Il y avait des enfants et ils n’avaient pas l’air de s’ennuyer comme moi quand on me traînait dans des galeries interminables pour regarder des céramiques antiques ou des tableaux barbants (j’en ai redemandé plus tard pendant cinq ans à l’Ecole du Louvre comme quoi…).

Ils avaient même l’air de bien s’amuser à faire des photographies dans la DS de Fantomas ou en regardant des extraits de La soupe aux choux ou bien la danse de Rabbi Jacob.

Cette exposition est une grande réussite populaire, elle touche toutes les tranches d’âge. Après avoir écrit un précédent article sur Louis de Funès, je récidive tellement cette exposition m’a plu pour sa scénographie très intelligente et actuelle.

La première salle est très dense, elle a même provoqué un bouchon en ces temps de distanciation sociale.

On est accueilli par les répliques phares de Louis : « Ma biche », « Foutez moi le camp », « Vous me le paierez« … La première salle fait grand honneur aux génies comiques du siècle dernier qui ont inspiré De Funès : Buster Keaton, Laurel et Hardy, Charlie Chaplin avec des citations du comédien sur les murs…

La deuxième salle très bien conçue met en scène des extraits de La traversée de Paris avec Jean Gabin et Bourvil, mais c’est en noir et blanc, un film légendaire certes mais qui ne m’a pas marquée.

Puis, c’est une avalanche de couleurs dans les salles suivantes avec une large chronologie qui montre en quoi Louis de Funès fut le héros des Trente Glorieuses. Le musée a été généreux en objets et c’est la vraie valeur ajoutée de l’exposition. J’ai étudié au Mucem et j’aime vraiment les objets : le costume extra-terrestre de Jacques Villeret dans La soupe aux choux, les casques de soldats allemands de La Grande Vadrouille, la 2CV toute déglinguée du film Le corniaud. La plus belle pièce est bien sûr la voiture de Fantomas transformée en divan pour les spectateurs…

« J’ai toujours joué ma mère  » Louis de Funès

C’est une exposition très moderne qui se sert des écrans numériques pour toucher les jeunes générations : un écran tactile propose au spectateur de découvrir toutes les expressions du visage de Louis (c’est vraiment une idée de génie), un autre compare les costumes de scène de La folie des grandeurs avec les tableaux de Velasquez, au siècle d’or.

Je me suis vraiment régalée avec cette exposition. Il y avait même une équipe de tournage pour filmer un reportage.

En sortant de l’exposition, je me suis dis que c’était bien dommage de ne pas l’avoir visité avec mon petit frère Ugo. Quand nous étions à l’école primaire, on avait le droit de regarder chaque veille de jour férié un film de Louis de Funès. Et on ne faisait pas les fines bouches à chaque rediffusion, même lycéens, on regardait encore ses films.

Puis, je suis sortie du musée par la rue de Bercy. Les pavillons en pierre meulière étaient superbes et imposants. Je me suis dis qu’il faudrait vite revenir dans le cour, visiter le parc de Bercy et retourner au cours Saint-Emilion depuis le temps.

Des cartes postales de la part des Kubers, la communauté de lecteurs de la box littéraire dont je suis partenaire !

Depuis 2017, je suis partenaire de la box littéraire La Kube. C’est une expérience professionnelle vraiment enrichissante avec une équipe vraiment formidable ! Ils nous invitent même à un dîner annuel chaque année avec d’autres libraires, des éditeurs, des auteurs…. Des amours, je vous dis !

Leur box n’est pas un simple concept marketing, ils ont pensé à tout et même à la petite carte de remerciements que les Kubers peuvent poster au libraire pour le remercier ou partager ses impressions de lectures. Et ça c’est très fort.

Je me suis même achetée une belle grille chez Maisons du monde, inspirée par le blog de Néroli pour les avoir près de moi,sur mon bureau.

Voici un petit florilège des gentils messages que j’ai reçu et qui me motivent quand on me dit à longueur de recommandations aimer Marc Lévy, Harlan Coben, Guillaume Musso, Katherine Pancol….

Je n’ai rien contre eux et ne formulerai aucune critique élitiste et snob envers leurs lecteurs (le principal dans la lecture, c’est la détente et l’évasion de l’esprit). Mais personne n’a besoin de moi pour lire des feel-good et autres best-sellers, ils inondent toutes les grandes surfaces culturelles.

Pour vous raconter une anecdote, j’ai recommandé des romans grand public à une amie chère à mon cœur (ma témoin de mariage Gwen) et elle a eu beaucoup de mal à les trouver à Cultura dans son coin pourtant très touristique du Var. C’était toujours les mêmes auteurs en tête de gondole et il fallait bien dix jours pour les commander.

La Kube de décembre !

C’est quand même un peu fou cette économie culturelle à deux vitesses entre régions. Les trois quarts de la clientèle de la Kube sont des provinciaux ou des gens qui vivent à l’étranger. Ils viennent principalement de petites villes ou même de villages que l’on peut qualifier de zones blanches.

Grâce à eux, je voyage en Lozère, dans le Tarn, dans le Sud-Ouest, dans l’Ouest de la France que je connais peu, autant de coins qui ont peu de librairies ou de bibliothèques à côté de chez eux. C’est pour cela que j’aime autant collaborer à la box Kube !

Après la page spéciale carnets de voyages urbains, mon chantier éditorial cet été sera de créer une page Vous cherchez …. un roman, une BD, une expo ? pour référencer un peu mieux mes meilleurs articles du blog (parmi les 150 publiés depuis 2017) et mes meilleures recommandations de la Kube.

C’est un vaste projet qui va bien m’occuper jusque Noël, je pense.

Mes précédents articles qui parlent de ma collaboration avec la Kube !

– L’heureuse invitée du dîner Kube chez Bofinger, place de la Bastille.

Retour sur l’expérience Kube

– Une claque littéraire avec le roman La vie rêvée des chaussettes … grâce à Kube !

Avec le film Les parfums, vous allez retrouver le goût et l’odorat…

Ce n’est pas moi qui le dit mais la punchline assez efficace de la publicité du film sur tous les bus parisiens en ce moment. Ce film, j’ai guetté sa sortie pendant le confinement parce que le sujet est passionnant (j’ai même lu le dossier de presse) et j’aime beaucoup le jeu d’acteurs d’ Emmanuelle Devos et Grégory Montel.

Mon amoureux est un fin connaisseur des parfums masculins un peu exceptionnels qu’il traque dans Paris avec une rigueur de fin limier. Même si le titre du film est peu original, il donne envie de se déplacer au cinéma. Le métier de nez ça envoie du rêve et ça suscite toujours la curiosité.

Copyright Les Pyramides

Le résumé :

Anne et Guillaume sont deux quadragénaires parisiens solitaires. Lui est un chauffeur un peu fauché, papa divorcé qui cherche à pouvoir recevoir sa fille de dix ans en garde alternée. Elle est nez pour de grandes marques de l’industrie afin de trouver la solution miracle à une mauvaise odeur persistante d’un sac en cuir, d’une usine pétrochimique. Un emploi bien moins glamour que son ancienne carrière de créatrice de parfums mais qui est très recherché. Anne et Guillaume seront chien et chat au début de leur collaboration professionnelle mais au fil de leurs voyages en voiture, ils apprendront à se connaître et à s’entraider par des conseils personnels judicieux…

Mon avis :

Ce film m’a réconciliée avec les comédies sentimentales françaises. Il évite les poncifs qui me lassent de ce genre de films : vont-ils se séduire? Passer la nuit ensemble et se quitter sans dire un mot le lendemain matin?.

Ce film est une histoire d’amitié et d’entraide entre un homme et une femme. C’est bien joué par tous les acteurs : le duo Emmanuelle Bedos et Grégory Montel en tête mais aussi la ravissante petite fille de dix ans très touchante (Zélie Rixhon), le patron un peu looké Gustave de Kerven, Louise, l’agent artistique d’Anne complètement cynique limite malveillante….

Copyright Les Pyramides

Les dialogues sont intéressants et d’une grande finesse psychologique, les scènes se succèdent tout en émotions et en sincérité. C’est du beau cinéma qui redonne espoir en l’amitié, l’ascension sociale de Guillaume, le bonheur d’Anne dans les bras de son médecin un jour…

J’ai beaucoup aimé trois scènes du film en particulier :

– Anne donne à Guillaume le conseil d’emmener sa fille dans un endroit qu’il aime pour lui transmettre des souvenirs pour ses dix ans. Il l’emmène sur la plage de Trouville en face de l’hôtel des Roches- noires et de l’ancien casino. J’y suis allée à quatre reprises avec ma grand-mère Annette et vingt ans plus tard, les souvenirs sont toujours là.

– Guillaume fait remarquer à sa patronne au restaurant que « les gens n’ont pas seulement une odeur ». Elle se fait violence pour sortir seule boire un verre dans un bar très animé en pleine semaine. Le spectateur est alors pleinement témoin de son malaise et de l’effort considérable qu’elle fait.

– la scène où Anne récupère un savon de sanitaires collectifs dans une station service qui lui rappelle un souvenir d’enfance. Cette scène dans le début du film exprime bien ce en quoi consiste le métier de nez.

Copyright Les Pyramides

Ma note :

5

Je mets bien évidemment la note de cinq sardines à ce film pour le jeu des acteurs, l’originalité de cette histoire qui mise sur l’entraide et l’amitié entre un homme et une femme et non pas sur le sexe et la séduction. On a envie de voir autre chose aussi de temps en temps ! J’ai beaucoup aimé la manière dont Anne et Guillaume reprennent leur vie en main !

Copyright Les Pyramides

Retrouvez ici mes précédents articles films et séries :

Mes premières fois sur Netflix, l’amitié au lycée

Pourquoi Chamboultout m’a chamboulée

– Standing ovation pour Tout le monde debout avec Alexandra Lamy et Franck Dubosc

Virgin River, une série Netflix qui parle de la guérison émotionnelle

Les objets du confinement au Mucem

J’ai trouvé cette idée vraiment géniale et même indispensable compte tenu de cette période historique mais néanmoins assez traumatisante : récolter les objets du quotidien pendant le confinement. Elle émane du MUCEM, un musée de société national qui se trouve à Marseille, dans un lieu unique !

Pendant mes études à l’école du Louvre, les conservateurs du musée furent mes professeurs de la spécialité Anthropologie sociale et culturelle de l’Europe. C’est peu dire que je suis restée à l’Ecole malgré mes nombreux redoublements et échecs parce que cette spécialité me passionnait. J’ai même eu la chance de faire un stage pour collaborer à l’élaboration de l’exposition Masculin /féminin, le bazar du genre à la caserne du Muy et au fort Saint-Jean en juillet 2011.

Lors de ce stage, j’ai eu la chance d’assister au feu d’artifice du 14 juillet en haut de la tour du roi-René. Je le racontais dans un article que j’ai ressorti des placards. En ce moment, je regarde beaucoup dans le rétroviseur pour raconter mes bons souvenirs professionnels dans ce blog. Dans un prochain article, je vous raconterai comment ma mère m’a fait le grand cadeau de me dégoter un foyer de filles sur l’île Saint-Louis pour commencer mes études à Paris. Nostalgie quand tu nous tiens !

Droits réservés. Office de tourisme de Marseille.

Revenons à mes études d’anthropologie à l’Ecole du Louvre ! C’étaient des cours thématiques vraiment passionnants : une année traitait des plaisirs de l’eau et de l’architecture balnéaire en Europe. L’autre année, j’ai étudié les objets du quotidien qui marquaient vraiment le genre ou qui étaient uni-sexe. Bref, j’ai vraiment aimé ces cursus d’étude qui sont les plus passionnants en histoire de l’art : j’en avais ras le bol des vases grecs figures rouges ou figures noires, des objets d’art de l’époque napoléoniens ou des stucs de je ne sais plus où.

Moi, ce que j’aimais c’était les comportements sociaux, les modes de vie tout court. On prend à la rigolade les anthropologues généralement; mais cette discipline s’est révélée vraiment indispensable pour affronter le choc sociétal du confinement. J’imagine que le Mucem va recevoir une collection d’attestations de déplacement, des casseroles comme instruments de musique pour communier ensemble à 20 heures, des banderoles artisanales pour remercier les soignants, des masques et du gel hydro-alcoolique. Mais aussi des témoignages moins glorieux comme les lettres anonymes des voisins des soignants par exemple.

Le rôle d’un musée de société comme je l’ai compris lors de mes études, c’est de témoigner d’un fait historique particulièrement marquant (le confinement à l’échelle mondiale) en exprimant les mouvements de peur ou de rejets mais aussi les manifestations de solidarité, l’ entraide. Ce n’est pas une mince affaire de sélectionner des objets à la fois esthétiques et porteurs de sens.

Il y a un article de blog qui m’a particulièrement aidée pendant ce confinement, c’est celui écrit par Antoine Nouis, théologien protestant. Il explique que danser et applaudir les soignants, c’est une forme de protestation contre le virus et contre la mort.

Retrouvez ici mon article sur le MUCEM, il y a bien longtemps !

Une banderole de soignants en Dordogne qui remercient les gens