Pourquoi Chamboultout m’a chamboulée

Au début, le titre de ce film ne m’avait pas convaincue. Mais rapidement, je me suis intéressée à son sujet : comment une épouse a vécu un changement de vie terrible face au grave handicap de son mari. C’est un film choral autour d’un couple très convaincant : Fred et Béatrice interprétés par José Garcia et Alexandra Lamy. Le rigolo compère d’ Antoine de Caunes s’est volontairement mis à l’écart pour jouer cet homme devenu aveugle et totalement désinhibé.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

Désormais, je me déplace au cinéma pour chaque film d’ Alexandra Lamy car depuis Retour chez ma mère (d’Eric Lavaine également), Tout le monde debout de Franck Dubosc ou bien Le poulain dernièrement, je la considère comme une actrice incontournable dans le genre de la comédie dramatique. Ses premiers films comme Rickie de François Ozon m’avaient laissé quelque peu dubitative mais c’est génial le tournant que prend sa carrière cinématographique ces dernières années. Vive les actrices à l’approche de la cinquantaine !

Chamboultout, comédie dramatique d’Eric Lavaine avec Alexandra Lamy, José Garcia, Mickael Youn, Anne Marivin, Medi Sedoun, Olivia Côte, Michel Vuillermoz….

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Le résumé :

Béatrice vit à Bordeaux avec son mari Fred et leurs trois enfants. Ils ont la quarantaine, un peu d’argent et la vie devant eux. Un stupide accident de scooter fait basculer leur vie dans le lourd handicap : on ne sait pas ce qui est le plus pesant : la cécité de Fred ou bien sa totale désinhibition. Ils se retrouvent chaque été avec leur bande d’amis dans une maison de vacances de Biarritz. Mais l’harmonie amicale va être mise à mal à la lecture du livre de Béatrice. Elle a couché sur le papier ces cinq années difficiles à travers un roman d’autofiction qui bouscule leurs amis…

Mon avis :

Au début, j’ai trouvé les dialogues et le jeu des personnages un peu caricatural à l’image de Barbecue, un précédent film d’Eric Lavaine. Et puis quand on se concentre sur les deux personnages principaux : Fred et Béatrice, nos émotions s’envolent.

On ressent une sacrée compassion pour cette épouse qui cherche affolée son mari dans les rues de Bordeaux, qui fait preuve d’une grande patience quand il se gloutonne l’immense fraisier préparé pour sa fête d’anniversaire et quand on comprends que ce n’est plus vraiment un couple égal.

L’amour charnel s’est transformé en maternage pour Béatrice qui doit surveiller l’alimentation de son mari comme un enfant, s’occuper de lui la nuit. La scène où il s’enfuit la nuit au bord des falaises est captivante, j’ai vraiment été émue de la solidarité entre Béatrice et sa belle-soeur qui étaient alors en froid.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

Ils sont entourés d’une bande d’amis tous bien portants mais sacrément handicapés émotionnellement : il y a Nadia, magistralement campée par Anne Marivin. Elle joue une femme totalement insécure qui étouffe Béatrice en se servant de leur malheur pour se valoriser, son mari Fabrice (Mickael Youn) est prisonnier de ses addictions à aller voir ailleurs, il y a aussi Jipé le vrai gentil de la bande un peu neuneu sur les bords, Loïc prêt de ses sous et sa femme Valérie qui va faire une belle équipe de commères avec Nadia… Seule Emmanuelle, la meilleure amie de Béatrice comprend la réalité vécue par son amie. Elle fait preuve d’un soutien sans faille et la défend bec et ongles pour raisonner les autres, les inciter à oublier leur petit ego narcissique pour entourer ce couple de l’amour dont ils méritent.

La publication du roman de Béatrice fait vaciller leur amitié car chacun est inquiet de l’image qu’il renvoie au lieu de se mettre à sa place. Elle s’est lancée dans l’entreprise de ce livre pour se consoler, c’est une forme de résilience pour encourager les familles d’handicapés qui voient leur vie basculer du jour au lendemain.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

Je reproche beaucoup aux comédies françaises de valoriser l’adultère alors que même les comédies et les séries anglo-saxonnes plus trash ne rigolent pas la-dessus. Cela me fait bondir quand des scénaristes font passer le message que l’adultère renforce le couple. C’est un mensonge, l’adultère fragilise forcément le couple, il brise la confiance en l’autre et l’estime de soi.

L’adultère est un des sujets de ce film. Pour moi, quand on épouse quelqu’un on lui accorde fidélité et exclusivité qu’il soit malade ou bien portant. Pourtant, il serait très maladroit de juger cette épouse qui fait preuve d’une grande tendresse et bienveillance envers son mari. Leur couple n’est définitivement plus le même, l’amour s’est transformé, la sexualité ne fait plus partie de leur intimité et c’est terrible à vivre. Mais rien ne justifie de cacher la vérité.

La fille de Béatrice lui fait de sacrées remontrances, assez terribles à assumer pour cette maman. Je pense que cet aspect de leur vie est beaucoup plus développé dans le roman de Barbara Halary La course de la mouette, édité par La Martinière. Elle est co-scénariste de ce film librement inspiré de sa vie.

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Ma note : 4/5 sardines

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Même si les scènes de bande dans la maison de vacances m’ont un peu lassée, elles ont permis de mettre en lumière nos petites médiocrités à tous, notre ingratitude d’être bien portants et de sortir des énormités aux amis proches qui vivent des moments difficiles à cause du handicap.

J’ai vraiment été touchée par la manière très subtile de traiter comment le handicap bouleverse la vie quotidienne des trois enfants du couple, quand leur plus grande fille doit réconforter et encourager son papa à réussir de chanter La lumière du jour de Michel Berger dans la scène finale du film.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

 

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Maine, quand la maison de vacances cristallise les rivalités familiales

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J’ai découvert Maine de J.C Sullivan un peu par hasard grâce à Babelio. Tout de suite, j’ai été conquise par son style très fluide, féminin et sensible ainsi que par les thématiques qu’elle traitait : la famille, les souvenirs, le couple…

Il faut dire que j’aime beaucoup la littérature américaine ou les romans qui se déroulent aux Etats-Unis ( Nos âmes la nuit de Kent Haruf, Brooklyn de Colm Toibin…).

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La côte Est des Etats-Unis autour de New York, Long Island (ses cocktails ) et les Hamptons me font rêver depuis que j’ai découvert ces coins huppés dans Sex and the city ou le film Petites confidences (à ma psy).

Maine

J.C Sullivan

Editions Rue Fromentin

2013

450 pages

22€

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Le résumé :

Le mois de juin arrive et la famille Kelleher planifie ses vacances dans le cottage familial du Maine bon gré, mal gré pour tenir compagnie à Alice, 83 ans, la matriarche peu commode. Le narrateur omniscient nous retrace quatre portraits croisés de quatre femmes de cette famille aux caractères diamétralement opposés : Alice, la grand-mère, Kathleen, sa fille, Maggie sa petite-fille et enfin Ann- Marie, la bru d’Alice.

Depuis une trentaine d’années, la famille se réunit, se déchire et se retrouve toujours comme dans bon nombre de familles de tous les continents. Mais cet été passé ensemble sera- t’il le dernier dans le Maine ? Cette maison cristallise l’appétit immobilier des uns, les souvenirs heureux et douloureux de chacun…

Pourquoi Maine est mon crush lecture ?

Pour son titre qui vend du rêve. Maine est un Etat des Etats-Unis un peu sauvage près de la frontière avec le Quebec. L’action de ce roman se déroule dans une station balnéaire un peu huppée, les habitants de Boston y viennent tout l’été : leurs résidences secondaires ont leur propre plage privée comme c’est le cas de la famille Kelleher dans ce roman. Qui n’a pas révé d’avoir une maison de plage comme celle ci ou celle des californiennes Grace et Frankie, la série Netflix.

Ensuite la structure du roman avec l’introspection des quatre personnages est passionnante. C’est un trait caractéristique du travail littéraire de l’auteure, un trait commun à deux autres romans : Les débutantes et Les liens sacrés du mariage.

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Et surtout, j’aime la grande richesse thématique de ce roman qui ne se borne pas à décrire des rivalités familiales (la médisance ne fournit rarement matière à un bon roman). Maine traite de l’amour maternel, du secret de famille qui ronge une personne toute une vie, de l’attachement de cette famille américaine friquée à ses racines irlandaises, de l’alcoolisme féminin et aussi de la maison de famille, le dernier lien familial distendu quand on quitte ses parents et ses frères et sœurs pour fonder sa propre famille.

Mon avis :

L’ auteure excelle pour construire de solides portraits psychologiques de ses personnages, le critère majeur d’un bon roman pour moi. Ces quatre femmes parviendront-elles à préserver l’entente familiale malgré les différences sociales et les blessures du passé ?.

Le personnage d’ Alice est le plus intéressant même si j’ai eu beaucoup de mal à ressentir de l’empathie pour elle. C’est une fervente catholique qui est rongée depuis plus de soixante ans par une culpabilité dévastatrice. Elle s’est interdit de s’attacher affectivement à ses enfants et elle a basculé complètement dans l’amertume et la méchanceté avec ses proches à la mort de son mari.

Elle n’a rien compris à ce qu’est la foi malgré ce qu’essaie de lui expliquer le jeune prêtre Donnelly. Pour elle, le pardon de Dieu ne peut s’acheter que par les œuvres au lieu d’ouvrir son cœur et de dire la vérité à ses enfants.

J’ai beaucoup plus apprécié le personnage de Kathleen : l’auteure fait un cadeau à ses lecteurs avec l’évolution positive de ce personnage torturé. Et pourtant ce n’était pas gagné, tant j’avais envie de lui mettre des claques quand elle se montrait toxique et possessive avec sa fille Maggie. L’auteure rend un bel hommage au travail des Alcooliques anonymes qui ont permis à cette femme de devenir enfin adulte et de choisir de pardonner au lieu de se venger. Les Alcooliques anonymes est une oeuvre chrétienne à ses origines, le personnage de Kathleen expérimente une foi vivante et authentique.

Le personnage d’ Ann-Marie aurait pu être caricatural : c’est la belle-fille bon chic bon genre qui arrondit toujours les angles entre les membres de cette famille volcanique et  qui s’attire toujours les foudres. C’était passionnant de la voir se rebeller contre sa belle-mère et construire une relation sincère avec sa nièce Maggie en pleine errance affective. On n’arrive même pas à trouver ridicule sa passion pour les maisons de poupées.

Il est très probable que ce roman se soit inspiré d’éléments autobiographiques : les racines irlandaises, les relations familiales houleuses, l’attachement à une maison de famille… Cela sent le vécu comme on dit souvent !

J’aime bien lire les romans de J.C Sullivan en grand format. Cela a été l’occasion de découvrir les éditions rue Fromentin que je ne connaissais pas. Chapeau à eux de publier de la littérature de grande qualité. On voit tout de suite le grand écart avec les feel good formatés et marketés qui pullulent sur les tables de librairies actuellement. Je dis cela sans aucun mépris pour les amateurs de ce genre de lecture mais ça ne cultive pas le goût de la lecture selon moi, ça lasse très rapidement.

Ma note :

5/5 sardines

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J’ai beaucoup aimé la qualité des portraits psychologiques de ces quatre femmes. Ce roman questionne l’évolution des relations familiales quand on s’affranchit de son éducation pour fonder son propre foyer.

Maine fait indéniablement partie de mes crush lecture : c’était très agréable de relire ce roman très bien écrit. Mon seul petit regret : l’auteure parle beaucoup de la foi mais elle loupe un peu le tir car elle décrit beaucoup plus la religion catholique avec ses travers humains que la foi, la relation personnelle à Dieu.

J’ai bien envie de lire Les Débutantes et son dernier roman Les anges et tous les saints. Chronique littérature à suivre…

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J’ai testé l’application Entourage qui vient en aide aux sans-abris et aux personnes en grande précarité.

Ce blog chronique les restaurants sympas pour bruncher, les rooftops de Paris pour se détendre avec ses amis mais je tiens aussi à faire connaître les initiatives sociétales qui ont du sens comme le café Joyeux, passage de Choiseul ou encore cette application Entourage.

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Depuis que j’ai lu le livre de Christian Page, Belleville au coeur (édité par Slatkine et cie), j’ai réellement pris conscience de l’étendue de la précarité à Paris. Il y a des chiffres qui font froid dans le dos : 500 enfants dorment dans la rue chaque nuit à Paris, on compte près de 600 sans-abris de plus cette année qu’en 2018…

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Cela devient de plus en plus inconfortable d’ignorer ces chiffres, on se trouve bien impuissant quand quatre ou cinq personnes nous sollicitent sur un court trajet de métro d’une quinzaine de minutes. Et bien bonne nouvelle, avec l’application Entourage, on peut tendre la main et même se rendre utile !

Cette application de géolocalisation étendue à la France entière permet de mettre en relation des gens qui sont demandeurs d’un duvet, d’un blouson de demie-saison ou d’un tapis de sol avec ceux qui sont plus aisés matériellement et qui pourraient rendre service en se débarrassant du superflu.

Par ailleurs, cette application recense aussi toutes les associations de maraudes dans lesquelles on peut s’engager partout en France.

Pour l’instant, je la consulte régulièrement en attendant une demande que je pourrais honorer. Par deux fois, j’ai eu la joie de pouvoir dépanner complètement au hasard deux personnes.

La première c’était un soir d’hiver par un grand vent, j’habitais rue de Rennes. J’ai croisé un monsieur d’une cinquantaine d’années vraiment frigorifié, il m’a demandé de l’aide avec empressement. Cela tombait bien, quelques temps auparavant, mon père m’avait donné un gros blouson de ski des années 1980 aux couleurs criardes si jamais je rencontrais un SDF à Paris. C’était vraiment génial de voir son visage s’illuminer et je me suis vraiment sentie utile, beaucoup plus que si j’avais mis ce blouson dans un container à vêtements.

La deuxième personne était une jeune mère de famille Rom qui fouillait les poubelles de notre immeuble et justement j’avais préparé pour plus tard un sac de vêtements avec un petit sèche-cheveux de voyage et des vêtements pour enfants tous neufs. Elle était vraiment ravie du sèche-cheveux qui allait bien être utilisé dans sa situation.

 « Je vous ai montré de toutes manières que c’est en travaillant ainsi qu’il faut soutenir les faibles, et se rappeler les paroles du Seigneur, qui a dit lui-même: Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ». Actes 20 verset 35, Bible Louis Segond

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La statue d’Edith Piaf sur sa place attitrée rue Belgrand, Paris 20eme avec une couverture de survie après la Nuit solidaire

 

 

Charlie, monte le son ou la préadolescence 2.0

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Comme j’ai fini de regarder ma série favorite Call the midwife, j’errais comme une âme en peine sur la plateforme de Netflix car je suis très exigeante pour choisir une série. J’aime les séries historiques avec de solides portraits psychologiques des personnages, un scénario qui tient la route pour décrire la société de l’époque… Bref, il faut que je sois accrochée à l’intrigue le temps de trois, quatre ou cinq saisons au moins.

Force est de constater que ce sont les séries anglaises qui ont ma préférence : ils ont de très bons acteurs qui ont souvent une formation théâtrale comme Kate Winslet par exemple, ils savent construire des histoires passionnantes autour de l’aristocratie anglaise et de la famille royale (The Crown) et ils ont une élocution british très agréable à suivre en version originale sous-titrée (ils ne mangent pas leur mot comme leurs cousins américains)

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Idriss Elba est l’un d’eux. Je n’avais vu aucun de ses films auparavant, je l’ai découvert lors du mariage du prince Harry et de Meghan Markle. Il a un visage de cinéma très expressif un peu comme Jean Dujardin, capable de jouer une comédie comme un drame. D’ailleurs, c’est tout l’intérêt de cette série Charlie, monte le son dont il est l’initiateur. Il est le héros d’un rôle totalement à contre-emploi : nannie d’une petite fille riche.

Le résumé :

Charlie Ayo est un trentenaire londonien d’origine nigériane. DJ ayant connu son heure de gloire, il a disparu des spotlights par excès de confiance en abusant de la drague et de la drogue. Son meilleur ami David, acteur célèbre aux Etats-Unis revient à Londres avec femme et enfant pour apporter une stabilité familiale à leur petite fille Gabrielle.

Mais la carrière florissante de sa femme Sara, DJ international n’est pas compatible avec une vie de famille. Son staff composé de femmes ambitieuses : Astrid, sa manageuse, Tommy son second empêchent tant bien que mal l’épanouissement d’une relation mère/ fille de qualité.

C’est finalement Charlie Ayo, ce grand black musclé aux faux airs de Maître Gims, qui va apporter amour et stabilité à cette petite fille de dix ans Gabrielle. Elle est totalement imbuvable car délaissée par ses parents. Charlie va t’il l’aimer d’une manière gratuite et désintéressée ?

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Mon avis :

C’est une série assez gonflée et très contemporaine qui joue sur l’inversion totale des rôles. Avec Turn up Charlie, ce sont les femmes qui ont le pouvoir. Sara a plus de notoriété et d’argent que David, son mari. C’est grâce à elle que Charlie pourrait relancer sa carrière.

Les femmes qui gravitent autour d’elle ont bien compris l’emprise qu’elles peuvent avoir sur les hommes et elles ne s’en privent pas. Alors que le personnage de Sara est plus étoffé, elle cherche à être une bonne mère et culpabilise quand elle se plante avec sa fille : quand elle loupe la rentrée des classes parce que ses mauvais génies Astrid et Tommy lui font comprendre qu’avoir un enfant c’est naze.

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Copyright Netflix

J’ai ainsi (re)découvert l’actrice Piper Perabo, une très jolie fille qui porte de superbes tenues et coiffures branchées dans cette série. Sa beauté m’a vraiment fascinée. Son visage ne m’était pas complètement inconnu puisque je l’avais déja vue dans Coyote Girls (j’ai honte !), un médiocre film des années 2000 que l’on préférait oublier : des jeunes Américaines qui pensent revendiquer le girl power en dansant sur un comptoir de bar.

Avec cette série, on voyage entre Londres et Ibiza dans les derniers épisodes. Le manoir où habite la famille de Gabrielle est vraiment impressionnant avec son immense sauna. Charlie l’emmène dans le Londres underground aux écuries de Camden et j’ai beaucoup aimé l’épisode où la plupart des personnages passent le week-end au festival Latitude avec leurs bottes en caoutchouc et leurs pass VIP. Cela m’a rappelée le film Bridget Jones ‘s baby.

J’ai beaucoup aimé la manière dont cette série se moque des artifices du monde de la nuit et la notoriété qui fait perdre le Nord à Sara et David. Charlie et sa tante Lydia avec ses proverbes bibliques ont beaucoup plus les pieds sur terre et apporteront de la stabilité affective à une petite fille qui doit déposer ses bagages aux quatre coins du globes en fonction des tournages de son père ou des concerts de sa mère.

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Copyright Netflix

La notoriété de ses parents privent Gabrielle d’une enfance protégée, son téléphone portable l’a fait définitivement basculer dans le monde des adultes indépendants et ce n’est pas forcément une bonne chose.

Cette série raconte sur le ton de l’humour les mauvais exploits d’une petite fille riche qui se méfie des adultes et on ne peut s’empêcher de penser au destin terrible de Drew Barrymore, enfant star de Hollywood qui enchaîna les cures de désintoxication à partir de treize ans.

Une grande partie du succès de cette série repose sur les épaules de la petite Frankie Hervey, une jeune actrice britannique qui doit avoisiner les dix ans mais pas plus. Elle est touchante avec son petit air d’ Hermione Granger en uniforme scolaire. On lui donnerait des baffes quand elle appelle Charlie « Bitch » ou qu’elle manipule ses parents en les montant l’un contre l’autre.

Qui sont les véritables préadolescents dans cette série?

Ma note : 4/5 sardines

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Cette série de huit épisodes de vingt minutes chacun se regarde d’une traite. Au début, on est scié par l’audace de cette petite fille culottée qui arrose tout le public de sa maman en boite de nuit pour susciter son attention.

Le scénario connait quelques faiblesses : j’aurai aimé que la relation de complicité improbable entre Charlie et Gabrielle soit plus développée car c’est le thème central de la série. Mais on passe tout de même un bon moment de divertissement avec cette série qui caricature le monde de la nuit et l’accès toujours plus précoce des enfants aux réseaux sociaux.

Gabrielle est une crack d’ Instagram,You tube et compagnie mais elle est terrorisée de n’avoir aucun vrai ami réel avant de rencontrer Hunter, un mauvais garçon de son école.

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Les salons du livre ce printemps à Paris

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Depuis plusieurs années, je vis un sérieux désamour pour le salon du livre de Paris. L’an dernier, j’y suis allée uniquement pour la géniale conférence de Marie-Aude Murail, mon auteure de littérature favorite.

Mais j’ai rapidement pris la poudre d’escampette face à la foule qui se pressait aux stands Albin Michel et Jean-Claude Lattès pour les dédicaces d’Amélie Nothomb et du premier ministre Edouard Philippe.

Les dédicaces de plus de 2000 auteurs réunis à Paris, voici le principal intérêt selon moi de Livre Paris. J’aime aussi les thèmes de leurs conférences mais la polémique de Paye ton auteur l’an dernier m’avait bien refroidie. Je trouve que c’est un salon fourre-tout, trop grand et qui a perdu son état d’esprit. J’ai été libraire exposante à quatre reprises et je trouve que faire payer un droit d’entrée aussi élevé nuit à la vente de livres.

Alors je me suis recentrée sur la valeur refuge : les salons du livre thématiques où chaque auteur est traité à la même enseigne, qu’il soit un vendeur de best-seller ou une petite plume qui débute dans le milieu. Un beau salon du livre, c’est un salon fait main, artisanal avec des petites tables et des tréteaux : revenons aux fondamentaux !

Je vous ai donc préparé une petite sélection de salons du livre moins médiatisés que Livre Paris mais tout aussi sympathiques.

Le salon du roman historique de Levallois Perret, 31 mars 2019

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J’ai découvert ce salon en allant interviewer les auteurs du roman graphique John Bost, un précurseur de la Boite à bulles. Ce salon se passe dans les salles magnifiques de l’hôtel de ville de Levallois-Perret où le maire reçoit aussi les visiteurs.

C’est une très belle programmation thématique organisée par genres littéraires : les romans, les BD avec de nombreux auteurs connus et plus spécialisés, le nombre de conférences passionnantes est impressionnant… Cette année, un hommage sera rendu à Marceline Loridan-Ivens, la camarade de détention de Simone Veil en camp de concentration. Elle a écrit le magnifique roman autobiographique Et tu n’es pas revenu, édité par Grasset. Ce livre émeut tous les Kubers à qui je le recommande.

J’aime aussi beaucoup l’ambiance de ce salon qui fait la part belle aux commerçants de la ville : la buvette propose des pâtisseries et des thés originaux, le salon est organisé pour valoriser le chiffre d’affaires des librairies de la ville.

En effet, on ne peut pas venir avec son propre livre, il faut l’acheter sur place pour le faire dédicacer. J’ai trouvé ça un peu contraignant au début mais c’est finalement assez logique. Dernier atout de ce salon thématique : l’entrée est gratuite.

48 heures BD en Seine, quai Anatole France – port de Solférino, Paris, 6 et 7 avril

C’est une initiative nationale récente qui me plaît beaucoup. Elle propose plus de 200 000 albums de BD à 2€ dans plus de 1500 librairies avec près de 350 événements organisés en France et en Belgique.

J’irai donc découvrir cette manifestation littéraire qui m’attire bien et je vous raconterai mon expérience. Je trouve que c’est une excellente idée de proposer des BD à un prix très accessible car les romans graphiques sont assez chers et moi je les dévore rapidement ! Il faut aussi savoir que la BD est en train de détrôner la littérature, en première place des achats de livres. Et ça c’est une très bonne nouvelle !

D’autres salons littéraires à découvrir en prenant le RER ou bien le train :

Saint Maur en poche à Saint Maur les Fossés, fin juin chaque année

Le festival international de la BD d’Angoulême, fin janvier chaque année.

Étonnants voyageurs à Saint Malo, début juin

La foire du livre de Brive la Gaillarde, début novembre

 

Les meilleurs spots de l’Ardèche

Viens faire un tour sur le plateau ardéchois...

Dernièrement, j’ai écrit un article sur les meilleurs spots de la Drôme à l’occasion de la sortie du film biographique consacré au facteur Cheval à Hauterives.

Décidément, le cinéma est inspiré par la Drôme puisque le prochain film de Benoît Poelvoorde, Raoul Taburin a un secret (adapté des dessins du génial Sempé) a été tourné en Drôme provençale  : j’ai reconnu direct les vieilles pierres et les couleurs ocre des Barronnies.

Comme j’ai la double nationalité « dromardéchoise », je t’invite à enjamber le Rhône quand tu arrives à la gare de Valence pour venir en Ardèche.

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La vue sur l’Ardèche depuis le belvédère du musée de Valence

Aux pieds du château de Crussol, une ruine médiévale, se trouvent des vignes qui délimitent les fameux coteaux du Rhône : Saint-Péray, Cornas, Tain l’Hermitage… Certes, il y a du bon vin mais aussi de délicieux chocolats à l’usine Valrhona, un salon du livre de référence et une foire à l’oignon ancestrale à Tournon …

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Une escale à Privas avant de prendre la route de montagne qui mène aux sources de la Loire, à la limite de la Haute-Loire et de l’Auvergne.

Les marrons glacés Clément Faugier, Privas

Mon arrière-grand père nous a transmis des terrains dans la région de Privas avec des châtaigniers. C’est la tradition chaque automne de faire la récolte des châtaignes pour une bonne rôtie, le soir devant la télé ou avec la dinde le soir de Noël.

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Privas est l’adresse mondialement connue de l’usine Clément Faugier, un peu comme le Nutella de Ferrero et ses noisetiers en Italie. Ce sont les belles boites de crème de marrons que vous trouvez dans toutes les crêperies itinérantes. Je les aime tellement ces boites métalliques que j’en fais mes pots à crayons. Je vous recommande les fondants à la châtaigne, même s’ils sont difficiles à trouver hors de Privas.

Puis, il est temps de grimper en voiture pour rejoindre le col de l’Escrinet et le plateau ardéchois. Une quarantaine de kilomètres tout en virages et en paysages remarquables (quand tu vois le Mont Blanc au loin, c’est signe d’un temps de chien le lendemain) et l’odeur entêtante du genet en fleurs qui te donne la nausée.

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Le mont Gerbier des Joncs

En hiver ou bien en été, le trajet vaut toujours le détour. On est bien content quand on arrive à Lachamp-Raphaël près de la cascade du Ray Pic et que l’on reconnait au loin la silhouette du Mont-Gerbier de Joncs. C’est un coin d’anciens volcans, le point de départ d’un des principaux fleuves du pays : la Loire.

Si tu as la flemme de faire l’ascension du Mont-Gerbier de joncs, tu peux tranquillement te régaler avec une bonne glace aux myrtilles sur l’esplanade et aller dîner à l’hôtel Chanéac, le restaurant de ma grande famille depuis quatre générations. Julie Andrieu y est même venue interviewer ma grande-tante Elisabeth dans le cadre de son émission Les carnets de Julie sur France 3.

Alors certes, il n’ y a pas toujours le wifi, ni même de réseau tout court mais c’est là où tu peux voir le plus beau ciel étoilé, des éclairs qui découpent le panorama à 360 degrés, faire des parties de pétanque et de molky dans des résidences secondaires immenses avec un grand parquet au grenier pour danser la bourrée auvergnate avec mes quarante cousins à la Chave ou à Bourlatier, passer tout un après-midi à faire de l’escalade à Les Coux…

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Les chambres d’hôtes de Suchasson

Je te recommande la ferme de Suchasson, une table d’hôtes vraiment géniale (c’est mes cousins en plus) et leur compte Instagram qui te laissera rêveur, citadin empêtré dans la pollution parisienne.

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Jean-François et Pierre Chanéac, deux frères , restaurateur et agriculteur du Fin gras du Mézenc

 

Mieux que le salon de l’agriculture, j’ai des souvenirs géniaux d’enfance avec mon frère quand on allait à la traite des vaches le soir avec le pot à lait, ou alors qu’on les regardait traverser le village pour aller au pré en juillet.

Mon grand kiff c’est de cueillir des œillets des Chartreux par grandes brassées et de les dessiner à l’aquarelle, peinard tranquille dans mon jardin.

Notre point de chute pour les vacances, c’est Sagnes et Goudoulet, un petit village ardéchois avec de belles fermes aux toits de lauzes, de chouettes coins de baignade au bord de la Loire ou de la Padelle. Il y a aussi le lac d’Issarlès, 25 kilomètres plus loin. C’est un endroit très agréable pour faire de la planche à voile et du camping.

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Le lac d’ Issarlès

L’hiver, je te recommande la station de ski très familiale des Estables, la bonne adresse pour faire du ski de piste sans trop casser sa tirelire.

C’est un road trip bien moins touristique que les gorges de l’Ardèche avec ses canoës et son cagnard étouffant que je te propose. Pour aller sur le plateau ardéchois, si tu n’as pas une voiture, ce sera une aventure rocambolesque mais le dépaysement est garanti !

 

 

Astérix le gaulois a 60 ans cet année, l’éternelle locomotive de l’édition française

Cette année, c’est l’anniversaire d’un héros emblématique de la culture populaire française : Astérix. Ses albums servent de locomotive à toute l’économie du livre francophone quand une nouvelle histoire parait. Le 38eme album sortira le 24 octobre 2019, dessiné et scénarisé par le tandem Didier Conrad et Jean-Yves Ferri

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A l’heure où les studios de dessins animés comme Marvel, Pixar ou Disney rivalisent de techniques 3D en choisissant des super-héros, les enfants de 2019 continuent de lire les albums d’Astérix ou d’aller voir au cinéma les adaptations en dessins animés : Astérix et le secret de la potion magique, Le domaine des dieux… Des histoires qui remontent aux calendes grecques et qui continuent à plaire. Comme quoi les vieux druides et les Gaulois qui se réunissent aux banquets de sangliers à la fin de chaque aventure ne sont pas si ringards que ça !

C’est là l’expression de la transmission générationnelle autour du livre : nos parents lisaient Astérix et nous transmettront ces albums à nos enfants. Les chiffres témoignent d’un véritable phénomène de société : plus de 320 millions d’albums d’Astérix vendus dans 111 langues, 14 millions d’entrées pour l’adaptation cinéma d’Astérix et Cléopâtre réalisée par Alain Chabat

Astérix, le David français.

Si Astérix et son village plaisent tant aux Français depuis plus de 60 ans, c’est parce qu’il reflètent l’identité française dans ses traits les plus drôles. Goscinny, à grands renforts de calembours et autres gags, tire le portrait d’un monde gaulois qui résiste à l’envahisseur, c’est une parodie de l’Histoire de France.

Il joue avec les anachronismes entre la société antique et celle plus contemporaine des années 1960. L’exemple le plus flagrant (détaillé dans le dossier de presse de l’exposition Goscinny et le cinéma de la Cinémathèque) est la couverture de mon album favori Astérix et Cléopâtre. Elle s’inspire des péplums contemporains dont le célèbre film avec Elisabeth Taylor en 1963 : la pose à la romaine, le nez grecque, la police du titre…

Jules César, l’empereur romain triomphant est ridiculisé par un village d’irréductibles Gaulois qui possèdent une arme secrète : la potion magique. Astérix est l’ anti-héros typiquement français en opposition aux super-héros des comics américains. Il est petit, moustachu, flanqué d’un acolyte Obélix, qu’il doit raisonner comme un enfant.

Mais son portrait psychologique fait toute sa force : même quand il est vulnérable sans potion magique, son tempérament héroïque, sa bravoure et son sens de l’honneur sont reconnus et appréciés par ses lecteurs.

Au 19eme siècle , les arts que ça soit la peinture, la sculpture ou encore les objets d’art au musée d’Orsay ont revalorisé la place de Vercingétorix dans l’Histoire de France.

D’ailleurs, le prochain album d’Astérix conçu par Conrad et Ferri s’intéressera à l’expression souvent utilisée à tort et à travers : Nos ancêtres les gaulois.

Rendez- vous en octobre en librairies pour souhaiter un joyeux 60eme anniversaire à Astérix, le héros de BD le plus populaire de la francophonie.

Dans un prochain article, je vous parlerai de ma passion pour les dessins de Sempé, un autre collaborateur de René Goscinny, avec qui il publia Le Petit Nicolas. Ce chef d’oeuvre des cours d’école ( dans la même veine littéraire que les souvenirs d’enfance autobiographiques de Marcel Pagnol). Plus de 15 millions d’albums du Petit Nicolas ont été vendus.

Au mois d’avril, sort un film formidable avec Edouard Baer et Benoît Poelvoorde : Raoul Taburin a un secret, l’adaptation de l’oeuvre dessinée de Sempé, éditée par Denoël.

 

Un vendredi soir devant la cérémonie des Césars 2019

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C’est ma meilleure soirée de télévision chaque année : la remise des prix des Césars à la salle Pleyel sur Canal+. Je me régale toujours à regarder les belles robes haute couture des actrices, écouter les interviews des nominés tout en mangeant, avant la sonnerie qui marque le début de la cérémonie.

La cérémonie des Césars, cru 2019

Cette année, c’était Kad Merad, le maître de cérémonie. Je ne parlerai que de ce que j’ai bien aimé de sa prestation : les dix premières minutes d’ouverture avec trois ou quatre tableaux de comédie musicale en l’honneur de Queen et de Bohémian Rapsody. Il a été époustouflant en arrivant avec un faux sceptre-micro, une longue cape qui rappelait la démesure de Louis XIV ou celle de Michael Jackson pour interpréter ce pastiche très réussi de Freddie Mercury.

Malheureusement, ça se gâte au fil de ces trois longues heures, sous le regard parfois consterné de Robert Redford, l’invité d’honneur de cette année.

Robert Redford est l’un de mes acteurs américains favoris, je ne connais que la fin de sa carrière (il a plus de 80 ans) mais j’aime beaucoup sa sensibilité romantique quand le cinéma raconte l’une de ses histoires d’amour : L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux avec Kristin Scott-Thomas, Nos âmes la nuit avec Jane Fonda, deux adaptations de romans au cinéma.

Our Souls At Night

Our Souls At Night

L’Académie des césars plébiscite des drames sociaux cette année : Shéhérazade, Les chatouilles et Jusqu’à la garde.

Je n’irai sans doute pas voir ces trois films parce qu’ils sont d’une grande dureté : moi j’ai plutôt plébiscité Pupille, un beau film sur l’amour porté à un nourrisson confié à l’adoption.

Shéhérazade montre un petit couple d’ados à Marseille qui s’est foutu dans une sale histoire : elle fait le trottoir, lui récupère son gain mais il tombe aussi amoureux…

Les chatouilles raconte l’histoire vraie de la réalisatrice Andréa Bescond, qui a été victime d’un pédocriminel, dans son enfance, un ami de la famille. C’est tellement plus précis de parler de pédocriminalité et non de pédophilie.

Jusqu’à la garde est un drame : Léa Drucker et Denis Ménochet se retrouvent devant le juge aux affaires familiales pour se disputer la garde de leurs enfants. La juge lit une lettre terrible d’un petit garçon d’une dizaine d’années qui demande à ne plus jamais voir son père, est-il manipulé par sa mère ou veut-elle le protéger d’un homme violent ?.

La cérémonie des Césars récompense la plupart du temps un cinéma intello (moins que le festival international de Cannes) dans lequel je ne me reconnais pas toujours mais qui représente bien cette fameuse exception culturelle française.

C’est pour cela que les grands écarts avec la culture populaire qui remplit les salles de cinéma sont vraiment des moments gênants au cours de cette cérémonie. Un César du public pour les Tuche 3, c’est un peu fort de café. La comédie est le genre cinématographique le plus difficile à construire. Cette année, j’ai beaucoup aimé le retour de la famille Verneuil de Qu’est ce qu’on a encore fait au bon Dieu?.

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Copyright Arnaud Borrel

Souvent la comédie reçoit un accueil glacial le soir des Césars alors que ce sont les comiques qui font l’audience de la cérémonie.

Soit les remettants ou les lauréats font de grands discours élaborés sur l’art du cinéma, à l’image d’Alex Lutz qui cite Cioran : « Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter » Comprenne qui pourra… Ou alors les remettants essayent de faire rire un auditoire très exigeant et se prennent un four.

Car tout le monde n’a pas le génie d’ Elie Semoun qui marque les esprits chaque année. Déguisé en Tootsie pour recevoir Dustin Hoffmann il y a quelques années, il a osé tomber le peignoir de bain en référence à la comédie Le grand bain de Gilles Lellouche. Avec ses méduses, son ventre bedonnant et habillé par le Slip français, il est allé loin dans l’exhibitionnisme sans jamais tomber dans la vulgarité. Chapeau l’artiste !

Mes coups de cœur cinéma :

Pupille de Jeanne Herry (une jeune réalisatrice prometteuse dans un milieu essentiellement masculin) avec Elodie Bouchez, Miou-Miou, Gilles Lellouche (qui méritait le César du meilleur acteur).

L’incroyable histoire du facteur Cheval de Nils Tavernier avec Jacques Gamblin et Laetitia Casta.

 

 

René Goscinny, un génie créatif au-delà du rire

Ces derniers temps pour me décider à aller au musée (après cinq ans d’études à l’Ecole du Louvre, j’ai pris le large), j’ai privilégié les expositions consacrées aux dessinateurs et auteurs de BD, une déformation professionnelle de libraire sans doute. Je préfère désormais les expositions de société qui étudient la culture populaire grand public : celle qui parle à tous.

J’ai aimé chroniquer dans mon blog la rétrospective consacrée à Georges Rémy dit Hergé au Grand Palais en 2016-2017, vous parler du biopic de l’auteure de Mary Poppins qui a vendu les droits de son livre à Walt Disney raconté dans le film Dans l’ombre de Mary, ou encore vous raconter ma visite à l’exposition consacrée au Petit Nicolas, à la mairie du 4eme arrondissement quand les films familiaux sont sortis au cinéma.

Pour moi, René Goscinny est un génie au même titre que Walt Disney ou Tintin. Entouré des meilleurs dessinateurs de BD de l’époque que ce soit Albert Uderzo, Jean-Jacques Sempé ou Morris, il a su à chaque fois capter qui était son lectorat et comment l’émouvoir : les racines latines de nos ancêtres les Gaulois, les souvenirs d’enfance de la cour de récréation un peu comme les romans autobiographiques de Pagnol ou les photographies en noir et blanc de Robert Doisneau.

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René Goscinny, Au delà du rire, Musée d’art et d’histoire du judaïsme, 2018.

C’est l’exposition qui m’a marquée en 2018. Elle retraçait le parcours d’un génie comique, un écrivain exigeant qui a opéré une vraie révolution culturelle avec sa galerie de personnages célèbres : Astérix et Obélix, Lucky Luke et les Dalton, Le petit Nicolas, Iznogoud… Ainsi Goscinny a effacé toute barrière entre culture savante et culture populaire : les élites et les classes laborieuses rient au même humour.

A chaque fois, le public a savouré ses histoires, ses jeux de mots et ses gags cocasses : 370 millions d’albums d’Astérix vendus dans 111 langues, 120 millions d’albums de Lucky Luke, 2120 personnages crées, 15 millions d’albums du Petit Nicolas . René Goscinny est un phénomène culturel de 500 millions d’albums vendus à travers le monde depuis 60 ans.

L’exposition du MAJH retraça le parcours personnel d’un fils d’immigrés juifs ukrainiens : un héritage juif d’Europe central, enrichi par un exil argentin et nord-américain, teinté du classicisme de la tradition française.

Les ancêtres de Goscinny sont arrivés en France en 1905, ils étaient imprimeurs. Ce n’est pas pour rien que son héros s’appelle Astérix comme un caractère d’imprimerie. Ils ont été naturalisés français en 1926. Sentant arriver la menace, la famille de Goscinny émigre en Argentine mais les oncles et tantes seront déportés.

En 1943, le père de René décède, s’ensuit un nouvel exil aux Etats- Unis, où il ne cessera de caricaturer les nazis par le dessin et l’humour. J’ai vraiment été touchée par la scénographie de cette exposition car on voit dans la cour, les noms de déportés sur une paroi du mur comme le mur des Justes, du mémorial de la Shoah.

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J’ai appris beaucoup de choses sur l’oeuvre de René Goscinny à travers cette exposition : notamment à travers la dernière partie intitulée Le zetser et le philosophe qui explique le geste du typographe : le zetser en yiddish avec sa mise en scène de machines à écrire (j’ai même retrouvé le même modèle Hermès que la mienne) et de caractères d’imprimerie.

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Mais globalement, j’ai trouvé cette exposition un peu trop intello avec ses planches en noir et blanc et ses développements philosophiques. Pour moi, Astérix, Lucky Luke et Iznogoud, c’est la culture populaire qui parle à tout le monde avec des planches colorées comme celle-ci.

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Surtout, qu’il se déroulait une exposition similaire à la Cinémathèque intitulée Goscinny et le cinéma, qui démontrait précisément en quoi René Goscinny avait été fortement inspiré par Walt Disney. Il aurait été judicieux d’organiser une grande rétrospective d’envergure comme celle consacrée à Hergé au Grand Palais.

 

 

Quai 71, mon coup de coeur mode dans le Marais, Paris, 4eme arrondissement

 

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Instagram de Quai 71

C’est mon adresse de référence pour m’habiller depuis que je suis arrivée à Paris, il y a treize ans maintenant.  J’ai toujours un peu de mal à retrouver la rue en sortant du métro Saint-Paul : mon repère c’est la rue des Rosiers, qui est perpendiculaire.

La boutique se trouve dans un ancien garage, rue Ferdinand Duval. C’est lumineux, bien présenté, j’aime bien la décoration avec la mosaïque de dauphin au fond, la musique ne vous harcèle pas et surtout l’équipe de vente sait vraiment vous accueillir et vous conseiller.

C’est la boutique idéale pour les budgets limités d’étudiantes : entre 30 et 50 euros en moyenne, vous pouvez trouver un beau pull, une robe, une jupe, une veste, des chaussures de bonne qualité qui ne vont pas se désintégrer au bout de trois passages en machine… C’est assez agréable de porter des vêtements un peu originaux qui changent des grandes enseignes.

50895210_621414684984127_6057578180443906366_nQuai 71 choisit ses collections auprès de petites marques parisiennes qui ont un style mode dans l’air du temps : Grace et Mila, Andy et Lucy, Ycoo, ma marque favorite pour ses imprimés originaux et aussi Vanessa Wu pour les chaussures.

 

Je repère leurs nouveautés sur leur compte Instagram, et quand quelque chose m’attire l’oeil, il ne faut pas traîner car les pièces tendance sont vite prisées. C’est ainsi que j’ai trouvé une veste que j’adore, tellement bien coupée.

Souvent ma visite à Quai 71 est le point de départ d’une agréable ballade dans le Marais parisien avec ses pâtisseries traditionnelles, ses musées mémoriaux comme le mémorial de la Shoah, le musée d’art et d’histoire du judaïsme. La rétrospective René Goscinny organisée par ce musée l’an dernier fut vraiment une exposition marquante pour moi en 2018. Je vous parlerai de cette exposition dans un prochain article comme Astérix fête ses 60 ans cette année !

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La pâtisserie Florence Kahn. 

Le quartier juif de Paris est aussi intéressant que celui de Budapest avec ses synagogues, ses boutiques…

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La mouette rieuse, droits réservés Do it in Paris

Ensuite, un tour à la librairie La mouette rieuse, rue Pavée est une visite inévitable. Je la considère plus comme un concept-store culturel avec un beau café qui donne sur un jardin. Mais on  trouve tout de même une chouette sélection de livres. J’aime aussi beaucoup la librairie-solderie Le gai rossignol (en hommage à une chanson de la Commune) qui se trouve plus vers Châtelet.

Enfin, si une pause gourmande s’impose à vous, il y a la fameuse adresse du Loir dans la théière, rue des Rosiers. Les desserts et les thés sont assez copieux et délicieux, mais cette adresse très touristique est victime de son succès, ce qui peut être frustrant.

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Droits réservés Like a local

Je vous recommande donc le Marais qui est toujours une belle ballade en hiver, en automne ou au printemps admirer les vieux décors alimentaires anciens, qui deviennent de plus en plus rares, malheureusement. Enfin surtout en semaine car la rue des Francs-bourgeois qui devient piétonne les week-ends, est à fuir surtout en Vélib l’été si vous n’aimez pas la foule comme moi.

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Façade classée d’une ancienne boulangerie, rue des Francs-bourgeois