Tenir un bullet journal autour de la naissance de son premier enfant

C’est un article qui me tenais à cœur depuis longtemps. L’automne arrive, il pleut et je suis dans une grande saison nostalgique. Chaque soir que je câline ma grande biche de 19 mois (elle en profite un max en plus), je me souviens de ses premiers jours à la maternité, la nuit avec moi.

En ce moment, elle galope de partout, fait des associations de mots bien marrantes comme Coucou voila et réclame de plus en plus d’indépendance : j’ai un petit pincement au coeur à la voir manger sa purée toute seule comme une grande avec une vraie cuillère. Elle est toute fière, alors que son père et moi, on se dit c’était bien les biberons tout contre moi !

Alors je me suis décidée à faire son album sur Google photos et continuer son bullet journal de naissance. J’ai abandonné les livres pré-remplis que l’on offre souvent pour créer un vrai carnet de souvenirs personnalisé à lui léguer en grande pompe un jour.

Dans un carnet Leuchtturm rose framboise, j’ai raconté ma grossesse avec notre histoire d’amour avec son père en préambule, une ou deux échographies, des photos enceinte et surtout une grande frise chronologique mois par mois. C’est ma grande innovation, héritée de ma passion pour l’histoire-géographie.

Les cadeaux attentionnés pour sa naissance

J’ai fait deux frises chronologiques : une de la grossesse, l’autre pour la première année de ma fille avec du masking tape uni et des imprimés pour chaque saison : des sapins en janvier, des parasols pour le mois d’août…

Il faut laisser un peu de place pour répartir les douze mois en haut et en bas sur une double page mais rien de bien sorcier…

Voila ce que ça donne. Attendre son premier enfant est un changement majeur pour un couple et coucher son ressenti sur le papier peut être un bon moyen de se rendre compte de tout ce que l’on a accomplit ensemble, des évolutions de notre enfant et de tous ces petits souvenirs inoubliables qui font tenir bon les nuits d’insomnie ou les semaines de maladies à répétition…

J’ai même « débriéfé mon accouchement » une nuit à la maternité à la lampe torche de mon smartphone avec les moments heureux et ceux plus difficiles, la manière dont Dieu nous est venu en aide quand la césarienne devenait une option envisageable, que le bébé ne se tournait pas comme il le fallait pour les forceps…. Cela me paraissait important de garder une trace écrite de ce moment fondateur de ma vie.

Mon bullet journal de naissance, c’est mon espace d’écriture où j’écris à ma fille pour lui transmettre nos souvenirs communs : les dessins animés que j’ai envie de lui faire voir plus tard comme Babar, Petit Ours brun ou Denver le dernier dinosaure..., la playlist des chansons qu’on lui chante ou qu’on invente, des photos avec ses copains et sa nounou, les enfants de nos amis….

Au passage, je vous recommande le blog Fabuleuses au foyer dont j’avais déja parlé ici. Ses contributrices écrivent vraiment très bien. Elles ne sont pas toutes mères au foyer et elles assument pleinement leur imperfection face au regard des autres et dans la société en général.

Le véritable ennemi des couples, des parents et plus particulièrement des mamans ce ne sont pas les poux, les dents qui percent ou les nuits hachurées, c’est le perfectionnisme avec un grand F comme fourbe. Et il est grand temps de lui dire : « FOUS LE CAMP ».

Je suis bien contente de partager avec vous cette idée de bullet journal de naissance parce que ça m’a paru une bonne alternative à toutes ces propositions consuméristes que la société nous propose. Faire du beau soi même pour accueillir son bébé !

Quand j’ai écrit un article pour tester sa box, Emilie, la fondatrice de Baby créa m’ a expliqué que le do it yourself était très important pour les futures mamans qui ne savaient pas coudre ou qui pensaient ne pas avoir de talents créatifs.

Dans un prochain article, je vous expliquerai pourquoi j’ai fui toute idée de baby shower ou de gender reveal party. Déja, on ne saisit même pas le contexte vu les anglicismes…

Retrouvez ici mes précédents articles sur la maternité et la parentalité :

Décorer une chambre de bébé sur le thème de la forêt

Cinq livres jeunesse à mettre dans leur coffre à jouets

J’ai testé la box Baby créa

Emmener son enfant aux bébés nageurs

Plaidoyer pour une alliance conjugale à durée indéterminée.

Cet article me tient à cœur depuis longtemps mais je pèse et sous-pèse chacun de mes mots : terrain miné. Je suis persuadée que ceux qui enchaînent les conquêtes amoureuses sont vraiment déçus de l’amour et s’endurcissent pour ne pas souffrir de nouveau.

Je lis beaucoup Le Monde et un article m’a fait bondir : En finir avec le couple et l’exclusivité sexuelle… Déjà que les repères deviennent de plus en plus flous au nom de cette sacro- sainte liberté dans le couple prônée depuis Mai 1968 alors là c’est vraiment la jungle… On se plaint de la violence dans le couple mais si on explose tous les cadres, les repères, s’il n’y a plus aucun code de bonne conduite comme le respect mutuel, la loyauté, le consentement… ?

J’ai écouté il y a peu l’intervention de Marine d’Allancé et Gilles Boucomont qui dialoguaient à l’église protestante-unie de Belleville sur le thème des relations amoureuses dans le cadre de la soirée inaugurale du groupe de jeunes JBC.

Il faut distinguer la foi de la religion. Ce sont les religions qui voient la sexualité d’un mauvais œil, Dieu non. Dieu n’est pas une grenouille de bénitier, il encourage homme et femme à prendre du plaisir ensemble, à être féconds dans un cadre sécurisant : celui de la conjugalité.

S’engager envers quelqu’un: c’est le choisir et s’y tenir !

Un jour, quelqu’un m’a dit en rigolant qu’elle vivait dans le péché depuis trente ans car elle n’était pas mariée. Je me suis dis « Mince, j’espère que ce ne sont pas des chrétiens qui lui ont tenu ce discours« … Alors je lui ai répondu que l’engagement que son conjoint avait envers elle et leurs deux enfants sautait aux yeux et que Dieu aimait cet engagement exclusif . Ce ne sont pas les tambours et les trompettes qui font l’engagement, mais l’attitude de cœur. Proclamer des promesses devant le maire puis le pasteur et ensuite mener une double vie pleine de tromperies en tout genre, voilà le péché.

Je n’écris pas cet article pour trier les gens, juger à la louche de qui fait bien ou qui fait mal. J’écris cet article en tant que public cible de toutes ces publicités racoleuses que je vois dans le métro, ces articles pseudo-libertaires que je lis dans des magazines féminins de moins en moins inspirés…

Droits réservés Albin Michel

Il y a quelques années, j’ai lu un livre marquant Une jeunesse sexuellement libérée ou presque écrit par Thérèse Hargot. La thèse de cet essai est que la liberté sexuelle héritée de Mai 1968 est plus aliénante que structurante pour les adolescents. Dès le plus jeune âge avec le porno à haut débit, la sexualité est vue sous l’angle de la performance et ça n’est guère épanouissant. On se plaint du monde du travail qui pressurise mais si on se fixe des sacrés objectifs au lit, cherchez l’erreur.

J’aime beaucoup l’approche de cette femme qui est à la fois sexologue et philosophe. Elle reçoit beaucoup dans son cabinet et j’en conclue qu’on passe beaucoup à l’action mais qu’on peine à mettre des mots sur ses sentiments, ses émotions. Le cadre d’une thérapie peut aider à mieux se connaître soi même, prendre autorité sur son identité au lieu de laisser Elle, Cosmopolitan ou Biba nous définir comme polyamoureux, pansexuel ou autre metrosexuel, autant de concepts fumeux qui me laissent totalement dubitative.

Poly-amoureux ou juste opportunistes ?

Les algorithmes sur les sites de rencontres ont transformé les personnes en marchandises plus ou moins attrayantes. Adopte un mec ne prend d’ailleurs même plus la peine d’inscrire un slogan ou un logo sur ses publicités. Un petit caddy et on a tout compris.

Droits réservés Adopte un mec

Étiqueter quelqu’un comme un plan cul ne choque plus personne. Le sexe désincarné est alors vu comme un loisir très addictif alors qu’il y a forcément des liens d’âme qui se créent quand on s’aventure sur un terrain aussi intime que la sexualité.

Les liens d’âme ce sont des attaches émotionnelles à quelqu’un par nos sentiments, nos désirs, nos émotions. Il y a aussi des liens d’âme constructifs et structurants : l’attachement affectif des parents à leur enfant pour l’aider à grandir et se débrouiller tout seul un jour…

On parle beaucoup de relations toxiques, de pervers narcissiques actuellement, mais ce ne sont que les fruits de l’arbre : les liens d’âme. Quand on collectionne les conquêtes sexuelles, le piège de la comparaison systématique nous pend au nez, on fantasme sur tel ou tel scénario érotique, on se trompe de prénom au lit…

Liliane et José de Scènes de ménage m’attendrissent quand ils se désolent de ne pas arriver à être échangistes, ça me fait rire mais je me dis « quand vont-ils comprendre que l’ exclusivité affective et sexuelle il n’y a rien de mieux… »

Le mariage, ça ne cimente pas que la bourgeoisie !

Même dans une société moderne où la religion n’a plus la première place, le mariage est beaucoup plus valorisée qu’un pacs ou une union libre. Un couple marié obtiendra plus facilement un logement social ou un prêt immobilier.

Je vous encourage donc à vous marier avec quelqu’un de fiable et de persévérant, qui se découragera pas de vous si vous prenez du poids, que vous tombez malade ou que vous ne progressez pas dans votre carrière.

Nul besoin d’attendre des années ou de souscrire un crédit à la consommation pour pouvoir se marier. On n’est pas dans l’émission toute pourrie Quatre mariages pour une lune de miel sur TFI. Un mariage c’est un super beau moment à vivre avec sa famille et ses amis. Tous ceux que vous aimez viendront le jour de votre union car cela a du sens alors qu’on peut louper la grosse fiesta des trente ans ou les quarante ans d’un pote.

Trois mois plus tard, plus personne ne se rappellera de ce qu’il a mangé en entrée, de la couleur de vos plans de table ou la manière dont vous avez organisé les fleurs… On s’en fout carrément. Les souvenirs qui resteront à vos invités, ce sont les émotions partagées, les promesses échangées.

Je dédie cet article à mon premier lecteur avec qui je fête six ans de mariage cette semaine et à un couple d’amis cher à mon cœur qui s’est marié jeudi en petit comité à cause de l’épidémie : tous mes vœux de bonheur à Rebecca et Mike !

Mes coups de cœur livres sur ce sujet !

Vivre sa jeunesse autrement de Joseph Gotte, éditions Première partie

Vous allez dire oui à qui ? Gary Thomas, éditions BLF

Le monde au balcon, souvenir sociologique du confinement

J’ai découvert Sophie Lambda et sa bande dessinée Le monde au balcon via le compte Instagram de son éditeur Albin Michel. Ce carnet raconte le début de son année 2020 sans se douter que la moitié de la planète devra se confiner face à Coco le virus deux mois plus tard

Ce carnet, je l’ai acheté rapidement à la librairie Le comptoir des mots à Gambetta, dans le 20eme arrondissement de Paris pour garder un souvenir de cette drôle de période dans ma bibliothèque. J ‘y ajouterai sans doute une petite feuille à carreaux avec mes propres souvenirs. L’être humain a une sacrée capacité de résilience et d’oubli (heureusement sans doute).

Le monde au balcon, carnet dessiné d’un printemps confiné, Sophie Lambda, Editions Albin Michel, 2020, 96 pages, 14,90 €

Je retiendrai que je me suis vraiment ennuyée pendant ce confinement, surtout les week-ends. Je suis souvent allée dépenser mes dix euros hebdomadaires en revues de décoration et de gommettes pour ma fille et mon mari, leur activité père-fille. J’en ai eu ras le bol de faire le tour du paté de maison, sur le bitume. Je comprends tout à fait la ruée des Parisiens vers la campagne au déconfinement.

Droits réservés Sophie Lambda

J’ai collé l’attestation dérogatoire de déplacement dans mon bullet journal, persuadée que c’était un document historique à conserver. Mais mon plus beau souvenir familial, ce fut les premiers pas hésitants mais décidés de notre Petite biche nationale ! Avec elle, le confinement c’était sport ! On était bien contents lors des siestes et du coucher de pouvoir souffler. Mais de nombreux amis et notre famille nous ont bien envié d’avoir été confinés avec un enfant pour enrichir nos journées. Il parait que d’expérience, Netflix ça va bien cinq minutes.

Netflix, il en est souvent question dans la BD de Sophie. J’ai vraiment aimé son sketch autour de la farine et ses références à des initiatives peu connues du grand public mais relayées par les réseaux sociaux.

Total respect à l’Olympique de Marseille qui a mis à disposition de familles touchées par les violences conjugales les chambres des joueurs de foot et leurs infrastructures sportives pour les enfants. C’est beau la solidarité humaine qui s’organise en moins d’une semaine. Elle relaie aussi la belle lettre des voisins d’un infirmier pour le décharger de ses tâches ménagères en cette période intense pour les soignants.

C’est une BD polymorphe avec du beau dessin mais aussi des captures d’écran de vidéos Youtube et de comptes Instagram. Un média vraiment original et très actuel. C’est vrai qu’au milieu du livre, je me suis un peu lassée et ennuyée. Mais j’ai trouvé ça génial, parce qu’à mi-parcours, vers Pâques, tout le monde trouvait le temps sacrément long.

Cette dessinatrice a un vrai talent de sociologue, elle sait capter l’atmosphère ambiante dans un pas, toutes générations confondues. Sa BD est un documentaire anthropologique passionnant. J’ai beaucoup aimé ses illustrations avec les animaux notamment celle qui annonce le dé-confinement et les pages véridiques où la nature reprend ses droits.

Droits réservés Sophie Lambda

Je suis pas toujours convaincue par son coup de crayon pour dessiner les expressions des visages mais elle croque très bien la société actuelle du 21eme siècle. Le ton est à la fois drôle et juste, léger mais aussi engagé.

Puis je me suis intéressée à sa première BD totalement autobiographique :Tant pis pour l’amour, éditions Delcourt, publiée en 2019. Elle raconte sa reconstruction personnelle après une relation toxique dans les bras d’un manipulateur. Je trouve que le dessin est beaucoup plus travaillé et abouti que celui de son carnet de confinement.

Je me suis régalée à suivre ses stories Instagram où elle racontait ses recherches d’idées pour sa couverture finale. C’est une vraie auteure de BD accomplie avec des débuts très prometteurs. Il ne me reste plus qu’à lire Tant pis pour l’amour, je suis actuellement en troisième position sur la liste d’attente du livre à la bibliothèque Marguerite Duras.

Je vous recommande cette émission de France 2 où Sophie était invitée avec Caroline Diamant et Enora Malagré avec deux femmes psychologues je présume. Les remarques sont très intéressantes et ne tombent pas du tout dans la misandrie (la haine des hommes) parce que l’emprise est aussi bien le fait d’ un homme ou d’ une femme dans un couple. Cette BD a été vendue à plus de 25 000 exemplaires, signe que le sujet est pleinement d’actualité malheureusement.

Les relations hommes/femmes seront l’objet d’un prochain article dans ce blog car c’est un sujet qui me tient à cœur. Je suis un peu écœurée en ce moment par cette guerre des sexes ambiante, ces insultes qui fusent dans tous les sens pour une tenue vestimentaire ou un regard mal interprété quand hommes et femmes se méfient de l’autre dans la rue. Il y a quelques semaines, j’ai rigolé avec un caissier dans un supermarché. Il se plaignait que le port du masque ne lui facilitait pas la vie comme il aimait bien draguer. C’était drôle !

Alors que la drague retrouve ses lettres de noblesse ! Que les filles puissent se sentir un peu fières, la tête haute, qu’on leur dise des mots flatteurs et non des injures obscènes et ordurières. Pendant le confinement, je me sentais pas bien rassurée toute seule dans la rue en allant chercher mon pain. Même habillée comme un sac, même pas maquillée, je me suis fais draguée un ou deux fois par des gros balourds qui n’avaient pas envie de conter fleurette.

D’autres articles au sujet du confinement dans ce blog :

Les objets du confinement collectés par le Mucem

Ma meilleure routine pendant le confinement : Le Bible journaling

Se détendre à l’ère du coronavirus

Dévorer l’Ancien Testament grâce au Bible journaling

Bon j’avoue ce n’est pas le livre le plus évident à lire, je vous l’accorde. Mais je me suis lancée dans ce challenge pendant le confinement et je m’étonne moi même à vouloir lire la suite semaine après semaine…

J’ai souvent calé après le livre de l’Exode et ses trente-deux chapitres.Cela m’énervait un peu de ne jamais avoir lu la Bible en entier à cause de ça, alors j’ai pris mon plus beau Moleskine et je me suis lancée.

C’est mon troisième carnet sur la Bible. J’ai lu les Evangiles en premier, puis les Actes des apôtres dans un second carnet avec l’Apocalypse. J’ai vraiment aimé lire les livres de la Genèse et de l’Exode. Ils m’ont beaucoup inspirée dans le domaine du dessin.

J’ai commencé par un beau palmier, souvenir du jardin de ma tante à Marseille pour illustrer le récit de la création. Pour l’Exode, je me suis inspirée du superbe chant de Bethel Church Je ne suis plus esclave de la peur.

J’ai dessiné la mer des Roseaux qui s’ouvre en deux par Dieu pour lasser passer le peuple élu. La mer engloutit l’armée de Pharaon mais aussi nos peurs, les rejets et autres emprises toxiques que nous subissions avant de connaître l’amour du Père. Le livre de l’Exode est un excellent livre de développement personnel beaucoup plus efficace que les mensonges de gourous sectaires.

Ensuite, je me suis accrochée pour lire trois livres pas bien évidents. Les séries de règles de vie en société dans le désert, ce n’est pas palpitant mais j’en ai tiré des enseignements : l’insistance sur le repos hebdomadaire dédié à Dieu, comment utiliser les sols à bon escient, les mesures de protection sociale des pauvres, des opprimés, de la veuve et de l’orphelin…

Chaque livre de l’Ancien testament comprend une trentaine de chapitres en moyenne. J’aime mieux les récits d’aventures que les longues listes dans l’Ancien testament, je le reconnais. Avec plein de petits doodles (des petits dessins symboliques comme des rébuts), je mets la Bible en images et ce moyen mémo technique m’aide beaucoup. Je dessine une paire d’alliance dorées pour symboliser l’alliance entre Dieu et les hommes, je trace des grands aplats bleus pour représenter les miracles de Dieu qui stoppe les cours d’eau (balèze le mec !), je dessine des roseaux et des pyramides, je me crois dans l’Egypte luxuriante…

Là, je vais m’ atteler aux murailles de Jéricho. Je suis ravie, j’ai pile la bonne nuance de feutre aquarellable pour faire plus vrai. Par ailleurs, créer un mini sommaire des trente-sept livres de l’Ancien testament m’a bien aidée.

J’espère que cet article parviendra à vous convaincre que l’Ancien testament peut être un régal de lecture. Certains considèrent la Bible comme une oeuvre littéraire (je suis d’accord avec ça, mais pour moi c’est un livre à part, des paroles de Vie qui ont une force libératrice pleine de promesses personnellement pour moi, deux mille ans plus tard).

J’aime bien étudier les thèmes du livre, les personnages en action, le but de ce livre et le message de Dieu dans un contexte historique et spirituel bien particulier. Nul besoin d’être un spécialiste de l’Antiquité pour lire l’Ancien testament, il suffit juste d’avoir un coeur et un Esprit ouvert à une transformation.

Je suis un peu atterrée par la censure grotesque de l’Education nationale envers Matthieu Faucher, l’instituteur d’un petit village Malicornay. Il a été suspendu de son poste pour avoir fait une séquence d’apprentissage autour des textes de la Bible. Virons la Bible de la Pléiade tant qu’on y est…

D’autres articles sur le Bible journaling et la foi chrétienne :

– Ma meilleure routine pendant le confinement : Le Bible journaling

– Mon coup de coeur cinéma : La voix du pardon

– Un témoignage fort et puissant : L’amour de Dieu plus fort que le napalm

Ba ba bar, mon ami Babar depuis bientôt trente ans

Il y a une biographie qui me fait de l’oeil depuis des mois : La splendeur des Brunhoff, de Vogue à Babar, de la Résistance à Nuremberg, d’Yseult Williams. Elle est sortie cette année en 2020 et le petit éléphanteau sur la couverture m’a rappelée des excellents souvenirs d’enfance.

En moyenne section de maternelle, tous les enfants de ma classe étaient déguisés en Babar pour le carnaval et j’ai longtemps gardé la petite peluche dans ma chambre. Je relisais le soir les vieux albums de mon oncle qui a trente ans d’écart avec moi, notamment Babar chez le Père Noël et la fameuse double page qui montre l’atelier du vieux !

Vingt ans plus tard, je deviens libraire après mes études dans les métiers du livre. Babar est avec Martine et Caroline une référence incontournable de la littérature jeunesse européenne. Il fut même l’objet d’expositions universitaires ou grand public à la BNF ou au musée des Arts décoratifs en 2012.

Le résumé :

Cette biographie raconte le destin d’une famille arty à la fin du 19eme siècle jusqu’aux années 1950. Cette famille aristocrate d’origine germanique a l’édition dans le sang puisque le patriarche Maurice fit une belle percée aux Etats-Unis vers 1900 mais ce seront véritablement ses enfants qui feront un tabac sur la scène européenne. Michel de Brunhoff associé à son beau-frère Lucien Vogel révolutionnera la revue de mode en étant l’ambassadeur de la haute couture française à travers la revue Vogue, propriété du magnat américain Condé Nast. Le petit-frère de cette fratrie est Jean de Brunhoff, le papa de Babar, un génie de la littérature jeunesse qui s’éteindra en 1937 d’une tuberculose osseuse dévastatrice.

La maladie, le deuil, la déportation et les revers de fortune, rien ne sera épargnée à cette famille qui a traversé les deux guerres mondiales avec noblesse et bravoure à l’image de Marie-Claude Vaillant-Couturier, reporter de guerre engagée contre le fascisme dès les années 1930.

Mon avis :

Soyons honnêtes, cette biographie historique parle peu de Babar (trois ou quatre sur la vingtaine de chapitres du livre), elle parle beaucoup de la haute couture française et de son histoire moderne. On peut dire que Babar et son créateur Jean de Brunhoff sont des personnages secondaires de cette saga familiale.

Mais pourtant, ce sont eux que l’Histoire retient parce que Babar est intemporel, il séduit toutes les générations d’une famille. C’est Jean de Brunhoff qui a rendu si populaire son nom de famille à travers son oeuvre enfantine tellement attachante.

Mais ce sont son frère Michel et son beau-frère Lucien Vogel qui l’ont lancé de manière industrielle en coulisses.

Ces deux-là sont deux mondains incontournable du paysage culturel, politique et artistique des années 1920. La splendeur des Brunhoff est un véritable Who’s who à chaque page.

On se moque un peu de savoir le nom du Président de la République de l’époque (Daladier? Reynaud? Doumergue?). Entre 1920 et 1940, ce sont les peintres des avant-gardes, les couturiers, les photographes… qui révolutionnent la société française.

Cette biographie est du même tonneau et très contemporaine de l’histoire d’Hélèna Rubinstein que j’ai chroniqué dans ce blog dernièrement. Ils côtoyaient les mêmes personnalités : Coco Chanel, Jean Cocteau, Picasso… mais les Brunhoff ne se cantonnaient pas aux crèmes de beauté. Ils avaient un impact considérable sur le journalisme, la presse de mode, le mécénat artistique… à travers les revues Vogue et Vu.

Avec eux, on voyage aussi entre Europe et Etats-Unis. Je me suis régalée avec ce livre qui raconte les artistes exilés à New-York comme Man Ray, André Breton, Marcel Duchamps, ça m’a rappelé mes cours d’art moderne à l’Ecole du Louvre. Décidément, le sujet de l’exode durant la seconde guerre mondiale me poursuit (voir mon avis sur l’exposition 1940, Les Parisiens dans la guerre). C’était intéressant de réaliser que même les plus fortunés ont vécu la misère sur ces routes de France dans des conditions abominables.

Les parents de Marie-Claude Vaillant-Couturier : Cosette de Brunhoff et Lucien Vogel
COLLECTION PERSONNELLE THOMAS GINSBURGER

Ce n’est pas un livre joyeux joyeux à lire en ce moment. Mais c’est un livre très utile, un manuel d’Histoire de l’intime. J’ai découvert la vie de Marie-Claude Vaillant Couturier, une résistante héroïque et totalement altruiste.

Un quai de Seine porte son nom dans le 4eme arrondissement. Comme dirait ma grand-mère Annette, elle en avait dans le sac cette Maïco. Je vous détaille ici un passage du livre qui a failli me faire tomber de mon siège dans le métro. Il raconte l’interview manquée de Lucien et sa fille d’ Adolf Hitler en 1933 à Berlin.

« L’équipe de Vu se rend à un meeting d’Hitler au palais des sports de Berlin la veille de l’interviewer. Juste à côté de Lucien, une petite dame aux cheveux gris pique une crise d’hystérie. Elle a l’air ensorcelée. La transe se propage comme un virus considérablement contagieux« .

C’est un livre sur l’engagement autant en amitié qu’en politique, une saga familiale d’une famille bourgeoise avec des idéaux forts comme la loyauté, l’entraide familiale. On se dispute peu dans cette famille mais on sent qu’on s’y aide beaucoup. C’est un livre qui raconte des choses tristes mais avec beaucoup d’espoir et de poésie.

C’est d’ailleurs la conclusion de l’auteure dans l’épilogue du livre. L’auteure raconte l’émotion des deux frères de Brunhoff, Laurent et Matthieu qui redécouvrent le manuscrit original de Babar à la Morgan library de NewYork. Une histoire du soir qui a séduit les enfants du monde entier. Le mot de la fin revient à Babar dans ce livre.

Babar a été traduit dans vingt-six langues, ses vingt-quatre albums ont été vendus à plus de treize millions d’exemplaires. Les petits écoliers de Chessy ont une école qui s’appelle Cornélius en hommage à la famille de Brunhoff qui habitait dans une belle villa. Babar c’est une superbe réussite française un peu à l’image d’Astérix d’un autre grand génie, René Goscinny avec Albert Uderzo.

Ma note : 5 sardines

Ce n’est pas mon meilleur article car j’ai eu beaucoup de mal à synthétiser en quoi ce livre m’a passionnée. Mon ami Anthony de la box littéraire La Kube me l’a recommandé comme l’un de ses coups de cœur.

C’est une biographie « éléphantastique » pour reprendre le bon mot d’un critique d’art, que je vais me dépêcher de transmettre à ma mère. C’est elle qui m’a transmis le goût pour l’Histoire et la culture générale. Comme elle était de corvée de costume Babar pour le carnaval en maternelle, je pense que c’est une belle récompense de lui offrir ce livre.

D’autres articles du blog Le bal littéraire des sardines sur le même sujet :

– Heléna Rubinstein, la femme qui révolutionna l’industrie de la beauté

-René Goscinny, le génie du rire, patrimoine français

Retrouver tout un pan de sa mémoire familiale à travers une exposition sur l’exode

Cinq livres pour enfants à placer dans leur coffre à jouets

Emmener son bébé nageur à la piscine à Paris

L’an dernier à la même époque, nous avons pris la bonne résolution de rentrée (aussi fugace qu’un pet dans l’eau) d’aller chaque samedi matin aux bébés nageurs.

Au bout de deux séances, découragés par l’eau froide, le fait que notre fille a chopé direct un sacré rhume et qu’elle était trop petite pour profiter de l’expérience, nous avons tout simplement abandonné cette apprentissage. Nos week-ends sportifs n’ont pas fait long feu.

Il faut dire que Petite biche avait seulement sept mois et qu’elle ne se tenait pas encore assise toute seule. Elle n’était pas rassurée dans l’eau et on n’a pas pu lui faire découvrir grand chose. D’où l’idée de cet article. Je me sens poussée d’une vocation à prêcher la bonne parole à toutes et tous : n’emmenez pas trop tôt vos enfants aux bébés nageurs. Attendez qu’ils marchent, tiennent assis ou aient découvert la plage et les vagues pendant l’été.

Ce matin, nous sommes allés à la nouvelle piscine Yvonne Godard, dans le 20eme arrondissement de Paris qui est flambant neuve. Une séance de bébés nageurs est organisée le samedi matin mais nous y sommes allés en candidats libres. L’eau est chaude (30 degrés), les vestiaires sont tout neufs, il y a trois tables à langer… que demande le peuple?. C’est toujours bien d’y aller seul en repérage pour le local à poussettes et l’organisation des vestiaires surtout en cette période tumultueuse de distanciation sociale et de gestes barrières enquiquinants mais nécessaires.

On s’est bien éclaté tous les trois, à faire des bonds de kangourou dans l’eau comme à la belle époque de Ludibulle en Seine Maritime avec ma maman et mon frère. La joie de ma fille d’être dans l’eau était vraiment contagieuse, ça rigolait sévère dans le petit bassin. Elle a bientôt dix-neuf mois et elle a bien profité de son samedi matin.

En rentrant de la piscine, Petite biche était aussi peinard tranquille que moi avec la biographie des créateurs de Babar l’éléphant à lire. Elle est même allée se chercher une boite de sérum physiologique pour jouer toute seule à séparer les pipettes et à les mettre et remettre dans la boite.

C’est donc décidé, un de mes prochains articles Parentalité sera consacré aux jeux et activités de la méthode Maria Montessori. Je n’ai aucune part dans cette entreprise florissante et je ne suis pas fan des écoles privées dès le plus jeune âge. Mais force est de constater que ma petite fille voue une passion à dévisser et revisser les bouteilles toute seule, vider et remplir des contenants alors que ses autres jouets semblent l’ennuyer profondément.

Je vous souhaite à tous un excellent week-end avec vos enfants, vos neveux ou filleuls, les enfants que vous gardez ou dont vous êtes des bons repères, pour partager des bons moments de détente et de joie avec eux et de leur transmettre ce qui vous fait rire et sourire à tout moment.

D’autres articles consacrés à la parentalité ou aux piscines dans ce blog :

Notre première expérience des bébés nageurs avec un bébé de sept mois

– Le roman Ma Chérie , autour d’une piscine à Miami

– Décorer une chambre de bébé sur le thème de la forêt

Retrouver son histoire familiale à travers une exposition consacrée à l’exode en 1940

Hier, c’était l’anniversaire du décès de ma grand-mère Annette. C’est mon second prénom et je parle souvent d’elle ici car elle m’a souvent confié sa vie. Elle est née en 1937, à Saint-Pol sur Ternoise dans le Pas de Calais.

Quand elle avait trois ans, elle est partie sur les routes de l’exode avec sa mère, ses grands-parents, son frère, son oncle et sa tante qui était alors enceinte de son premier enfant. Cette fameuse tante c’est ma bien-aimée Ma Tante Julienne (avec des majuscules à chaque mot tant on s’aimait bien elle et moi).

L’église Saint Paul à St Pol sur Ternoise. Droits réservés La voix du Nord

Elle est partie en janvier dernier et j’avais écrit mon meilleur article dans ce blog pour lui dire au revoir. En juin, mon cousin Victor, l’un de ses petits-enfants a envoyé à toute la famille un cadeau inestimable : une heure d’entretien avec Julienne dans le jardin de son moulin à Wavrans sur Ternoise. Un endroit de rêve.

Julienne y raconte son enfance (elle est née en 1919), son mariage qui n’a failli ne pas avoir lieu à cause de l’entrée en guerre de la France de la seconde guerre mondiale et surtout la fuite sur les routes de France.

Ma Tante Julienne à gauche, ma grand-mère à droite et moi

Une grande partie de la famille s’est réfugiée à Avoine en Touraine pendant plus d’un mois et demie, cachés dans des caves où ils n’ont pas mangé grand chose. Ensuite, on leur a dit de rentrer chez eux dans le Nord. Le retour à la maison ne s’est pas fait sans difficultés : mon arrière-grand mère est rentrée avec ses enfants dans un wagon à bestiaux depuis Longueau près d’Amiens.

Tandis que Julienne est rentrée en voiture avec sa fille sur les genoux depuis Melun mais tous les ponts étaient détruits par les Allemands. Et une fois rentrés, le pire les attendait puisque Saint Pol sur Ternoise était un lieu stratégique pour les Allemands avec une gare de triage très souvent bombardée.

On se croirait véritablement dans les romans Suite française d’Irène Nemirowski ou La bicyclette bleue de Régine Desforges…

Une pareille histoire familiale que je viens de découvrir en intégralité cet été grâce à ce précieux film, me fait bien réfléchir sur le luxe de la liberté en 2020, même confinés !

Huit millions de personnes ont fui le nazisme sur les routes de France dans un chaos total et très soudain. Comment les petites villes de province sont-elles parvenues à nourrir cet afflux soudain de populations effrayées et à bout de force ? Je suis aussi sensible au désarroi de ces familles qui ont confié leurs enfants pour les protéger et qui les ont perdus pendant des années.

Cette bande-annonce du musée de la Libération de Paris est géniale, je vous raconte ma visite de l’exposition 1940, les Parisiens dans l’exode.

C’est une petite exposition de quelques pièces mais très forte sur le plan émotionnel. Elle commence avec des affiches de propagande, des brochures pour expliquer comment se comporter en cas d’attaque aérienne, comment porter le masque à gaz (tiens, tiens, nous aussi nous avons des masques…. mais nous sommes bien mieux lotis qu’eux )…

J’ai lu dans le dossier de presse une référence directe à l’Exode d’Egypte dans la Bible. Cela me parait évident quand j’y réfléchis mais les Hébreux étaient bien mieux guidés par Dieu qui savait exactement où il voulait les emmener et comment les secourir.

J’ai beaucoup pensé à l’exode de 1940, quand le 16 mars 2020, Paris s’est vidé de près d’un million d’habitants qui ont fui un confinement dans un logement trop étriqué. Les dangers ne sont pas les mêmes mais les mouvements aussi massifs de populations sont toujours autant significatifs.

J’ai bien aimé la vidéo avec le discours de Churchill, Winston ce héros, les photographies pour mettre à l’abri les œuvres du Louvre…

Puis la catastrophe arrive. On organise la sortie de la population via les portes de Paris mais les avenues sont trop petites pour contenir la foule. J’ai été frappée par les photographies où les gens marquaient leur nom et leur date de leur passage à la craie sur les murs d’une ville de province pour donner des nouvelles à leurs proches. On était loin de la géolocalisation…

On se prend en pleine figure des photographies choc comme l’arrivée d’Hitler et son état-major au Trocadéro le 23 juin 1940. Un gros affreux n’arrivant jamais seul, on trouve ensuite le portait du maréchal Pétain, héros de Verdun devenu un vieux revanchard qui ne fait pas l’unanimité.

Il a mis le genou à terre devant l’ennemi, divisant irrémédiablement le pays pour une vingtaine d’années. J’ai noté une de ses critiques de la société française qui m’a bien interrogée. Pétain dénonce l’esprit de jouissance de la société française. Étonnant pour un homme qui avait des propos moralisateurs mais une vie privée assez olé olé !

Portrait de Charles de Gaulle

Mais dans cette galerie de portraits des principaux protagonistes de la seconde guerre mondiale, il y a aussi une belle photographie en noir et blanc de Charles de Gaulle. C’est le héros de mon grand-père, un gars du Nord comme lui. Il faudra que je lise un jour une de ses biographies tant mes grands-parents m’ont bassinée avec lui et je ne le connais pas tant que ça !

La fin de l’exposition m’a achevée avec un extrait du film Jeux Interdits de René Clément. On y voit une petite fille qui court sur un pont en plein bombardement pour récupérer son petit chien. Ses parents lui courent après et ils se font toucher par les balles des avions. C’est Guernica sur les routes, j’étais vraiment écœurée.

Mon frère Ugo en a dans le sac d’être allé visiter Ouradour sur Glane et un camp de concentration en Allemagne quand il a gagné plusieurs fois le concours national de la résistance et de la déportation quand il était au collège.

Je vous recommande donc cette excellente exposition qui montre de manière très efficace en quoi la guerre est abjecte. Ce musée se trouve place Denfert-Rochereau et il mérite le détour. Le prix d’entrée de l’exposition était de 6€, un tarif très raisonnable.

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Quand la fragilité devient une force

Dans ce blog, je vous parle souvent d’un coffee-shop qui me plaît beaucoup à Paris : le café Joyeux. Ce café emploie exclusivement des serveurs et des cuisiniers porteurs de trisomie 21 ou de handicaps mentaux.

Ils sont encadrés par des managers au grand cœur, j’aurai bien aimé en avoir des aussi gentils quand je travaillais dans une enseigne de restauration rapide atroce humainement. Elle a disparu de la situation et je ne vais pas m’en plaindre.

Cette entreprise inclusive a la faveur d’un grand nombre de médias nationaux comme Paris-Match, un reportage de 13h15 le samedi sur France 2… J’ai vraiment été touchée par le témoignage de Charlotte, une équipière embauchée au café Joyeux des Champs-Elysées.

Lors de son entretien d’embauche filmé par une équipe de télévision, elle racontait au fondateur Yann et à son équipe ses déboires professionnels passés avec un cri du coeur, « je veux faire un travail qui compte dans ce monde« .

Je vous encourage à fréquenter ce café où l’on se sent bien car on est accueilli comme des rois, sans pression ni mauvaise humeur. Il y a une bien meilleure ambiance qu’à Starbucks Opéra ou dans les autres Cojean et snacks rapido où l’on se fait bien pigeonner le porte-monnaie. Chez Joyeux, tout est bon, bien décoré et on passe un chouette moment.

Pour ceux qui ne seraient pas très à l’aise avec le handicap, détendez-vous ! On ne vient pas au café Joyeux par charité même si on contribue à l’emploi de personnes bien marginalisées sur le marché du travail et ça c’est trop chouette. Quand on voit la beauté de leur café sur la plus belle avenue du monde, on se dit que c’est des petits veinards de travailler dans un si bel endroit avant tout.

J’en viens au plus important : au café Joyeux, on fait des rencontres marquantes. C’est le lieu où les familles aidantes et les associations se retrouvent. Avant d’attendre un enfant, j’ai observé un jour au café Joyeux Opéra la joie d’un jeune garçon de 14 ans , porteur de trisomie 21. Il dansait de tout son cœur sur Beyoncé et il faisait vraiment plaisir à voir pour sa joie de vivre.

Ce petit moment volé m’a bien accompagnée quand j’ai claqué la porte d’un gynécologue âgé mais sacrément maladroit qui me pressait de faire toute une batterie d’examens pour « dépister les enfants mongoliens » (sic)

Alors, j’ai eu envie de lire le superbe récit de vie de la maman de Marcel écrit par Carole Deschamps : L’extraordinaire Marcel, édité par Flammarion.

Carole et son mari Sylvain se sont aperçus à la naissance du handicap de leur petit garçon. Ils n’ont pas baissé les bras grâce à l’amour et le soutien de leur famille et de leurs amis très attentionnés et précautionneux.

J’ai beaucoup aimé le ton de ce livre et la sincérité avec laquelle cette mère raconte comment cette embûche a transformé sa vie en bien ! Elle raconte la batterie de rendez-vous médicaux hebdomadaires pour Marcel mais aussi en quoi ses deux fils émerveillent sa vie.

C’est un livre très complet et bien écrit. Il s’adresse aux parents sur qui l’armoire vient de tomber dessus et je pense qu’il leur apportera un puissant réconfort et de précieux conseils pratiques pour le suivi médical et administratif de leur enfant… extraordinaire.

Le lectorat de ce livre c’est les nouveaux parents comme moi ou les professionnels de santé dans le domaine de la petite enfance. Il faut avoir passé l’épreuve du feu de l’accouchement qu’on soit le père ou la mère pour comprendre les montagnes émotionnelles que ces parents ont pu ressentir.

Ce livre m’a fait réfléchir sur la médiatisation des enfants trisomiques car j’avais des idées reçues. Je trouve que Carole Deschamps est une femme talentueuse qui a bien compris comment marchent les réseaux sociaux. Elle a trouvé le bon équilibre pour exposer Marcel tout en le protégeant.

Et surtout, j’ai compris que les réseaux sociaux servent de véritable bouée de sauvetage pour que ces parents d’enfants trisomiques se soutiennent et s’entraident dans ce casse-tête administratif que représente la scolarisation de leurs enfants. Elle rappelle pour clôturer le livre que l’éducation est un droit obligatoire à partir de 3 ans.

« Marcel, je l’aime, il est beau, j’ai envie de le montrer à tout le monde !  »

Carole Deschamps

C’est à travers les réseaux sociaux que j’ai découvert cet été le cri du cœur déchirant d’une famille aidante. On a refusé l’accès à leur petite fille dans un club de loisirs sur leur lieu de vacances parce que c’était trop compliqué pour les moniteurs de s’occuper d’une grande fille en couches.

La maman avait envoyé des emails bien avant leur arrivée pour expliquer l’importance de sa demande. On ne peut pas en vouloir à ces animateurs de loisirs d’avoir respecté les eux fermés les règlements en cette période sanitaire bien compliquée. Mais les règlements ne prennent pas en compte la fatigue physique, la charge mentale de ces familles aidantes à longueur d’année.

On a refusé à ces parents le droit de souffler et de sortir du rejet le temps des vacances. Notre société est bien handicapée de ses lourdeurs administratives.

C’est grâce à des émissions comme La maison des maternelles ou Ça commence aujourd’hui qu’il y a une meilleure prise de conscience collective du quotidien de ces familles. Je trouve ça génial que le petit Marcel ait posé pour une campagne publicitaire Petit Bateau, bravo à ces marques pour enfants qui ont fait preuve d’intelligence !

Je trouve que les campagnes publicitaires, les émissions de télévision ou encore les embauches dans les cafés Joyeux contribuent aussi à rassurer l’opinion publique en montrant que les personnes handicapées ne sont pas des extraterrestres non plus.

Bonne nouvelle, l’ostracisme envers les personnes trisomiques ou autistes a fait son temps ! Bon vent !

Je vous recommande une excellente BD écrit par un papa qui a découvert le handicap de sa petite fille à la naissance : J’ai écrit un article Mongolien toi même !

Thérapie de groupe : Sauveur et fils tome 6

La série Sauveur et fils en cinq saisons a été ma compagne de confinement. Ce nouveau livre, je l’attendais depuis avril, annoncé sur Instagram pour la rentrée. L’auteure a été bien charitable avec ses lecteurs, je sais déjà qu’il y aura une saison sept riche en rebondissements.

Autant vous dire que j’ai bondi de mon siège d’autocar dans la navette Beauvais- Porte Maillot vers minuit quand j’ai compris que mon livre tant attendu sortait le 19 août et que je pouvais lire un extrait du premier chapitre sur le site du libraire Decitre.

En lisant le début de Sauveur et fils tome 6, je me suis dit « ça démarre sacrément fort » et j’ai scruté toutes les librairies parisiennes où me le procurer. Je l’ai réservé au Comptoir des mots, place Gambetta dans le 20eme arrondissement et je l’ai dévoré en quatre jours. La finale de la ligue des champions n’a pas fait le poids face à la fin de mon livre.

Le premier chapitre commence avec une imposture impardonnable mais sacrément drôle à lire. Jovo, est un vieux légionnaire barbouzeur recueilli par le psychologue antillais Sauveur Saint-Yves dans sa jolie famille recomposée d’une maison cossue d’Orléans. Il s’introduit tôt le matin dans le cabinet du thérapeute pour se mettre littéralement à sa place. Et c’est sacrément dangereux et irresponsable.

Dans un cabinet de psychothérapie, on recueille les secrets de famille difficiles à porter, on soutient des personnes qui arrivent avec leur fardeau et leur grande vulnérabilité émotionnelle. Sauveur Saint-Yves est aussi un homme qui doute et qui fait des erreurs dans sa stratégie d’accompagnement de ses patients. C’est d’ailleurs tout le sel de cette série, découvrir comment un psy peut se tromper et retomber sur ses pattes… ou non.

Il reçoit et écoute avec professionnalisme plus de soixante personnes par semaine, empiétant même sur son samedi matin pour les urgences. Psychologue, je le vois comme un sacerdoce !

J’aime lire Sauveur et fils pour ces moments de grâce, ceux où quelqu’un prend conscience de sa valeur ou encore qu’il est plus fort que le piège dans lequel il était tombé. Au bout de six années de thérapie ponctuées par six romans, on s’attache aux jeunes patients de Sauveur. Au milieu de ma lecture alors que je dévore ces romans avec délice et espoir, j’ai failli tout abandonner parce que dans les chapitres qui se succédaient, soit les personnages déconnaient ou alors il leur arrivait des choses vraiment sinistres en cascade. Et moi la sinistrose, ça m’ écœure !

Sauveur et fils est une série young adult publiée par un éditeur jeunesse reconnu. Il ne faut pas mettre ce tome dans les mains d’un adolescent de moins de seize ans. Avec beaucoup de réalisme, Marie-Aude Murail parle de violences conjugales où la pire jalousie conduit tout droit à la tentative de meurtre, de la transophobie, du consentement sexuel, la peur de l’échec et la pression parentale, et aussi de la grossophobie à l’école primaire.

On se croirait dans la page société de mon journal favori Le Monde. C’est à la fois talentueux et vraiment déprimant. Plus préoccupant, je regrette que l’auteure raconte l’histoire d’une jeune fille Sarah qui a des hallucinations visuelles et auditives de démons et d’autres créatures peu amicales ou encore quand Sauveur ressent la présence de l’esprit d’un patient dans son cabinet. On frise avec l’occultisme et c’est un terrain miné à éviter à tout prix.

Mais, heureusement j’ai persévéré dans ma lecture et les moments de grâce sont arrivés en cascade, eux aussi. Je ne vous les spoile pas parce que je suis une libraire sympa mais j’ai eu la larme à l’oeil pour ces personnages de papier !

Et en plus, on reste sur sa faim pour le tome 7 : Jovo va-t- il enfin se faire coincer par Sauveur ou la police… ?

Retrouver d’autres articles qui mêlent littérature et psychologie :

Thérapie de groupe : la série Sauveur et fils

La conférence dédiée à Marie-Aude Murail à Livre Paris 2018

Aimer sans dévorer pour vivre libres !

Traverser l’Europe en une journée avec une mini voyageuse de 18 mois pour aller en Bulgarie.

Cela fait toujours son petit effet quand on le dit ! Bon on blague un peu comme le vol en avion ne dure que 2h40 mais douze heures de voyage porte à porte ça vous met sur les genoux.

On n’a pas du tout regretté d’avoir laissé la poussette canne à la maison, notre porte-bébé BabyBjörn nous a sauvé la mise une fois de plus à l’aéroport de Beauvais. J’ai ressenti une petite pointe de fierté maternelle en me disant que je m’étais vraiment bien débrouillée avec l’organisation des valises.

Pourtant, ces vacances ont commencé sur les chapeaux de roue. Vomito sur la route après une cinquantaine de kilomètres à peine, arrêt sur la bande d’arrêt d’urgence pour changer la petite biche des pieds à la tête.

Mais rien n’allait nous décourager : #vacances bien méritées.

On s’est réveillé tôt le matin au 10eme étage du Vitosha park hôtel de Sofia avec une vue superbe sur les montagnes depuis une terrasse à couper le souffle. Prix de la nuit : 44 € avec petit déjeuner inclus. Même s’il y a eu des couacs : pas le lit parapluie prévu, pas d’eau chaude dans les chambres et donc pas possible d’utiliser la piscine intérieure, j’ai bien aimé cet hôtel et son petit-déjeuner européen.

Ensuite, nous avons pris la voiture avec mon beau-père pour rejoindre la grand-mère de mon mari Dafina que nous voyons une fois par an, dans sa ville de Cherven Bryag. J’aime beaucoup son appartement vintage des années 1970 avec ses boiseries, ses tapis et surtout ses deux balcons traversants depuis le 7eme étage.

C’est une vraie carte postale de la vraie Bulgarie avec ses immeubles communistes en mauvais état mais qui m’impressionnent beaucoup. Au bord de la mer Noire, c’est beaucoup plus élaboré en termes d’infrastructures pour répondre aux attentes des touristes. Et moi depuis huit ans de voyages en famille là-bas, je ne suis plus tout à fait une touriste.

Cet article n’est donc pas un carnet de voyages comme les autres. J’avais envie de vous parler de la vie quotidienne des gens en Bulgarie. Visiter l’Europe de l’est ou l’Europe centrale (je n’ai vu que Budapest pour l’instant) est assez instructif pour comprendre l’Europe dans sa diversité. C’est ma passion depuis que j’ai étudié l’anthropologie sociale et culturelle de l’Europe à l’Ecole du Louvre avec le Mucem.

Je vais commencer par ce qui vous intéresse le plus : la cuisine bulgare. J’affectionne trois plats principaux en Bulgarie. Ils constituent mon alimentation de base en été car ils sont bien rafraîchissants et revigorants après la plage : le tarator, la shopska salad et les banitsa.

En Bulgarie, vous allez manger beaucoup de concombre et de sirene (feta bulgare excellente) en été. J’adore aller dans les petites épiceries de village pour regarder les rayons. Je vous recommande de manger une bonne banitsa en revenant de la plage vers midi, ça requinque ( l’équivalent du croissant au petit déjeuner mais il faut aimer entre nous).

Ensuite, j’aime beaucoup observer l’architecture soviétique de la grande époque des années 1970 et 1980 à Sofia et dans la partie ouest du pays. C’est pas forcément très beau dans le paysage mais c’est une expérience à faire pour comprendre comment vivent les gens dans une Europe bien différente de la mienne.

Dans la partie est, celle où je vais tous les étés en vacances, c’est totalement biaisé pour le tourisme. Les stations balnéaires telles que Sozopol, Nesebar, Pomorie et surtout Sunny Beach logent une grande partie de l’Europe de l’est en été. Il faut donc appâter les touristes avec les dernières infrastructures modernes.

Je vous recommande Sozopol, ma station balnéaire favorite pour ses vestiges anciens et ses loisirs très bon marché qui vous feront passer des vacances inoubliables avec vos enfants. La visite de la vieille ville en début de soirée est d’une beauté et d’un dépaysement génial.

Ses maisons en bois ne sont pas classées au patrimoine mondial de l’Unesco mais c’est tout comme. Je vous recommande l’ hôtel Villi Sozopol à la pointe de la vieille ville avec sa vue impressionnante et sa bonne cuisine.

C’est le lieu idéal pour se baigner avec des enfants : le tour de banane gonflable tirée par un jet-ski coûte 5 € l’aller retour de 30 minutes (impensable en France) et vous pouvez fréquenter la piscine d’un hôtel pour 4 € la journée si la mer est trop agitée (ce que nous avons fait avec délice !).

A travers la lecture de cet article, vous aurez sans doute compris que la différence de standards économiques entre la France et la Bulgarie saute aux yeux. J’ajouterai que les professionnels du tourisme en Bulgarie sont vraiment aux petits soins pour les touristes étrangers. Il faut juste ne pas se laisser berner par les chauffeurs de taxi à l’aéroport de Sofia et à Sozopol (mais c’est universel je crois). La plupart des Bulgares sont assez francophiles !

Alors davaï en Bulgarie, vous y serez très bien accueillis.

J’ai même poussé l’expérience sociologique d’aller chez le coiffeur dans le village de mes beaux-parents, avec mon interprète de mari obligatoirement. Pour l’équivalent de 4€ la coupe, nous avons économisé vingt euros chacun pour une coupe sans shampoing ni brushing mais tout à fait dans le coup.

Retrouvez mes précédents articles qui parlent de mon pays par alliance :

En août, Le bal littéraire des sardines se met à l’heure bulgare !

Carnet de voyages en Bulgarie