Les promesses du printemps : comment entretenir l’amour conjugal comme un beau jardin propret de Tranquility, Missouri

Pardonnez- moi ce titre moqueur mais pourtant j’ai bien aimé ce roman.

C’est niais à souhait : tout y est. Le club de dames qui se mobilise pour la fermeture du vidéoclub X (un peu daté? le vidéoclub dans une ville), les amies bien lourdes qui se ruent chez l’épouse éplorée Brenda (ça ne s’invente pas) et pourtant je me suis laissée embarquée dans ce roman. Je vous raconte pourquoi dans cet article.

Les promesses du printemps. Quand l’amour se renouvelle

Gary Chapman et Catherine Palmer

455 pages

Artège

21€90

Sachez que je suis une lectrice de romans vraiment difficile et que je n’hésite pas à envoyer paître un livre si les thématiques ne me parlent pas, que c’est mal écrit ou que les prénoms des personnages ne me parlent pas (je sais, c’est vraiment abusé).

Le pire, c’est que ce genre de mésaventures m’arrive désormais un livre sur deux et je me retrouve fort désœuvrée dans le RER A chaque matin. J’ajouterai que je commence à ne plus vouloir lire que des gros pavés d’un minimum de 400 pages. C’était le cas de ce livre et j’ai passé un bon moment avec lui dans les transports cette semaine.

C’est l’histoire d’une petite ville américaine où tout le monde se connait et se réunit au salon de coiffure autour d’un thé chez Patsy, une célibataire endurcie qui cherche à évangéliser tous ceux qu’elle rencontre. Parmi ses clientes, elle remarque Brenda, l’épouse de Steve. Elle les connaît bien tous les deux et on sent bien qu’il y a de l’électricité dans l’air en permanence dans le ménage.

Leurs aspirations ont pris des chemins radicalement différents et ils ne savent plus comment communiquer, ni se toucher en tout bien tout honneur aussi. Leur situation conjugale est catastrophique, l’ambiance est polaire entre eux.

Un jeune vagabond très simplet va venir bousculer leur quotidien et leur réapprendre à prendre soin les uns des autres bien malgré lui. Les échanges entre les femmes de la ville, bonnes chrétiennes, qui s’insurgent du fait que ce jeune homme rôde à côté de leurs maisons m’a mise hors de moi.

Leurs conjoints craignent que sa présence ne fasse chuter le prix de l’immobilier dans cette ravissante bourgade accolée à un superbe lac Ozark.

Droits réservés Cybevasion

Ne retenez pas la bigoterie de ce groupe de femmes, le seul personnage dont la foi est intéressante est Brenda car elle vit une crise de foi à cause de son mariage et du départ de ses enfants. Pourtant, dans sa détresse, elle est la seule à tendre la main à ce jeune gars, abandonné par son père à l’âge adulte pour une raison dramatique.

J’ai bien aimé ce roman qui oscille entre grande profondeur psychologique et superficialité bien lourde car il a été écrit par un conseiller conjugal associé à une romancière à succès en Amérique.

Il utilise les codes du feel good : la couverture du livre est fort efficace. Je suis tombée dans le panneau alors que je suis très critique face à ce genre de visuels rose bonbons. Et pour une fois, bonne surprise.

Il faut dire que je connais bien les livres sur le couple de Gary Chapman pour les vendre dans la librairie où je travaille. J’y ai reconnu certains de ses concepts comme les cinq langages de l’amour ou ses conseils pour entretenir son couple quand ses enfants adultes quittent la maison.

Ce roman est efficace car par le biais de la fiction, ses lecteurs peuvent être amenés à réfléchir plus librement aux réalités qu’ils rencontrent eux aussi dans le quotidien. C’est moins intimidant qu’un bon vieux livre de développement personnel qui expose vos difficultés en grosses lettres.

Cela me donne envie de lire son premier roman Une simple étincelle, toujours aux éditions Artège, écrit avec Chris Palmer. La couverture m’avait pas du tout convaincue, on se croirait dans un remake de La cabane, un livre chrétien best-seller adapté au cinéma avec Octavia Spencer.

Mettre la bobine de l’auteur en bandeau n’était pas une idée judicieuse. Je n’ai pas d’avis sur le physique de Mr Chapman mais cela brouille les genres : on s’attend plus à un livre de psychologie au rayon sciences humaines qu’à un roman.

Dans un prochain article, j’ai bien envie de vous parler couvertures de livres et Instagram, du haut de mon expérience de libraire depuis dix ans et de mes drôles d’ expériences de lectrice.

Cette bonne leçon de lecture me rappelle une autre vécue en janvier que j’avais déjà raconté dans un article : Ne pas se fier aux idées reçues.. C’est dur à admettre mais je dois reconnaître que je suis sacrément conditionnée au marketing d’un livre qui ressemble à d’autres lectures que j’ai déjà lues parce que ce sont toujours les mêmes ficelles qui marchent…

L’originalité de ce livre est d’avoir su retranscrire en fiction la violence des sentiments contradictoires qu’éprouvent Steve et Brenda, l’un envers l’autre. On sent leur désarroi et on compatit avec eux.

Leur cercle d’amis cherche à les aider avec toute la maladresse et la lourdeur dont ils sont capables. Cela me rappelle le personnage de Hope dans les séries Virgin River ou A l’ombre des magnolias sur Netflix.

L’expression « bon chrétien » m’exaspère profondément. C’est le principal reproche que j’ai à faire à ce livre. Gary Chapman, auteur chrétien arrive même à capter l’attention de magazines féminins bien libres comme Cosmopolitan, autant prôner la foi plutôt que la religion qui n’élève pas tant que ça .

On ne gagne pas son salut à ses bonnes œuvres mais à la qualité de son cœur, s’il est bien disposé pour Dieu le Père et ses prochains. Le couple de Brenda et Steve arrive à la fin du livre à cette attitude de cœur après bien des efforts. Mais cela vaut le coup !

Vous croyez que je vous spoile la fin du livre mais vous ne savez pas par quels moyens ils y parviennent !

D’autres séries et livres américains à découvrir sur le blog Le bal littéraire des sardines (*oui parfois, ils me gonflent avec leur culte de la performance, leur perfectionnisme jusque dans le nom de leurs petites villes proprettes où il y a quand même de l’insécurité mais leur littérature me passionne).

-Nos âmes la nuit, un bon coup de pied aux fesses au jeunisme

Mes dix meilleures découvertes Netflix

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